30 mai 2008

Un avocat tunisien jugé pour ses opinions

Un avocat tunisien a été suspendu du cabinet d'avocats ou il exercait quand d'autres avocats tunisiens ont découvert "ses opinions politiques", comme il le dit lui-même, à travers plusieurs articles écrits sur des sites...juifs et pro-israéliens. Car il a beaucoup écrit sur le conflit israélo-palestinien, et ses idées sont plutôt « originales » pour un avocat tunisien : « Nous voulons une Méditerranée libre et fraternelle avec Israël », ou « Ce n’est pas à Gaza que règne l’obscurité, mais dans nos médias sélectifs », ou encore « Nos pensées et nos prières aux soldats captifs », sont quelques articles qu’il a écrit…

Qu’il soit pro-israélien, libre à lui. Mais qu’il prétende « qu’il faut rendre justice à Tsahal » pour la décupabiliser du meurtre de Mohammed Dorra qui a été, selon lui, tué par « des terroristes palestiniens », ce n’est pas acceptable . Car il se permet une réinterprétation mensongère de l’histoire, juste pour pouvoir poster ses idées dans un forum de discussion pour sionistes aigris, et tout cela dans la rubrique « Barbaries Islam(istes) » du forum …

Je laisse le lecteur juger de lui même à travers les différents liens.

28 mai 2008

Mobilisation de la Blogosphère tunisienne: un succès selon Le Figaro

Dans un article intitulé "Les blogs de la colère secouent le monde arabe", le magazine français Le Figaro cite la blogosphère tunisienne:

«Ils comblent le vide laissé par la presse locale, muselée par les pouvoirs en place», constate Gert Van Langendonck, rédacteur en chef de Menessat, un site Internet dédié aux médias arabes. Corruption, torture, harcèlement… Rien n'échappe aux blogueurs. «En leur absence, personne ne serait capable de savoir ce qui se passe dans ces sociétés», remarque Alexandra Sandels, une journaliste suédoise qui travaille sur la cybercensure au Moyen-Orient.

Ni contraintes de taille ni délais d'impression pour ces petits génies de l'informatique. Grâce aux outils Internet sites Web de réseaux sociaux ou encore les twitters, ces textos envoyés directement d'un téléphone portable sur un blog , les blogueurs informent en temps réel, en évitant la censure. Succès garanti, à en croire la récente mobilisation de la blogosphère tunisienne, où l'on a pu voir de jeunes auteurs raconter, en direct, les manifestations organisées par des milliers d'ouvriers des mines de phosphates de Gafsa, Redyef et Oum-el-Arayess pour protester contre l'inflation. Les journaux officiels se sont gardés d'en faire part à leurs lecteurs.

Pour lire l'article en entier, ici.

27 mai 2008

Les "bombes" du Hezbollah

En pensant aux supporters du Hezbollah, et en se référant aux clichés véhiculés par les médias "mainstream", on s'attend plutôt à voir ça:

ou ça:

ou bien ça:



Mais il ne faut pas se fier aux apparences, car le Hezbollah, c'est apparemment aussi ça:


ou ça:


ou bien ça:





Joli attirail des "bombes" du Hezbollah...

Sources: ici, ici, ici, ici, ici.

Le chômage des jeunes diplômés en Tunisie


Le phénomène du chômage des diplômés en Tunisie semble de plus en plus difficile à contenir, au point de constituer actuellement le point noir de l’économie. Ni les 5-6% de croissance du PIB par an, ni les différentes mesures prises (incitations fiscales pour attirer les entreprises étrangères en Tunisie, incitations à l’embauche auprès des entreprises tunisiennes, subvention étatique de l’emploi, annonce d’embauches dans le secteur public, incitation des étudiants à prolonger leurs études, etc...) ne semblent encore avoir des effets positifs.

Ces mesures ne sont pas efficaces car elles sont insuffisantes et ne servent actuellement qu’à colmater les brèches. Les dernières études de la banque mondiale révèlent le véritable problème : le gouffre existant entre offre et demande sur le marché de l’emploi en Tunisie. Cet écart entre offre et demande est quantitatif et qualitatif à la fois.

Il y a trop de nouveaux diplômés chaque année, et l’activité économique n’arrive pas à les absorber en totalité. Chaque année, 85 000 personnes arrivent sur le marché du travail pour seulement 60 000 à 65 000 postes supplémentaires. Les politiques d’éducation et de formation massives déployés depuis l’ère de Bourguiba montrent aujourd’hui leurs limites : on est dans un cas de surproduction de travailleurs, malgré un strict contrôle du taux de croissance démographique, et un développement économique soutenu. L’étude révèle qu’il faudrait un taux de croissance de 10% pour absorber tous ces nouveaux emplois…

"Nous avons gagné le pari de la quantité : 75 % des jeunes Tunisiens obtiennent aujourd'hui le bac. Il nous faut maintenant gagner celui de la qualité", admet un ministre tunisien.

L’autre écart est qualitatif. Les formations académiques sont en déconnection totale des besoins du marché de l’emploi. Le niveau du jeune diplômé est aussi en forte baisse, ce qui n’incite pas les entreprises à recruter. D’autres entreprises plus aptes au recrutement éprouvent beaucoup de difficultés à trouver les compétences qu’elles recherchent. La PME tunisienne, toujours enfermée dans un mode de gestion familiale obsolète, continue à réduire ses coûts par la compression des charges salariales.

Parmi les 4763 jeunes diplômés (Chiffres 2005) 46% des jeunes actifs n’avaient pas un emploi 18 mois après l’obtention du diplôme. Les maîtrisards et les techniciens supérieurs représentent 90% des diplômés. Près de 50% d’entre eux sont au chômage. La proportion des chômeurs chez les ingénieurs est de 10%, soit la proportion la plus faible de tous les diplômes/spécialités. Le taux de chômage des techniciens des Instituts supérieurs d'études technologiques (ISET) est de 45%, contre 53% pour les techniciens non-ISET. Les jeunes filles représentent 57% de l’ensemble de diplômés, contre 43 % pour les garçons. 51% des hommes sont employés contre 38% des femmes.

L’autre constat d’échec concerne les cycles dits courts (BAC+3, BAC+4) que l’éducation tunisienne a favorisé depuis plusieurs années afin d’augmenter le taux d’emploi des jeunes diplômés. Il s’avère aujourd’hui que c’est la couche la plus touchée par le chômage.

Dans les filières du tertiaire (gestion, finances, droit) tous niveaux de diplôme confondus, le taux de chômage est plus élevé, atteignant de 68% pour les maîtrisards des spécialités juridiques. Pour les filières techniques, le groupe de spécialités liées à l'agriculture et à l’agroalimentaire se distingue avec des taux de chômage nettement plus élevés (plus de 70% pour les techniciens supérieurs et plus de 31% pour les ingénieurs). (…) Plus de 38% des jeunes n’ont connu principalement que le chômage au cours de leur période d’entrée dans la vie active et deux tiers d’entre eux n’ont connu que le chômage durant les 18 premiers mois. En effet, les deux tiers des jeunes diplômés n’ont jamais accédé à un emploi ou à un stage durant les vingt premiers mois de leur vie active. La majorité des jeunes diplômés était au chômage à la sortie du système éducatif et n’en est pas sortie pendant plus de 15 mois. Les techniciens sont largement surreprésentés dans cette trajectoire.

Si beaucoup de jeunes diplômés sont au chômage, ceux qui ont trouvé du travail ne sont pas mieux lotis. L’étude révèle que plus de 23% des jeunes salariés travaillent sans contrat, que plus de la moitié des emplois sont conclus sous contrat à durée déterminée et que l’accès rapide et durable à un emploi ne concerne que le cinquième des diplômés, notamment les enseignants et les ingénieurs... Le chômage des jeunes aurait-il tendance à précariser l’emploi des autres jeunes ? C’est fort probable, car plus l’emploi est rare, plus les jeunes sont prêts à revoir prétentions à la baisse. L’étude révèle aussi un phénomène de déclassement de l’emploi qui est difficile à mesurer, et qui consiste à ce que des jeunes qualifiés occupent de plus en plus des emplois qui demandent peu de qualification. Ainsi, il n’est pas rare de voir en Tunisie des vendeurs de fruits et légumes qui soient diplômés en droit…Le secteur des centres d’appel est devenu aujourd’hui un symbole de la précarisation de l’emploi, et les bureaux d’emploi, sensés aider à l’insertion de ces jeunes, accentuent souvent leur désarroi

Un autre problème risque bientôt de se poser : le chômage des surdiplômés. Car une des stratégies employées par les étudiants en fin de parcours pour éviter le chômage est de prolonger les études, quitte à faire des choix incohérents avec leurs parcours universitaire et par conséquent, réduire leur chance d’être employés plutard. Il concerne aujourd’hui 15% des jeunes diplômés.

Les solutions sont connues, encore faut-il les appliquer : comme subventionner la création d’entreprises plutôt que l’emploi, assainir l’environnement des affaires (corruption, privilèges et clientélisme) afin de booster l’investissement privé, et adapter les formations aux besoins du marché. Pour assurer la création de ces entreprises, il faut assurer leur financement. Or, ni le système bancaire tunisien, ni son marché financier ne peuvent le faire aujourd’hui.

Le désengagement total de l’Etat de la sphère économique est aussi nécessaire, comme l’affirme un économiste tunisien : les interventions discrétionnaires du gouvernement et la participation restreinte de la population à la vie publique contribuent à assombrir le climat des affaires et à renforcer le pouvoir des «initiés», surtout en l'absence de tout contre-pouvoir fort. Cela contribue également à réduire la transparence du marché et à décourager toute prise de risque chez les entrepreneurs moins bien introduits. Mais les derniers évènements qui ont eu lieu à la banque de Tunisie ne semblent pas aller dans ce sens…

Alors, à quand de vraies réformes ?

25 mai 2008

Zembra en danger

C’est son premier projet d’investissement hors d’Asie, et il a fallu que ca tombe sur la Tunisie, précisément sur un bijou rare du patrimoine national, l’Île de Zembra. « Il », c’est l’homme d’affaire chinois Ruo Hong Li, qui est prêt à investir 600 millions de dollars pour transformer ce véritable paradis écologique en complexe touristique haut de gamme pour riches touristes chinois et américains en soif d’exotisme.

Hong Li, ce « self-made man » qui a grandi enfermé dans un camp chinois pour opposants et pour qui « le profit demeure secondaire » (selon ses propres paroles) a donné récemment une interview au magazine New African où il a parlé de son projet en Tunisie. Ancien fonctionnaire de l’appareil étatique chinois, il s’est vite reconverti dans les affaires. Il a touché à tout, de l’automobile au tourisme en passant par les taxis, avant de se spécialiser dans l’immobilier à Beijing. Sa porte d’entrée en Tunisie a été l’ambassadeur tunisien en Chine, Mr Basli.

Pour justifier son choix du site Tunisie, Hong Li va jusqu’ à citer Ibn Khaldoun : « Selon Ibn Khaldoun, quand l’économique arrive à un certain niveau d’influence sur le politique, cela cause des problèmes sociaux. Les pratiques économiques et les perspectives politiques de la Tunisie sont parmi les meilleures en Afrique ». Il ambitionne de transformer l’île en un haut lieu du tourisme de haut de gamme : « Nous pouvons en quatre ans transformer cette superficie de 400 hectares peuplée d’oiseaux et de poissons précieux, en une île de loisirs écologiques (C’est quoi des « loisirs écologiques » ? Depuis quand l’écologie est-elle un « loisir » ?) et en paradis touristique de la Méditerranée. (…) J’aimerai attirer les clients asiatiques et américains pour lesquels nous devons élaborer un produit haut de gamme, en se spécialisant dans les voyages à thèmes : voyage pour le golf, voyages d’affaires, voyages artistiques »


Ce que nous offre Hang li, ce n’est pas de l’éco-tourisme, c’est de l’éco-terrorisme. Car Zembra n’est pas n’importe quelle île :


Ces deux îles (Zembra et Zembreta) qui font partie des plus beaux endroits de Tunisie sont riches d'histoire. Leur situation stratégique dans le détroit de Sicile a fait qu'elles étaient sur le chemin des conquérants. Occupées depuis par les Phéniciens elles furent ensuite colonisées par les romains sous le nom de " Archipel des Aegimures ". Quelques traces subsistent encore, celles d'installations portuaires dans l'unique petite crique au sud de l'île. Malgré toute leur douceur méditerranéenne elles furent dans un premier temps totalement abandonnées. Au début des années soixante Zembra abrita un Centre nautique international avec une école de voile et de plongée sous-marine avant de devenir à partir de 1973 un parc marin dans une zone de un mile et demi soit prés de 3670 ha. Depuis avril 1977 Zembra et Zembretta ont été décrétées parc national grâce au travail d'un groupe de protecteurs de la nature, et insérées dans le programme international de l'UNESCO (MAB) sur la liste des réserves de la biosphère. Cette protection intégrale a permis un développement de la faune et de la flore marine. Les plongeurs y trouvent les plus beaux fonds de la Méditerranée, un véritable sanctuaire aux crevettes, langoustes et homards. C'est ce qui en a fait peut être aussi le refuge de toute une faune, du fameux phoque moine espèce très protégée de nos jours en passant par des oiseaux de mer, puffins cendrés, goélands argentés et mouettes et une espèce unique de lapins, dont les études récentes ont prouvés son introduction depuis l'époque punique. En automne et au printemps des milliers d'oiseaux appartenant à prés de 100 espèces différentes font escale sur Zembra et Zembretta.

Le véritable enjeu est bien le sacrifice d’un trésor de la biodiversité d'intérêt mondial. Il en est de même du point de vue archéologique et culturel. Un tel projet ne porte aucun enjeu écologique ou environnemental, comme l’a prétendu la petite presse tunisienne. Ces enjeux ne sont que strictement financiers. Mr Hong li est un investisseur international qui investit son argent pour avoir du retour sur investissement. Je doute qu’il ne soucie véritablement de l’équilibre environnemental de l’île, ni qu’il ait mesuré tous les dangers liés à son projet. L’étiquette « écologique » qu’on a voulu coller à ce projet n’est qu’un cache-misère.

Car les risques pour les précieuses faunes et flores de l’île sont nombreux, et les coûts trop lourds pour la Tunisie. Il y a tout d’abord le risque de la pollution que causeront l’exploitation des villas, hôtels et restaurants sur l’île, sans oublier les pollutions causées par les yachts de luxes. Les déversements de déchets et d’essence dans l’eau avoisinante des côtes ne manqueront pas de mettre à mal la richesse sous-marine du lieu. L’investissement immobilier est d’une ampleur telle que ce site, particulièrement petit et fragile, ne le supportera pas.

L’autre risque est lié à la facture énergétique de la construction et de l’exploitation de ce projet touristique. Une île par définition est très coûteuse sur le plan énergétique car elle dépend du continent. Combien coûteront l’acheminement d’eau douce et d’énergie à l’île, sachant qu’elle est dépourvue de toute infrastructure? Une vraie approche écologique aurait été de proposer des solutions permettant de réduire au maximum la facture énergétique, qui risque d’être très sale dans un contexte de raréfaction de ces ressources.

Le projet représente aussi un risque pour le stock de poissons des côtes tunisiennes, une ressource qui est déjà surexploitée par la surpêche. Car Zembra représente l’un des derniers sites de reproduction de centaines d’espèces de poissons qui sont ensuite pêchés sur les côtes tunisiennes. Ces poissons qui se reproduisent autour de l’île pour échapper à la pression de la pêche et ensuite repeupler les autres régions, sont aussi le gagne pain de nombreux pêcheurs sur tout le littoral tunisien. L’ensemble de l’économie de la pêche risque à terme de se trouver en danger.

Le plus incompréhensible, c’est que ce site surprotégé (1973 : Réserve marine de pêche ; 1977- Parc National), reconnaissance internationale : 1977 Réserve de biosphère UNESCO; 2001 : Aire Spécialement Protégée d'Importance Méditerranéenne du PAM/PNUE ; ZICO) ; a aussi fait l'objet de nombreux projets et études de préservation financés par la coopération internationale) n’ait pas attiré plus que ca l’attention des instances qui sont sensées le protéger, même plusieurs mois après que le projet n’ait été ébruité dans la presse. Comment une île protégée par l'Unesco peut-elle devenir du jour au lendemain le site d'un projet touristique ? Et comment est ce que la Tunisie compte-t-elle honorer ses engagements internationaux?

Que rapporte ce projet, à part des recettes supplémentaires en devises et quelques dizaines de nouveaux emplois ? Cela vaut-il le coup par rapport aux risques encourus? Une pétition existe.


Expositition










Je me promenais hier sous la pluie dans les rues de Paris quand je suis tombé par hasard sur une exposition insolite et largement inspirée du thème de l'espace. Quelques photos de cette exposition, qui a lieu au Cloître des Billettes à Paris.

23 mai 2008

Un regard sur les tunisiens

Le ministère des affaires étrangères canadien met à disposition des canadiens désireux de s'installer en Tunisie pour des raisons professionnelles une sorte de code de conduite, joliment intitulé "Enjeux interculturels", où il fournit des détails sur les codes socio-culturels et professionnels à appliquer en Tunisie. Le point de vue canadien, donné par un canadien installé en Tunisie, est intéressant car il nous renvoi à notre propre image. J'ai sélectionné les meilleurs passages:

Question:
Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Il est préférable d’aborder le pays d’accueil comme premier sujet de discussion, en évitant toutefois les questions trop politiques et en s’abstenant de mettre en évidence nos mauvaises impressions. Les Tunisiens sont fiers de leur pays et de ses origines. Vous pouvez aussi parler du Canada, ce qui risque d’intéresser vos interlocuteurs. Les Tunisiens sont de grands voyageurs et il n’est pas rare qu’ils aient une bonne connaissance du pays. La discussion s’enchaîne tout naturellement sur ce qui unit les deux pays ou ce qui les différencient. Quoique la famille et les enfants fassent partie des valeurs premières, les Tunisiens n’épiloguent pas trop sur leur situation familiale. A cet égard, après avoir simplement introduit le sujet, il vaut mieux se laisser guider par votre interlocuteur et ne pas trop insister sur cette question s’il ne poursuit pas dans cette direction.

Le travail peut être un autre sujet à aborder (pas comme sujet d’introduction pourtant). Selon le contexte, il ne faut pas trop insister auprès d’un subalterne sur la nature de son travail s’il est en présence de son supérieur ou s’il sait que vous avez des contacts avec son supérieur. Mieux vaut lui en laisser l’initiative et ne pas insister s’il n’élabore pas trop sur ce sujet.

Il faut éviter les questions de politique interne. Ce n’est pas que le Tunisien n’ait pas d’opinion sur le sujet, mais il la réserve pour lui-même. De plus, il ne serait pas apprécié d’avancer des interprétations ou des jugements sur le système politique sans en connaître tous les fondements. D’ailleurs, pour tout sujet touchant la politique interne ou le monde arabe en général, il faut connaître son interlocuteur et il vaut mieux ne pas déborder du cadre général.

Il faut aborder délicatement les questions politiques touchant le monde arabe en général. Le Tunisien aime bien se différencier du monde arabe, tout en insistant sur son appartenance et sa solidarité. Le Tunisien est, en parole, fort sympathique à la cause palestinienne et il pourrait insister pour discuter de la situation des Palestiniens, mais il est recommandé de s’en tenir aux généralités, peu importe l’insistance de son interlocuteur.

Sujets à éviter : Les États-Unis, d’une part, et le radicalisme islamique, d’autre part. Les États-Unis sont fort impopulaires, tout comme le radicalisme islamique. Par ailleurs, le Tunisien est très tolérant en général.

Peut-on faire preuve d’humour? Absolument! Mais il faut prendre la peine de connaître (et reconnaître) le sens de l’humour du Tunisien. Autant commencer par des sujets faciles : La neige au Canada et la façon de conduire des Tunisiens.

Question:
Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

La distance acceptable à prendre lorsqu’on parle à quelqu’un : Il est tout à fait acceptable de se tenir à une distance d’un bras. Cela est particulièrement vrai entre les hommes et les femmes.

L’importance d’établir un contact visuel (ou non) : C’est important certes, mais le Tunisien cache bien son jeu. S’il baisse les yeux ou évite le contact visuel, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas digne de confiance ou qu’il est fuyant. Cela peut démontrer sa difficulté à aborder une question trop délicate pour lui ou pour laquelle il n’a pas à manifester d’opinion dans le contexte où cela lui est présenté. Même si la femme tunisienne est « très libérée », dans le contexte arabe, la culture et le contexte social tunisien fait en sorte qu’un étranger ne doit pas chercher à établir un contact visuel avec elle si elle le fuit. Cela est particulièrement évident si elle est voilée.

Le toucher, lorsqu’on parle à des gens, est tout à fait acceptable entre personnes du même sexe, surtout entre hommes pour marquer un accord manifeste. Prendre l’autre momentanément par la main est très courant, tout comme l’est l’accolade entre deux personnes du même sexe.

On se serre toujours la main au début et à la fin d’une conversation. À cet égard, le Tunisien le fait spontanément comme introduction à n’importe quel type de discussion. Cela peut aussi se faire avec un subalterne qui amène l’eau dans une pièce où les gens sont en réunion. Il pourrait faire le tour, serrer la main de tous et les saluer, ensuite, il servira l’eau.

Ne pas hésiter à prendre l’initiative de serrer la main; c’est apprécié. Aussi, il faut absolument le faire lorsqu’on est intercepté par un policier par exemple, il insistera de toute façon pour vous serrer la main avant toute autre chose.

Question:
Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Le Tunisien est une personne très émotive. Il manifeste beaucoup ses émotions de surprise et même de colère (surtout si une autre voiture a heurté la sienne, ce qui est pratique courante!!!).

Il n’est absolument pas rare que deux personnes du même sexe qui se connaissent s’embrassent sur la joue lorsqu’elles se croisent et se donnent ensuite une accolade chaleureuse. Cela est tout à fait normal et accepté comme geste d’amitié. Parfois, les adolescents et les jeunes adultes marcheront la main dans la main ou en s’enlaçant par la taille, simplement par amitié, sans autre arrière pensée.

Le Tunisien s’abstiendra de pareil geste avec un étranger, par respect et déférence pour lui, sachant que ce n’est pas la coutume dans sa société. Toutefois, si un lien d’amitié s’est installé avec l’étranger, il l’embrassera sur la joue spontanément lorsqu’il le retrouvera après un certain temps, oubliant ainsi sa réserve.

Entre personnes de sexe opposé, il y a peu de contact. Si un homme et une femme marchent main dans la main ou en se tenant par la taille, c’est qu’un fort lien sentimental les unit ou qu’ils sont mariés. À l’exception de certains lieux publics très précis où l’étranger est également très présent (ex : lieu touristique), on ne s’embrasse pas sur la bouche

Question:
Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Sur la façon de se vêtir pour le travail? À la canadienne, notamment dans les contacts avec l’entreprise privée. Pour l’administration, cravate et veston sont de rigueur pour les hommes. Pour les femmes, tenue toujours sobre et très réservée; il est recommandé d’éviter les robes ou jupes trop courtes (haut du genoux) ou moulantes ou les chandails qui découvrent trop le cou!!!

La politesse est de rigueur. Le Tunisien emploie facilement le ton familier (prénom, tutoiement) et ne fait pas souvent de distinction entre le « vous » et le « tu ». Il est préférable de vous laisser guider par vos habitudes canadiennes. Le Tunisien utilise indifféremment le prénom ou le nom (mais très rarement les deux ensemble), qu’il fait précéder de M. ou Mme.

On vous fera très vite observer que le rythme méditerranéen est une excellente chose! Mais ce rythme s’accommode mal avec le rythme nord américain. C’est à l’étranger de gérer l’écart car le Tunisien conservera le rythme du pays. La ponctualité n’est pas de rigueur, le Tunisien est souvent en retard et ne s’en formalise aucunement.

L’absentéisme pour maladie est très courant... Le niveau de productivité n’est pas nécessairement lié au niveau d’ « activité » observé.

Question:
Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Je ne saurais dire si la promotion au mérite a un sens en Tunisie. Toutefois, le directeur local aura peu de succès s’il est trop directif et autoritaire, même si cela est le trait de beaucoup de directeurs et est la cause d’une rotation importante dans le personnel.

Si le directeur est un expatrié, c’est d’abord et avant tout sur sa compétence « technique » qu’il sera évalué et respecté. Toutefois, afin de s’assurer un bon rendement il faut agir dans le sens des objectifs recherchés, tout en étant conscient que le personnel n’est pas toujours hautement motivé.

Il est difficile de savoir comment le personnel perçoit le directeur expatrié. Le Tunisien énoncera difficilement de façon directe comment il perçoit son directeur; il n’osera peut être même pas lui parler et il passera par un intermédiaire! Plus souvent qu’autrement il dira avec politesse que c’est bien et qu’il apprécie sa présence. Une bonne piste d’évaluation de la part du directeur est le degré de collaboration et le rendement des employés.

Question:
Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

La société tunisienne est tissée par les relations interpersonnelles, les réseaux, la famille et les privilèges que cela donne. Ce qui est clair : un service en attire un autre... Ce qui est peut-être peu évident pour l’étranger, mais est clairement pour le Tunisien : Un service donné peut très facilement impliquer que l’on est prêt à en donner un autre.

22 mai 2008

Triste spactacle...

Même dans la mort, cet homme n'a pas échappé aux objectifs des photographes, avides de sang et d'horreur pour alimenter les pages et les écrans des médias internationaux. Cet homme a été retrouvé mort dans la rue suite aux violences qui ont éclaté en Afrique du Sud. Son crime: être "étranger" dans un pays décidément pas très "Arc en Ciel"...l'Afrique du Sud n'est pas le seul pays à tomber dans l'hystérie anti-étranger, les italiens ont eux aussi donné au monde un bel exemple d'humanité...Ce qui est le plus difficile à comprendre, c'est que nous assistons là à du racisme d'européens contre d'autres européens, et de noirs africains contre d'autres noirs africains. Triste spectacle de l'homme.


La douleur d'une femme après l'assassinat par un sniper d'un membre de sa famille à Bagdad, Irak


20 mai 2008

A propos du MEPI et de l'IREX

Le débat fait rage depuis que l’IREX a lancé des invitations aux blogueurs maghrébins pour une rencontre au Maroc. Certains blogueurs tunisiens ont refusé de prendre part à cette initiative, accusant l’IREX, et par extension le MEPI, d’être un organe dépendant directement de l’administration américaine, ce qui lui enlève toute crédibilité aux yeux de ces blogueurs, qui préfèrent plutôt avoir affaire à des organes indépendants de la société civile américaine.

Au-delà des discours anti-Bush, et de la question de savoir si on peut faire confiance à une administration dont la conception de la démocratie à montré ses limites (cf. guerres Irak, Afghanistan et prison de Guantanamo), j’ai voulu me renseigner sur les activités, et surtout les réalisations du MEPI. Mon objectif étant de juger le plus objectivement possible de l’efficacité d’une telle initiative, et de donner le maximum d’éléments aux blogueurs tunisiens et maghrébins en général pour qu’ils puissent juger d’eux-mêmes de faits concrets, sans tomber forcément dans l’anti-bush cru...

Le MEPI a été au départ conçu comme un antidote à la stratégie traditionnelle des Etats-Unis en matière d’aide, qui se traduisait par des programmes d’aide à grande échelle basée sur des relations gouvernement à gouvernement ; et à la reconnaissance des USA que tout développement économique et social ne peut être réalisé sans qu’il soit accompagné par un travail de démocratisation politique. Le MEPI a donc pour mission de lancer des programmes de financement à petite échelle, adressées essentiellement aux organisations non gouvernementales arabes et à la société civile.

La question aujourd’hui est : est ce que cet outil de promotion de la démocratie a réellement atteint les objectifs qu’il s’est fixé au départ ?

Une enquête américaine indépendante (cette enquête n’est pas très récente car elle date de 2004, mais je la juge encore pertinente car l’administration américaine n’a pas changé depuis cette date, et que par conséquence, il y a peu de probabilité que le MEPI ait subi des changements de fond dans sa stratégie ou sa vision…) a déjà pointé les problèmes et les faiblesses du MEPI dans l’atteinte de ses objectifs, même si les fonds qui lui sont allouées par le congre américain, sur demande de l’administration Bush, sont en constante progression depuis 2002, et même si ses activités se sont renforcés dans la région MENA, avec deux bureaux de représentation, l’un à l’ambassade américaine à Tunis, et l’autre aux Emirats Arabes Unis.

Quand bien même les programmes financés par le MEPI seraient de nature à améliorer le bien-être des populations arabes, la stratégie du MEPI manque de lisibilité et de cohérence, ce qui réduit son impact réel sur le terrain. Comme le soulignent les auteurs de l’enquête :

While these projects individually present worthy opportunities to improve the lives of Arab men, women, and children, the sheer diversity of audiences and issues addressed by these programs means that their impact is likely to be limited in both scope and longevity.

Ce manque de cohérence serait dû à deux causes. Il y a d’un côté la pression exercée sur le staff du MEPI à dépenser activement son budget alloué afin de justifier de futures demandes d’augmentations de budget, ce qui a amené le MEPI à financer plusieurs projets sans qu’il y ait eu une planification et une vision stratégique au préalable. Il y a de l’autre côté la concentration de ces financements sur des programmes économiques, généralement contrôlés par les gouvernements arabes, et la négligence des projets sociaux et politiques, ce qui l’éloigne de son objectif principal :

MEPI's spending trend toward economic reform and away from political and social reform reflects a lack of attention to these cautionary Arab voices, and a willingness by the United States to rely on economic wedges to attempt to advance political liberty.(…) When a government demonstrates a real commitment to improving its responsiveness to citizen needs and its openness to citizen participation, it can be both appropriate and helpful for MEPI to provide government-to-government support. But where this will is absent, weak or feigned, MEPI's funding can have the effect of subsidizing an Arab government's attempts to build a kinder, gentler autocracy.


Le choix de favoriser une assistance aux gouvernements durant ses premières années d’activité a considérablement érodé la crédibilité du MEPI. Les oppositions démocrates et les sociétés civiles dans les pays arabes ont montré leur scepticisme envers le MEPI, rendant la réalisation de projets communs avec ceux-ci encore plus difficile qu’elle ne l’est déjà. Car un autre obstacle rencontré par le MEPI est une montée du ressentiment anti-USA chez le peuple arabe depuis quelques années. Ajouté à cela un stricte contrôle de la part des pouvoirs arabes, qui n’ont montré jusque là aucun intérêt à ce que leurs peuples se démocratisent réellement :


One North African activist recently told us that American democracy assistance projects such as those MEPI funds propose "to help us be more efficient, to organize. But there is something before this—to have the right to organize."

Absence de cohérence, de plan stratégique et donc d’impact ; hostilité de l’environnement où MEPI exerce ses activités ; strict contrôle des pouvoirs en place, et absence de volonté politique au plus haut degré, aussi bien de la part des américains que de celle des pouvoirs arabes représentent les obstacles qui, à mon avis, font que le MEPI ne pourra jamais atteindre ses objectifs en l’état actuel des choses.

Les détracteurs du MEPI lui reprochent, entre autres choses comme le manque de transparence, le fait que les programmes de financements qu’il met en place soient « politisés ». Le MEPI privilégierait des organisations déjà acquises à la cause des USA comme, en Tunisie, la Chambre de commerce tuniso-américaine (TACC) ou l’Institut de presse et des sciences de l’information (IPSI), avec qui il y a eu un différent:

Cet établissement collaborant depuis longtemps avec la Bowling Green State University (Ohio), le Mepi a accordé à cette dernière 50 000 dollars pour financer le partenariat, avant de démarcher directement l’IPSI. Il a été décidé de doter l’atelier presse écrite d’équipements permettant aux étudiants de fabriquer eux-mêmes leur journal interne. Le professeur Hamida el-Bour a été désignée par la direction de l’institut pour coordonner le projet. Des ordinateurs et un appareil photo numérique ont été achetés. Lorsqu’on s’est aperçu que le nom du journal, Perspective, rappelait fâcheusement une revue d’opposition publiée à Paris dans les années 1960, il a été remplacé par celui de Prospective. Huit numéros du journal ont été réalisés et un voyage aux États-Unis pour cinq étudiants et deux enseignants a été organisé. Le Mepi ne s’est pas immiscé dans le contenu du journal, jusqu’à ce qu’un de ses membres découvre incidemment, lors d’une visite, un article hostile à la politique américaine. Sa réaction a été brutale : « On ne vous donne pas de l’argent pour critiquer Bush. - Mais c’est ça, la liberté d’expression ! » a protesté el-Bour. (…)À la fin de l’année universitaire 2005-2006, lorsqu’il a été question du renouvellement de la subvention du Mepi, l’Ipsi a décidé de mettre un terme à la coopération. « Cela a été un flop, commente el-Bour. Je suis partie d’un objectif terre à terre : équiper mon atelier. Je ne pensais pas du tout au cadre politique et aux objectifs américains. Aujourd’hui, si c’était à refaire, je ne le referais pas. »

L’ambassadeur des USA en Tunisie a par ailleurs justifié l’arrêt de subventions à l’IPSI pour des raisons « logistiques ». Une autre polémique impliquant le MEPI est née en Tunisie concernant les contours du partenariat qui lie le MEPI avec la société tunisienne qui a lancé le nouveau magazine "l’expression ». Vous trouverez plus de détails sur cette affaire en cliquant sur ce lien.

Voilà pour le MEPI. Maintenant pour revenir à l’appel de l’IREX à organiser un Meet-up entre maghrébins, je pense que l’initiative est louable pour les raisons suivantes. Elle correspond d’abord à un besoin réel et éprouvé des blogueurs maghrébins à plus de dialogue et plus de débat, deux choses qui manquent cruellement dans la scène politique des pays du Maghreb. En plus, l’IREX a appelé à une rencontre strictement maghrébine, ce qui traduit une approche, pour une fois, différenciée du monde arabe : on ne peut pas traiter les pays du Maghreb et ceux du Golfe de la même manière. Il semble qu’ils ont commencé à le comprendre…A partir de là, je ne vois pas pourquoi on refuserait d’accepter cet appel, à moins que ce refus soit motivé par des considérations morales, qui prennent en considération les conflits israélo-palestinien et irako-américain…Dans ce dernier cas, il appartient à chacun d’agir selon ses propres convictions.

La justice française fait le ménage en Tunisie

Appuyer pour agrandir.
L'information a été révélée par le JDD dimanche 18 mai. Imed Trabelsi aurait été écroué hier pour "complicité de vol en bande organisée".

19 mai 2008

ما هي صورتك الصينية من العناصر المحلية؟

Merci PrincessTanit pour le tag. A mon tour de répondre aux questions:


ان كنت شجرة فما ه : si tu étais un arbre:

un cactus...

ان كنت اكلة فما هي : si tu étais un plat:

Une pizza:)

ان كنت زهرة فما هي : si tu étais une fleur:

Le jasmin, biensûr.

قرية او دشرة او حارة فما هي: un village ou un quartier:

Toujane

ان كنت قصيدة فما هي : si tu étais un poème:

Le poème du baiser "Sa'altouha Koblatan" d'Abou Nawas

ان كنت شخصية تاريخية فمن تكون : si tu étais un personnage historique:

Ibn Khaldoun

ان كنت شخصية خرافية فمن تكون : si tu étais un personnage imaginaire :

Bacchus

ان كنت وادي او نهرا فما هو : si tu étais un fleuve ou une rivière :

Le Nil

ان كنت شخصية قصصية فمن تكون: si tu étais le héros d'un roman:

Michael Pinson, de Bernard Werber

ان كنت حيوانا فما هو si tu étais un animal :

un chat

ان كنت حليا فما هو : si tu étais un bijou:

Une montre

ان كنت لباسا فما هو :si tu étais un vêtement :

Une écharpe

ان كنت شذى او رائحة فما هي : si tu étais une odeur ou un parfum:

L'odeur de ma fleur préférée...

ان كنت موقعا فما هو: si tu étais un endroit :

Dar El Behi

و كل من تورط في هذه الأسئلة مطالب بتوريط 6 مدونات و مدونين

Etkalem, El Greco, Maheva, Pink, Skydancer, Tarek

18 mai 2008

Charming e-burka



"The Burka was chosen because it is often perceived in the west as a symbol of repression. Then a digital layer was added to it so that women can decide for themselves where they want to position themselves virtually. The Burka sends an image, chosen by the wearer, via bluetooth. Every person next to her can receive her picture via mobile phone and see the woman’s self-determined identity. The laws of the Koran are not broken, so the Charming Burka fulfills the desire of living a more western life, which some Muslim women desire today. The Burka is equipped with bluetooth antenna/micro-controller and uses the OBEX protocol, already working with most mobile phones."

Source

17 mai 2008

L'armée de la honte


Celui qui tire la balle en caoutchouc est un soldat de l'armée israélienne, apparemment excédé par le manifestant qui leur criait "assez de violence". Celui qui reçoit la balle est un manifestant israélien pro-palestinien. Il a été touché à la jambe, à moins de 40 mètres, qui est la distance de sécurité nécessaire pour tirer des balles en caoutchouc. Le manifestant a assuré qu'il continuera de manifester contre l'injustice dont souffrent les palestiniens de Bil'in, qui "ont reçu plus de balles que lui".
S'ils sont capables de tirer aussi facilement sur l'un des leurs, je n'ose pas imaginer leurs méthodes face aux palestiniens...
Source.

15 mai 2008

Birmanie: aide alimentaire...à vendre!


La junte militaire en Birmanie se moque vraiment du monde entier! Ces militaires corrompus et paranoïaques ont commencé par refuser l'abondante aide internationale, condamnant ainsi les survivants sans nourriture ni toit au sort des 100 000 birmans déjà morts suite au passage du cyclone Nargis. Ils ont ensuite maintenu leur mascarade de référundum sur la nouvelle constitution, allant même jusqu'à déclarer aujourd'hui que 99% des inscrits ont voté et que 92% d'entre eux se sont prononcé pour un oui. On apprend aujourd'hui que les mêmes militaires, qui contrôlent strictement les denrées alimentaires entrées dans le pays et provenant de l'aide internationale, ont mis ces marchandises en vente sur les marchés de Rangoon!


Selon les témoignages des habitants, des nouilles, des biscuits, de la viande séchée, des tentes et des moustiquaires de marque étrangère (comme CNE , MCS, PMUS, DIS, IT ; des marques made in Thailand, Japan et China) et qu'ils n'ont jamais vu en vente avant cela, se trouvent actuellement étalées dans les marchés de Rangoon. D'autres habitants ont affirmé que les mêmes biscuits qui étaient vendus dans les marchés étaient distribués aux survivants au sud du pays. Des paquets avec une Croix Rouge, sigle de l'organisation humanitaire, ont été aperçus dans les étalages du marché. Toutes ces marchandises ont été acheminées par des camions de l'armée, selon les témoignages des habitants.


D'autres témoignages d'habitants, publiés dans le journal en ligne Mizzima: Another local resident in Rangoon said he saw army trucks from the Navy Supplies Depot, in Mingaladon, Syriam and Labutta bringing the relief materials to the markets."I found the same biscuits in the Nyaungpinlay market and the shopkeeper was shouting -- 'foreign biscuits available'," he said. Similarly, he said he saw foodstuff, part of the relief supplies, at the residence of his friend who works at the airport. "When I visited my friend's house on Tuesday, I saw a dozen tins of sardines and about five packets of biscuits in his home. When I asked him, he said he got it from his work place." An aid worker expressing concern told Mizzima that relief supplies donated for the cyclone victims are on sale in Rangoon markets. "The aid workers have got photographic evidence of these supplies being put on sale in the markets. The rice sacks and condensed milk tins with 'World Food Program' (WFP) logos and Japanese flags are on sale," said the aid worker.

Maintenant que tous les regards sont tournés vers la Chine et son tremblement de terre, la junte a les mains libres pour faire sa
loi. Pendant ce temps, des hommes, des femmes et des enfants survivent comme ils peuvent...

Sources: Ici, Ici et .

13 mai 2008

Cinéma à Tunis : salles en voie d'extinction


Les salles de cinéma ont survécu à la télévision et à la cassette vidéo, mais elles ne survivront peut-être pas au DVD piraté. Tel est le constat désolant de la chambre syndicale des patrons de salles de cinéma...
Imaginez Tunis sans une salle de cinéma en 2010! Que deviendra le cinéma tunisien sans salles? Le sujet a déjà fait débat lors de la sortie du film VHS-kahloucha, qui a réussi à réconcilier le public tunisien avec le cinéma. Mais depuis, les propriétaires ont continué à vendre leurs salles, accusant les spectateurs tunisiens de bouder le grand écran. A la place de ces salles, nous voyons émerger des centres commerciaux...et de plus en plus de DVD-clubs, proposant les derniers films à la location ou à la vente pour moins de 3 DT...
En supprimant ces salles, où est-ce qu'on pourra voir les films tunisiens? Et comment ces films feront de l'argent? Les salles de cinéma représentent un maillon fondamental de l'industrie cinématographique. Fermer les salles revient à tuer le cinéma tunisien.

La justice: deux poids, deux mesures?

J'ai été surpris d'apprendre que nous avions une justice en Tunisie...une justice tellement alerte qu'elle a décidé de se pencher sérieusement sur la mort horrible d'un jeune tunisien vivant à Grasse en France.
En lisant l'histoire de ce jeune tunisien, telle qu'elle a déjà été rapportée par la presse française, je n'ai pu m'empêcher de penser à l'histoire de la mort d'un autre jeune tunisien, qui a eu lieu à Redeyef, en Tunisie cette fois.
Une certaine ressemblance rapproche ces deux histoires, où une bavure de la Police est dénoncée comme cause du décès des jeunes dans chacun des cas. Pourtant, la justice tunisienne est montée au créneau dans la première affaire- qui a eu lieu en France, où il y a déjà une justice qui fait son boulot- , mais elle est restée étrangement sourde et muette dans le deuxième cas, qui a lieu en Tunisie...
Une mention spéciale "mauvaise foi" est à accorder à nos journalistes, qui se sont pressés de récupérer cette affaire pour condamner l'absence de réaction des militants des droits de l'homme. Il aurait pourtant fallu se renseigner un peu sur ce cas, pour apprendre que "le Mrap et la Ligue des droits de l'homme en France ont fait part de leur soutien", entre autres mouvements.
LaPresse tunisienne titrait aujourd'hui: "Droits de l'homme: deux poids, deux mesures". J'ai aussi envie de dire: "La Justice en Tunisie: deux poids, deux mesures?"...

12 mai 2008

Privatisation de l'E.I.C.



L'Ecole Internationale de Carthage, le tout premier Etablissement d'Enseignement Touristique (E.E.T.) "made in Tunisia" avec son école, son hôtel, sa piscine, et son terrain de golf etc, projet privé et subventionné par l'Etat (c'est aussi une particularité tunisienne...), vient d'être cédé à un Groupe Belge, après avoir bénéficié d'une prime d'investissement du gouvernement de 1,759,000 DT.
L'idée du projet est inédite et unique en son genre, puisque c'est le premier projet à impliquer le citoyen tunisien dans l'essor de l'économie tunisienne de façon directe, en lui permettant de contribuer au financement d'un projet 100% tunisien, et en le revendant tout de suite après aux groupes étrangers, attirant ainsi plus d'investissement direct étranger au pays.

Ce projet est à ajouter à la liste des grandes réalisations de l'économie tunisienne, tout ça grâce à l'esprit inventif et clairvoyant de nos dirigeants, et à l'excellence des relations de coopération de la Tunisie avec ses partenaires européens.

11 mai 2008

Affrontements à Redeyef

مواجهات بين الأمن التونسي (البوب) و الشعب في حي العمال بمدينة الرديف..
redeyef le 07/05/2008


Comité de soutien aux habitants du bassin minier: le bouclage policier de la ville d’OUM LARAYES dure depuis 3 jours
La ville étouffe sous une forte pression policière qui ne fait qu’alimenter les protestations et les confrontations des habitants avec les forces de police. Des témoins présents sur place relatent que la ville est couverte par des fumées noires dégagées par la quantité impressionnante de gaz lacrymogène déversée sur la ville et par les incendies de pneus.
Le Comité national a été informé par les habitants que les gazs lacrymogènes n’ont épargné ni les quartiers résidentiels, ni les maisons, ni les écoles. Des dizaines de cas d’asphyxie, d’étouffement et de perte de connaissance ont été enregistrés. Les violences policières se sont abattues sur l’ensemble de la population sans distinction d’âge.
Ce tourbillon de violence qui dure depuis des jours a littéralement paralysé tout mouvement dans la ville d’OUM LARAYES : les élèves ont déserté écoles et collèges ; les commerces et magasins ont baissé leurs rideaux et même les services publics ont fermé. Par téléphone, l’un des habitants nous a appris qu’il ne trouve plus un endroit où se procurer du lait pour son nourrisson.

10 mai 2008

Hijab style

Coût de l'essence en Tunisie


Avec un prix du baril qui a atteint 126 $, le prix du litre d'essence a atteint 1.25 DT (1.061 USD) en Tunisie. Un prix "moyen" si l'on voit ce graphique qui compare le prix du plein d'essence d'une Honda Civic (50 litres d'essence) dans différents pays.
Source

09 mai 2008

Gafsa isolée


la situation dans le sud-ouest de la Tunisie ne cesse de se dégrader.. Les manifestions se font de plus en plus fréquentes dans certaines villes du gouvernorat de Gafsa. Située à près de 60 km de la capitale régionale, Redeyef est devenu le symbole d’une Tunisie en colère. Après concertations, ses habitants ont décidé de vider les lieux mercredi en fin d’après-midi après le drame de la veille à Oum Lârayes, localité voisine de Redeyef. Plusieurs jeunes diplômés chômeurs ont été électrocutés. L’un d’entre eux Ali Ben Jeddou El Aleimi est mort ; un autre, Taoufik Ben Salah, est toujours dans le coma. (Pour voir la video, ici)


Une bavure policière de plus ?

C’est pour protester, une fois de plus, contre les résultats du concours d’entrée à la Compagnie qu’un groupe de jeunes chômeurs ont décidé mardi d’occuper le générateur électrique alimentant les ateliers de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG). Selon plusieurs sources locales, une brigade d’intervention de la police, munie de gaz lacrymogènes, s’est rendue sur place pour dégager les jeunes. L’un des jeunes se serait alors emparé de câbles électriques afin d’empêcher l’évacuation du lieu. Le générateur était hors tension. La remise en route du courant électrique a provoqué son électrocution et celle d’un certain nombre de jeunes qui se trouvaient avec lui. Les secours ne seraient intervenus que plusieurs heures après l’accident.


Pour le moment, la version officielle de l’histoire reste floue. « C’est une question sensible mais pour rester objectif, la police n’a pu commettre un tel acte », affirme la CPG par la voix de son service de presse. Mais pour la population qui réclame l’ouverture d’une enquête indépendante, le coupable est tout désigné. C’est la police qui aurait délibérément réactivé le générateur, sans tenir compte du danger. Le drame a mis la région en émoi et la journée du mardi a été rythmée par des affrontements entre jeunes et forces de police. Abderahman Hedili, responsable du Comité de soutien des mineurs de Gafsa en Tunisie, confirme les faits : « En ce moment, tout est fermé : les écoles, le lycée, les commerces… Redeyef reste en état de siège ».

Une initiative spectaculaire vite avortée

« La présence policière est toujours énorme », affirme M. Hedili. C’est pour « laisser Redeyef aux policiers », selon le communiqué du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT), que les habitants se sont concertés mercredi sur cette action coup de poing. Plusieurs centaines l’ont effectivement fait, emportant avec eux les objets de première nécessité. Mais l’action est décédée prématurément. Après quelques négociations entre autorités et syndicalistes, les habitants sont revenus le soir même. La présence policière devait en effet se réduire. « Finalement, rien n’a changé depuis hier », déclare M. Hedili.

Le chômage, cause de tous les maux

Selon un accord formel, la CPG s’engageait à recruter dès janvier un certain nombre de chômeurs en son sein. Chose qui ne s’est pas faite et qui expliquent l’occupation de mardi. Contacté par Afrik.com, un employé de la compagnie a cependant déclaré que le recrutement de cas sociaux a débuté depuis une dizaine de jours. « On recrute pour le moment ceux dont les parents travaillaient dans la compagnie mais qui ont eu des accidents de travail. Mais les habitants veulent des solutions radicales pour résoudre le problème du chômage, qui est structurel dans le bassin minier de Gafsa », explique l’homme. La CPG ne s’attendait pas à ce que les choses prennent cette « tournure dramatique », ajoute t-il.

Rien à signaler pour Nicolas Sarkozy

« L’espace des libertés progresse », déclarait Nicolas Sarkozy lors de sa visite d’Etat le 28 avril dernier. Ces propos ont provoqué un tollé général de la part des organisations de lutte pour les droits de l’homme. Aucune mention n’a été faite des « évènements de Gafsa ». Alors que la situation empire, les autorités ne voient pour ce conflit social d’autres solutions que la répression et la pression policière selon plusieurs organisations locales. Jusque là, le bassin minier reste officieusement fermé aux journalistes. Aucun média officiel n’a repris l’information. « Après d’âpres discussions, les défenseurs des droits de l’homme ont finalement été autorisés à entrer dans la ville », affirme M. Hedili « La suite que l’on donnera à cette action sera décidé rapidement », conclut t-il.

Source.

Les autorités n'ont pas intérêt à faire durer cette situation de crise, car, à la veille de la saison touristique et du retour des tunisiens à l'étranger- dont un nombre considérable vient de la région en crise-, on peut se demander comment l'isolation de toute la région de Gafsa pourra être possible.
Cette crise est très mal gérée dès le début par les autorités, qui devraient comprendre enfin que la répression est une réponse inappropriée qui ne fait qu'exacerber la colère des habitants de la région. Quant aux médias tunisiens, leur silence obstiné est preuve de leur parfaite soumission...Un tel niveau d'irresponsabilité dans le pays est incroyable et incompréhensible...

08 mai 2008

Il est (encore) interdit de porter le voile...

Les décisions se suivent et ne se ressemblent pas en ce qui concerne le port du voile en Tunisie. Après que le juge Samia El Bekri ait considéré que la circulaire 108 -publiée en 1986 pour interdire le port du voile dans les établissements publiques-, "confère à l'administration une autorité sans limite" menaçant les libertés individuelles et qu'elle l'ait qualifiée d'anticonstitutionnelle, une nouvelle circulaire aurait été publiée le mois dernier par le ministère de la femme pour interdire le port du voile.
Alors que le nombre de femmes voilées ne cesse d'augmenter depuis un temps, cette nouvelle décision ne manquera pas d'ajouter de la confusion dans le débat - s'il existe vraiment- sur le port du voile...

Triste anniversaire...

07 mai 2008

La situation dans le bassin minier de Gafsa empire

Mardi 6 mai, le jeune ALI BEN JEDDOU EL ALEIMI, 26 ans, est décédé électrocuté à l’intérieur d’un générateur électrique desservant les ateliers de la compagnie des phosphates de Gafsa (Bassin minier situé à 400 kms de Tunis). Le jeune TAOUFIK BEN SALAH, 21ans, se trouve dans le coma. Ces deux jeunes faisaient parti d’un groupe de jeunes chômeurs qui, la veille avaient occupé le générateur électrique en stoppant par leur action l’alimentation d’une partie des installations de la Compagnie.

Ils protestaient par cette action spectaculaire contre le non respect par les autorités préfectorales d’un engagement stipulant le recrutement au sein de la Compagnie d’un certain nombre de chômeurs. Le sous-préfet accompagné d’une brigade d’intervention de la police s’est rendu sur place pour dégager les jeunes chômeurs en utilisant des gaz lacrimogénes.

Le jeune Al Aleïmi, se serait emparé de câbles électriques afin d’empêcher que l’évacuation ai lieu. Le générateur était à ce moment hors tension. La remise en route du courant électrique a provoqué son électrocution et celle d’un certain nombre de jeunes chômeurs qui se trouvaient avec lui. Selon des témoins présents au moment des faits, le corps du jeune El Aleïmi aurait été projeté sous le choc en dehors de l’installation électrique. Les secours ne sont intervenus que plusieurs heures après l’accident. Ce drame a mis toute la région en émoi et les affrontements avec les forces de police ont dégénéré.

D'après le Comité de soutien aux luttes du bassin minier de Gafsa.

Pour en savoir plus sur la situation dans le bassin minier de Gafsa, ici, ici, et .

Mise à jour: D'après un communiqué du Mouvement Attajdid: "Le mouvement dénonce aussi le retrait du Délégué et des forces de l'ordre du village après le décès du défunt et l'abondon de sa dépouille au bord de la route jusqu'à la fin de la journée et s'étonne de l'absence d'intervention des représentants de la justice"

Hollywood en guerre contre les méchants arabes


Dans un livre intitulé "Guilty — Hollywood’s Verdict on Arabs after 9/11", Jack Shaheen déplore l'image négative que véhiculent les films et séries Hollywoodiens dans les écrans. Selon lui, l'arabe est trop souvent confiné au rôle du méchant vilain terroriste fanatique qui véhicule énormément de stéréotypes. Il a critiqué notamment des films comme “The Kingdom” (2007) et “The Four Feathers” (2002), ainsi que des séries à succès comme 24h.

D'après l'auteur, “In the United States, you can say anything you want about Islam and Arabs and get away with it. In other words, as someone said, ‘You can hit an Arab free’” (...) “What enables these images to persist and prevail? One of the primary reasons is silence” (...) “There’s nobody in authority, no political leader, no Hollywood personality who has taken a stand and said that demonizing Arabs and Muslims is the same as demonizing Jews or blacks or Asians or any other racial or ethnic group.”

L'auteur dénonce aussi que les seules images que nous voyons des islamistes radicaux soient celles d'extrémistes scandant bêtement "la mort à l'Amérique", décrivant cela comme une sorte de "tri selectif" des radicaux. L'auteur pense que le film "The Kingdom", un film d'action où des agents du FBI poursuivent des terroristes en Arabie Saoudite, comporte l'une des descriptions les plus destructrices des arabes, où mêmes les enfants arabes ne sont pas dignes de confiance...



Enfin, l'auteur pense qu'une telle image donnée aux arabes a facilité la tâche pour l'administration américaine, rendant les invasions de l'Irak plus acceptables pour l'opinion publique, qui a peu protesté.

«Platon a dit que ce sont ceux qui racontent les histoires qui dirigent la société. Rien n’a changé et les conteurs d’aujourd’hui ont une grande influence sur notre perception du monde.»

Source.