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09 avril 2012

Tunisie : récit d'une matinée de violences


Pour une fois que j'étais à Tunis et que j'avais la possibilité d'assister à une manifestation, celle de la fête des martyrs en l’occurrence, je me suis dis que je n'allais pas rater cette occasion.


A dix heure du matin, j'étais déjà au centre ville, sur mon chemin vers l'avenue Habib Bourguiba. J'ai croisé sur la route plusieurs groupes de manifestants, drapeaux en mains, se dirigeant tranquillement dans la même direction. L'ambiance était détendue et pacifique. Les slogans scandés honoraient la mémoire des martyrs.


Arrivé à l'Avenue, l'ambiance y était différente, électrique. J'y ai trouvé plus de policiers que de manifestants. Les passants étaient dubitatifs, ne comprenant pas réellement ce qui s'y tramait. Ils pressaient le pas, craignant probablement que la situation ne dégénère. Les rares voitures qui circulaient roulaient vite. Des groupes de policiers étaient placés au niveau de toutes les entrées principales de l'Avenue, particulièrement vers la Rue de Rome, l'Avenue de Paris et l'Avenue Mohamed V.


Très vite, j'ai aperçu du mouvement à l'intersection de la Rue de Rome. Des dizaines de policiers, dont certains étaient cagoulés, bloquaient l'issue, scrutant de loin un premier groupe de manifestants qui tentaient d'accéder à l'Avenue H.B. Les gens commençaient à se rassembler autour des policiers, qui laissaient paraitre des signes d'extrême nervosité. Les journalistes aussi ont accouru. Au bout de quelques minutes, sans aucun avertissement préalable, une dizaine de policiers a chargé en direction des manifestants qui se rapprochaient lentement, après avoir lancé une ou deux bombes lacrymogènes. Leurs collègues restés derrières eux ont commencé à nous disperser aussi, en tapant avec leurs matraques dans leurs casques de protection et nous sommant de rentrer chez nous : "barra raoua7" criaient-ils (rentrez chez vous). 


Il était 10h30 du matin, et j'avais compris que les policiers n’envisageaient pas du tout de laisser les manifestants atteindre l'Avenue. Il était clair que leur consigne était de ne permettre en aucun cas les rassemblements de manifestants. Je me suis alors rapproché de l'Avenue de Paris, d'où on entendaient de loin des slogans criés par d'autres manifestants qui avançaient. Ils étaient beaucoup plus nombreux et se rapprochaient lentement. Un groupe de quelques dizaines de policiers entouraient leur Chef, qui leur donnait manifestement de nouvelles consignes. Très vite, ils lancent la première charge. Une première rangée de policiers couraient vers les manifestants, suivis d'un camion chargé d'autres agents. Le gaz saturait l'air, et les foules venues assister au spectacle étaient dispersées par les flics restés sur place.


Un premier jeune manifestant a été trainé par 4 flics. Ses amis ont accouru à son secours, et ont été spontanément suivis par des dizaines de personnes qui assistaient à la scène. Les policiers, surpris par un  tel mouvement de foule et de solidarité, ont vite relâché le manifestant. Les gens ont commencé à applaudir cette libération, quand le gaz nous a obligé de courir dans tous les sens et de nous disperser.


Ce jeu du chat et de la souris a duré quelques dizaines de minutes, quand les renforts de flics sont arrivés et ont décidé de charger, cette fois dans toutes les directions et simultanément dans toutes les rues perpendiculaires à l'Avenue. J'ai été emporté par la foule dans l'Avenue de France. C'est là qu'on a compris que les policiers nous cernaient, par devant et par derrière, ce qui nous a obligé à prendre les premières ruelles qu'on croisait.


Les flics nous poursuivaient toujours en lançant du gaz. Je me suis alors réfugié avec une quinzaine de manifestants dans une cage d'escalier, ayant de plus en plus de mal à courir et respirer à cause du gaz. Nous avons pris les escaliers et étions tous dans un sale état. Certains n'arrivaient plus à bouger au bout de quelques marches, tellement ils suffoquaient. J'ai essayé d'ouvrir la fenêtre du premier étage de l'immeuble, mais elle était condamnée. L'air était de plus en plus concentré en gaz. J'ai réussi à monter au deuxième étage où la fenêtre était ouverte. J'ai respiré un peu d'air frais, les gens toussaient et pleuraient autour de moi. Une habitante de l'immeuble a ouvert sa porte et nous a proposé de l'aide. Je lui ai demandé de nous filer du citron pour nous soulager un peu. 


Après avoir repris mes esprits, j'ai quitté l'immeuble. Les policiers étaient partout, bloquant surtout les issues vers l'Avenue HB et poursuivant toujours les gens. J'ai rencontré des gens affolés, entrain de tousser et de suffoquer. J'ai aperçu les premiers blessés secourus par leurs amis. J'ai réussi à me faufiler en direction du "Passage" où une bataille rangée opposait policiers et jeteurs de pierres. Je me suis dirigé vers l'avenue de Londres avec d'autres manifestants, quand 3 fourgons remplis de policiers nous ont poursuivi en zigzaguant et en percutant les voitures stationnées et celles qui circulaient. La scène était invraisemblable. C'est là où ils ont cerné un groupe de jeunes, sont sortis de leurs véhicules et les ont matraqué avec une violence inouïe. Ils ont emporté deux jeunes, le troisième était à terre et ne bougeait plus. Il était apparemment gravement blessé. Quelques minutes après, une ambulance est venue le chercher.


Je n'ai jamais de ma vie assisté à autant de violence et de déchainement de la part des policiers. Ils n'avaient aucune considération pour les gens qu'ils poursuivaient, leur seul objectif était de frapper, de leur faire mal. Il est vrai que j'ai vu des jeunes jeter des pierres sur les flics, mais ils étaient minoritaires et isolés du reste des manifestants pacifiques. Je n'ai vu aucun cocktail Molotov. Je n'ai pas non plu aperçu de milices accompagnant les policiers.


Ce qui devait être une manifestation pacifique s'est transformée en une véritable chasse à l'homme. Les gens avaient peur, les passants rebroussaient chemin en courant, les voitures faisaient demi-tour. Les policiers ne se contentaient pas seulement de faire respecter l'interdiction de manifester à l'Avenue HB, ils pourchassaient les gens dans tout le quartier. On lisait la terreur dans le visage des manifestants et des passants. Aujourd'hui, j'ai mesuré à sa juste valeur la violence de l’État tunisien, et réalisé que l'État policier de Ben Ali est encore debout et en pleine forme.



15 août 2008

ردّ بالك ترّوح

عبد الحميد، يعيطولو "كحلة" على خاطرو كحلوش، يخدم شيفور إيسوزو في شركة تجارية، يخلص 220 دينار مبعد 20 سنة خدمة في نفس الشركة، معرس عندو 3 صغار في الإبتدائي و الثانوي، تلاقينا نهج لندرة وسط العاصمة بش نشربو سيتروناد:
أنا: أحكيلي شني أحوال البلاد ؟
هو: آش بش نشكيلك؟ العباد الكل تبقبق...الكلنا مغصورين...ولادي كبرو، وّلاو يفهمو، وطلباتهم صعبت عليا...ملي الباكو الحليب ولاّ بدينار، وّليت نخّلطهولهم بالماء بالسرقة، أّما ديما يقولولي آش بيه الحليب إلي تشري فيه مغشوش؟ ردّ بالك ترّوح...

فريد و فاطمة، عندهم زوز صغار، هو طبيب مستشفى وهي أستاذ رياضة في معهد، يسكنو في الكاف، يحصلو زوز ملاين في زوز:
أنا: أحوالكم؟
هم: ماشيا و تصعاب...الحمد للله نعيشو لاباس، ولاكن قد قد...عندي سنين نحاول ولاكن ما نجمناش نكّونو...الشهرية تدخل منة تخرج منة... ردّ بالك ترّوح...قاعدين نلوجو على أنترنات على خدم في فرانسا، سمعنا حاشتهم بطبّة، ولّي ساركوزي سهّلها علي التوانسا القاريين...

وسيم، عروس بو عام، جاب طفلة سمّاها ليلة على أُمّو، حل مشروع صغير علي روحو:
آنا: شنيّا حياتك؟
هو: صّح ليك تخدم في فرانسا، ردّ بالك ترّوح...ندمنا كيف روحنا بعد قرايتنا في باريس آنا ولمرا، الخدمة هوني تعيفك في روحك، تحبلك 3 أيّامات ماشي جاي باش تتحصل علي رندفو للخدمة، و تجري وراء النّاس باش تخلص...رد بالك تغلط و تروّح... نحب نجيب طفل، أمّا ما عنديش فلوس، ولا الصبر، في الوقت الحاضر...

13 août 2008

Tabarka



Après Mahdia, j'ai visité Tabarka. Deux villes si différentes, et si belles à la fois. La route pour Tabarka est un défi pour les meilleurs pros du rallye, mais les paysages sont exquis. Le nord de la Tunisie est très beau, riche de ses lacs et forêts. La vie dans les petites villes et villages traversés semble tourner au ralenti, chaleur estivale oblige. Il n'y avait que les ouvriers des champs et les policiers, inépuisables, qui s'activaient. L'acceuil pour "nos citoyens à l'étranger" (Mouwatinina fil kharej) est particulièrement chaleureux cette année : entrée aux musées gratuites, laisser-passer direct de la part des "Haress" et policiers en cas de contrôle., des jeux -concours qui lui sont exclusivement réservées sur les radios nationales, etc...). Les consignes semblent être de les chouchouter: ils remènent de plus en plus de devises, ils font tourner la machine de la consommation, boudée en ce moment par les tunisiens "d'ici" pour manque de ressources agravé; et ils peuvent avoir un certain pouvoir contestataire vis à vis de la politique interne (Cf. notre ami nantais arrêté à Redeyef, sa ville natale, pour son soutien à ses habitants...). Heureusement que la statue de Bourguiba gît toujours au même endroit, au centre de la ville de Tabarka, j'ai eu peur qu'elle ne se transforme en un 7...



Plus de photos de Tabarka ici


15 juillet 2008

Précarité de l'emploi dans les centres d'appel européens en Tunisie

Dans un article bien informé du magazine tunisien Réalités, quelques jeunes diplômés en médecine ou en finance témoignent de leurs conditions de travail en tant que téléopérateurs pour des entreprises européennes implantées en Tunisie:

Au début, c’était amusant de vivre huit heures par jour dans la peau d'un voyant, mais avec le temps on se rend compte qu'on ne fait qu'escroquer les gens, surtout que la société fait signer à chaque téléopérateur recruté un engagement de ne jamais divulguer ses activités. Karima, alias Solène, maîtrise en Gestion, option finance à l'IHEC.

Avec les pourcentages sur les heures de communication et des primes motivantes on peut percevoir jusqu’à 600 dinars par mois. Nadia, alias Aline, diplôme en Médecine.

Les conditions de travail sont de plus en plus dégradées. Nous subissons un flicage incessant et une multiplication des écoutes sauvages. Moez, alias Jérôme.

Pour aller aux toilettes, je dois lever le doigt et attendre l’autorisation de mon superviseur. S’il y a beaucoup d’appels en attente, on n’est pas autorisé à y aller. Karima, diplôme en Biologie.

Il y a quelques semaines, mon chef est venu frapper à la porte des toilettes pour me presser de sortir en raison d’un nombre important de clients en attente. Une téléopératrice anonyme.

Après quelques mois de travail, tous les télé-opérateurs se rendent compte que leur tâches sont dévalorisantes pour un diplômé en médecine ou un ingénieur en informatique. Zoubeïr, alias Pierre.

La Tunisie occupe la deuxième place après le Maroc sur le marché des centres d’appels off shore avec plus de 140 centres d’appels, français pour la plupart. le secteur emploie au moins 7.000 jeunes Tunisiens, essentiellement des diplômés de l’Enseignement supérieur, selon l’Agence de promotion des investissements extérieurs (FIPA).



Salaire annuel d'un ingénieur informatique débutant en 1000 euros


Le développement des
télécommunications, des infrastructures modernes, le faible coût de la main-d’œuvre et la place de la langue française sont autant d’atouts favorables à l’implantation de centres d’appels. Ajoutez à cela un cadre légal et réglementaire très favorable, au point de permettre aux centres d'appels qui s'implantent en Tunisie de réaliser 20% de gains en coûts d'exploitation par rapport au Maroc et à la Roumanie,(pays pourtant réputés pour leurs bas coûts du travail...), selon une étude d'Enst&Young en 2007. Pour une entreprise comme La Société Tunisienne de Télémarketing, filiale d'un groupe français, qui réalise 20 millions d'euros de chiffres d'affaire par an, les gains doivent être substantiels...et qui sont pourtant non imposés!

Car ces entreprises, qui certes créent de l'emploi, coûtent aussi très cher à l'état tunisien, et à tous les tunisiens d'ailleurs: elles ne paient pas d'impôts sur les bénéfices (puisqu'elles sont exportatrices, et qu'elles paient leurs impôrts en France, accord de non double imposition oblige...), elles ne passent pas par la douane tunisienne pour importer leurs équipements, elles ne paient pas de TVA sur leurs acquisitions locales, elles ne cotisent pas à la sécurité sociale (c'est le gentil état tunisien qui le fait à sa place...), elles ne paient pas la totalité des salaires des cadres recrutés (l'état prend en charge une partie des salaire, jusqu'à 250 dinars sur 400 dinars de salaire moyen...), etc. C'est à se demander sérieusement si ça ne coûterait pas moins cher à la Tunisie de prendre en charge le coût du chômage des 7000 employés du secteur...

Certains diraient que les conditions de travail dans ces centres d'appel ne diffèrent pas beaucoup de celles qui prévalent dans l'entreprise tunisienne. Sauf que ces entreprises jouissent de suffisamment d'avantages et de moyens pour guarantir des conditions de travail décentes. Se permetteraient-elles du moins de traiter leurs employés de la sorte, si elles étaient en Europe? Non, car la force de la loi européènne ne le leur permetterait pas. Elles auraient été contraintes d'alléger la charge du travail des employés en recrutant davantage. Elles auraient peut-être et aussi été accusées d'harcèlement d'employés "en pause pipi", et obligées de prendre en charge les frais de psy de ses téléopérateurs égarés...

Ce qui m'amène à parler de l'Union pour la Méditérannée, fêtée en grandes pompes ce week-end en France, et de douter du deal "gagnant-gagnant" promis par Mr Sarkozy. Si cette union signifie le bradage des richesses et des compétences du Sud au profit du Nord, et tant que les lois, les conditions de vie et de travail, les droits et les libertés n'auront pas les mêmes poids et les mêmes consistances des deux côtés de la mer, quel sens aura cette union?

13 juillet 2008

Bourguiba: "Les habitudes, c'est dur à changer"


Dans un excellent reportage qui dresse un portrait nuancé de la vie des femmes tunisiennes en 1967, entre tradition et émancipation, le président Bourguiba donne un témoignage où il explique les raisons de son engagement pour cette cause:

"On est très sensible par le spectacle de l'injustice, de l'inégalité et des humiliations. C'est d'ailleurs ce qui m'a poussé dans ma carrière de combattant pour la liberté de mon pays.

Mais je me suis aperçu que, au-dessous, pour ainsi dire, dans une espèce d'étage inférieur de la société tunisienne; au côté des hommes qui étaient victimes du régime colonial, il y avait des femmes qui étaient victimes, au second degré, d'une situation épouvantable qui provient de vielles habitudes, de traditions, ayant un caractère sacré, un aspect religieux, qui a fait que les femmes elles-mêmes se résignaient, étaient résignées à leur sort.

Comment se fait-il que j'ai pu voir de si près cette situation? C'est parce que, étant le plus jeune de la famille, le plus jeune de mes frères, j'étais un peu complexé, je n'étais pas souvent avec les hommes parce que j'étais jeune. Alors, les jeunes, les gosses...bah les gosses sont à la maison, ils sont surtout avec les femmes, dans la cuisine, ils servent, ils rendent service.

Ce contact prolongé avec les femmes, ma mère, ma grand-mère, mes sœurs, les femmes...m'a montré à quel point elles étaient dans une position pénible. Je vous assure que ça m'a beaucoup touché.

Mais seulement, ayant grandi, je me suis rendu compte de la gravité de ce problème. (...) Il s'agit de s'attaquer à des mentalités, à des habitudes. Ce n'est pas une question de pauvreté, c'est une question de traditions, de mœurs, d'habitudes...Et les habitudes, c'est dur à enlever..."

Aujourd'hui, ces derniers mots sonnent comme une prédiction...

40 ans après que la femme tunisienne n'ait ôté son Sefsari (Voile tunisien traditionnel), nous la voyons qui se remet au voile. Seulement, si la tunisienne des années 60 s'est séparée de son voile, parfois même sans l'approbation de son mari, de son père ou de son frère, c'était pour affirmer son émancipation du statut d'être inférieur, qui était là juste pour servir son mari et son foyer, à celui de femme qui s'éduque, qui travaille et qui subvient aux besoins du foyer, au même titre que l'homme.

Aujourd'hui, la femme tunisienne, souvent avec l'approbation- ou la pression de son mari, de son père, de son frère, remet son voile pour rechercher une identité, par sentiment d'appartenance, ou pour éprouver sa foi. Elle est aussi de plus en plus éduquée et active. Le président Bourguiba ne croyait alors pas si bien dire quand il affirmait que les habitudes seraient dures à enlever...

Si Bourguiba avait réussi à l'époque à convaincre les tunisiennes de se dévoiler, c'était en arrivant à se substituer au Chef de famille dans chaque foyer tunisien, et en imposant sa vision avec le protectionnisme et le paternalisme qui le caractérisaient.

21 ans après la mort politique de Bourguiba, ses idées et sa vision semblent lointaines et oubliées. Elles n'ont pu résister au temps, à la conjoncture internationale, au regain de religiosité généralisé dans le monde arabo-musulman, ni à la crise identitaire que vit chaque tunisien...

Ce retour aux traditions doit-t-il être considéré comme le résultat d'un recentrage de la mentalité et des convictions de la société tunisienne, qui auraient été bousculées un peu trop vite par le volontarisme Bourguibien? Ou doit-il au contraire être considéré comme un retour en arrière et un recul sur des acquis bien précieux? Ce qui est certain aujourd'hui, c'est que certaines mentalités sont plus longues à changer...que les articles de loi!

06 juillet 2008

Eurockéennes

J’ai eu la chance d’aller à ce festival, qui fête ses 20 ans cette année. J’ai été impressionné par la foule, par les prestations et par l’incroyable organisation et bonne gestion du site...

Quelques chiffres : entre 90 000 et 100 000 visiteurs en 3 jours, des milliers de campeurs, 5 scènes, 70 concerts pendant 3 jours, de 15h00 à 3h00 du matin. Le tout organisé sur le site de l’aérodrome de Belfort.

Il y avait du beau monde : Massive Attack, Sharon Jones & DAP Kings, The DO, Ben Harper, etc. Mes découvertes : N*E*R*D avec leur style musical entre le rock et le Hip Hop. Et puis une incroyable femme, complètement hors-norme dans ce qu’elle est et dans ce qu’elle fait. Elle s’appelle Beth Dito, elle est la chanteuse du groupe post-punk américain Gossip. Ils se sont produit vendredi devant une foule déchainée. Mais pas autant qu’elle : elle a fini le concert en sous-vêtements pour chanter "Standing in the way of control".

Et puis elle est descendue dans la foule faire un petit tour…

02 juillet 2008

Ingrid Betancourt libérée


"Juan Manuel Santos, ministre colombien de la défense, a annoncé le mercredi 2 juillet, que les forces armées colombiennes ont libéré quelques heures plus tôt l'ancienne candidate à l'élection présidentielle Ingrid Betancourt ainsi que trois citoyens américains et onze militaires qui étaient séquestrés par les FARC. Les otages, a-t-il dit, sont sains et saufs."

Source



Je me souviens encore de la dernière lettre qu'elle a adressée à sa mère et à sa famille, où elle semblait déjà renoncer à la vie. Qu'est ce qu'elle peut ressentir aujourd'hui qu'elle est libre après plus de 6 ans de captivité? A quel point cette expérience l'a détruite physiquement et moralement? Si cette femme trouve le courage de revenir à la politique, sa popularité sera énorme. C'est bon aussi de savoir qu' une forte mobilisation mondiale peut aboutir, même si on pouvait penser qu'on en parlait un peu trop, surtout ici en France...
Finalement, c'est le président colombien Uribe qui aura fini par la libérer. Chavez devra applaudir!



Pour lire la dépêche AFP,
ici.
Pour en savoir plus sur l'affaire Betancourt, ici.




15 avril 2008

في الجلاز


مشيت وقت زرت تونس المرة إلي فاتت إلي جبانة الجلاز، عافا نا وعفاكم
بش نقرى الفاتحة علي المرحوم خويا
عديت نصف ساعة مرج وغش و روحت مكشبر
علاش ؟ علي خاطر العباد إلي غادي لصقوني، شدو ما سيبو، حتي ما طلعولي العصب
الجبانة ولات سوق! آش تحب تشري؟ غسلة و مسحة للقبر؟ تلييقة دهن وإلا جير؟ شويا حب للعصافر؟ تجم حتي تكري راجل ولا زوز يقراولك القرآن، و إلا عزوزة تشبعك بالدعاء٠٠٠فما حتي واحد جاء عمل طلة على القبر وقالي الكتيبة علي الرخام بلاحت بالشمس و لازمها تتعاود مالجديد، و بالطبيعة إقترحلي باش يقدهالي٠٠٠
علاش هك؟ واحد ما ينجمش ينعزل شويا و يّرحم علي إلي ماتولو في السلم والراحة؟ حتي مالجبانة ما سلمتش من البيع و الشراء؟
والذي يغيضك أكثر، هو إلي ما تقدرش تلوم علي حد، علي خاترهم زوالية يلقطو في الخبزة٠٠٠
وصحيح الواحد ينجم يستحق ينظف القبر و إلا يقرا شويا قرآن، و لاكن يلزم هذا يكون بإحترام الأهالي و الأقارب٠٠٠مش يهجمو عليه العباد د وب مايكبتيووه
حاصيلو ناقص شويا نظام ( و نظافة زادة) و الصدقة كان هي فرض، ما تنجمش تكون بالمرج

30 mars 2008

نفرحو بيك، و تفرح بينا

كي العادة و الله لا ينحيلنا عادة كل مانزور تونس لازم تصيرلي حكاية مع البوليسية
هل المرة كنت نحوص في قرطاج تعديت بالكرهبة قدام جامع العابدين
إتكييت عالإمين بش ناخو تصويرة متع الجامع
آنا مازلت إنقمر في الجامع وخرجلي بوليسي مافهمتش كيفاش وقتاش و منين!

هو: رخصة صياقة و بطاقة التعريف
آنا: تفضل
هو: هيا كيفاش؟ نعملولك محضر؟
آنا: علاش؟ آش فما؟
هو: ماعندكش الحق تاقف هوني، ممنوع
آنا: وقفت دقيقة باش إنصور الجامع و قاصد ربي...وعلاش ممنوع؟
هو: البقعة هاذي حساسة، وقصر الرئيس مش بعيد...
آنا: باهي يا سيدي سامحونا هل المرة راني نسكن في الخارج جيت إنطل عليكم نهيرين...
هو: مرحبا بيك ولد عمي، أتو نفرحو بيك و إنحيولك المحضر، ونمدولك في عوضو 4 يوميات...
آنا: بقداش اليومية؟
هو: 2,500

وقتها عاد فهمت إلي هو "عاشور" مكفن وراء حكاية يوميات...وزهرتلي كيف جاء يلوج علي اليوميات طلعو وفاو ما عادش عندو

هو: هيا زورنا المرة الجاية و جيبلنا معاك حويجة مل الفري شوب، دبوزة وسكي ولا بارفام...

28 mars 2008

Récit d'un vol Tunisair

Cela fait trois ans que je choisis le vol Paris-Tunis sur Tunisair pour rentrer en Tunisie, et depuis trois ans, rien n'a changé, rien n'a évolué et rien ne s'est amélioré. Ni le service Tunisair, ni le comportement des passagers.
Je suis arrivé à Orly-Sud assez en avance pour laisser de la marge aux imprévus. Et les imprévus furent au rendez-vous... Tout d'abord, la queue de 10 metres devant les guichets d'enregistrement, et l'incroyable impatience et l'inaptitude des passagers tunisiens à respecter une queue. Il y a ceux qui font semblant d'aller demander un renseignement à l'hôtesse qui gère la queue et qui en profitent pour s'immisser au milieu de la queue, dépassant ainsi tous ceux qui sont venus avant eux et qui attendent sagement leur tour; et ceux qui arrivent, passent un coup de fil et se retrouvent par enchantement sur le tapis rouge de l'espace privilège, sans faire la queue (cet espace porte bien son nom...) Il y a ceux qui passent des heures à négocier les 20 kg de surplus de bagages pour tenter de les faire passer sans payer leur excédent; et ceux qui refusent catégoriquement de se séparer de leur parfums et autres crèmes et gels, même s'ils sont bien conscients que la loi interdit l'embarquement de tels produits dans l'avion...Bref, tous ces petits détails font que l'enregistrement était encore en cours à 10 minutes de l'heure de décollage initiallement prévue...Donc départ retardé d'une heure, mais c'est tout à fait normal pour un vol Tunisair...
Arrivé à l'aéroport de Tunis, re-queue devant les guichets de la Police douanière. Je me suis régalé du refus sec qu'ont essuyé un groupe de fraudeurs qui ont voulu se fondre dans la toute petite queue devant le guichet reservé pour les corps diplomatiques. Ils ont ralé, et prétendu être "fatigués"...Est-ce une bonne raison pour passer avant tout le monde?
5 minutes après, ca fumait de partout. Il y avait pourtant des affiches "Défense de fumer" collées un peu partout, mais que tout le monde ignorait. Quand une femme d'un certain âge, gênée par la fumée de cigarettes, a protesté auprès des fumeurs, ceux-ci l'ont regardée avec un sourire moqueur et ont rétorqué: "vous vous croyez à l'aéroport d'Orly? Ici on est à Tunis..." No comment!
Avant de prendre mon vol, je n'avais qu'un billet Paris-Tunis, et il me fallait réserver mon billet de retour Tunis-Paris. La veille de mon départ, à l'agence de Tunisiair parisienne, j'ai reservé mon vol de retour Tunis-Paris. L'hôtesse m'a assuré que mon vol était bien réservé, et qu'il n'y allait pas avoir de problème, à condition que j'achète le billet dans un délai de trois jours. Afin d'éviter toute surprise, je me suis directement dirigé vers l'agence Tunisair de l'aéroport de Tunis-Carthage à l'arrivée pour acheter mon billet. Et c'est là qu'on m'apprend que ma réservation a tout simplement "sauté". Qu'est ce qui l'a fait sauté? Qui? Aucune réponse...On m'a pourtant assuré que ma réservation était bien enregistrée, et j'ai bien respecté le délai de trois jours...Mais je connais la réponse à mes questions: c'est tout simplement une personne qu'on a dû pistoner qui a pris ma place! C'est comme ca que ca marche à Tunisair: si tu n'es pas pistoné, et que tu ne connais personne qui bosse dans cette compagnie, on te fait "sauter"!
Le seul moment de satisfaction que j'ai eu, c'était à la sortie de l'aéroport, quand un agent de la circulation m'a gentillement cédé le passage, en me souhaitant bonne route...Qui l'aurait cru?

10 mars 2008

Vengence ou terrorisme?

Le blog est tenu par deux amis qui y publient des posts. Le premier, Peace man, est palestinien et habite le camp de refugiés Sajaia à Gaza. Le deuxième, Hope man, est israelien et habite Sderot, une petite ville Israelienne proche de Gaza. Les violences entre Israel et Gaza se sont intensifiées depuis Octobre 2000. Beaucoup de civils ont été blessés ou tués. La couverture médiatique des deux côtés palestinien et israelien est souvent extrêmement biaisée. Le blog de Peace man et de Hope man vise à témoigner de ce que peuvent vivre les populations des deux côtés de la frontière.
Voici un extrait du dernier post écrit par Hope man, en réaction à la tuerie qui a eu lieu dans une école Talmudique de Jérusalem:
"Vengance ou Terrorisme?
Ce soir nous avons été informé de la mort d'au moins 7 jeunes étudiants dans une école à Jerusalem. Jerusalem est à environ 1h30 de voiture de Sderot mais cette ville souffre maintenant des consequences de la montée de la violence dans la région de Sderot/Gaza. J'ai titré ce post "Vengance ou Terrorisme?" en me demandant: est ce que ca a vraiment de l'importance? Est ce que ca importe au père, à la mère, à la soeur ou au frère?
Moins d'une semaine plutôt, une famille de 7 membres a été tuée durant une attaque Israelienne sur Gaza. Vengance ou Terrorisme? Défense ou Offense? Est ce important pour les proches et les voisins? Deux jours plutôt, un bébé palestinien âgé à peine de quatre semaines a été tué par l'armée israelienne. Il a été tué alors qu'Israel cherchait à tuer un militant du Hamas. Ce militant a été tué, mais comment peut-on justifier de telles conséquences?"
Pour lire la suite, ici.

21 janvier 2008

Témoignage de Gaza

Said Khatib AFP ¦ Coucher de soleil sur la centrale électrique de Gaza le 20 janvier 2008. Source: 20minutes


Catastrophe humaine à Gaza, témoignage de Ziad Medoukh publié le lundi 21 janvier 2008 sur le site de l'association France Palestine Solidarité.

"Bonjour de Gaza Je profite de ma présence à l’université où nous avons le droit à deux heures d’électricité par jour-l’éducation est un élément sacré en Palestine- pour vous envoyer ce bref message
La situation est catastrophique dans la Bande d
e Gaza sur tous les niveaux ; depuis hier soir toute la Bande de Gaza est plongée dans le noir ; toutes les frontières sont fermées par ordre militaire israélien ;rien n’entre à Gaza ; il y a un manque de tous les éléments de base pour une vie normale : carburants ;médicaments ;produits alimentaires ; électricité ; eau ;……….
La vie est morte à Gaza ;à part les universités et les hôpitaux ; tout est fermé à Gaza ;personne ne se rend au travail ;les rues sont presque vides S’ajoute à tou
t cela les attaques et les bombardements israéliens qui font des morts et des blessés.
Si cette situation va continuer ;le pire attend les citoyens de Gaza déjà enfermés et encerclés dans leur prison ;des malades vont mourir et des dégâts très graves dans le domaine de la santé et de l’environnement .

Un appel avant tout à la conscience internationale : sauvez Gaza ;sauvez les habitants de Gaza ;sauvez les malades de Gaza ;sauvez les enfants de Gaza ;sauvez l’espoir de Gazaouis
Devant cette catastrophe humaine ;et devant la complicité de beaucoup de pays voir le silence international ;il ne reste à Gaza que deux choses essentielles :la patience e
t les espérances
Amitiés de Gaza la résistante Ziad"





28 juillet 2007

El harka

Un reportage décrivant une dure et triste réalité...Ce qui me frappe le plus, c'est l'obstination de l'homme qui a perdu son frère! Malgré cette perte, il est toujours décidé à partir! Vouloir immigrer m'apparaît dans ce reportage plutôt comme une réaction de survie..Comment aider ces gens?