18 mai 2012

Tunisie : persistance du corps et de l’esprit du Benalisme




Le gouvernement tunisien a hérité du système étatique Benaliste.  C’est-à-dire d’un État hyper-centralisé, policier et désengagé;  d’institutions corrompues, dépossédées de leurs prérogatives et court-circuitées par des réseaux de clientélisme très actifs et puissants ; d’une administration déresponsabilisée et longtemps fondue dans le système du parti unique ; et d’une société souffrant d’une situation de profonde injustice sociale, conséquence directe de ce système étatique Benaliste et de la mauvaise gouvernance qu’il génère.

Plus d’un an après la révolution, l'État et ses institutions dysfonctionnent toujours ; le corps et l’esprit du Benalisme persistent. Cet État, qui a longtemps méprisé et corrompu le peuple, continue à l’instrumentaliser et à détourner la loi et l’éthique pour servir les intérêts politiques, économiques et idéologiques d’une minorité au pouvoir et de ses clans satellites. La justice, toujours sous contrôle gouvernemental direct, est malléable et corvéable à souhait. Les médias, publics et privés, manquent d’indépendance et d’objectivité. La police, se croyant toujours au-dessus de la loi, bénéficie encore d’une impunité totale

En s’accommodant de ces dysfonctionnements,  en reproduisant les mêmes mécanismes et pratiques étatiques et en recyclant en partie les caciques de l’ancien régime, l’actuel gouvernement tunisien ne fait que perpétuer, voire renforcer, l’injustice sociale dont souffre les tunisiens dans leur majorité. Il avoue par ailleurs son échec à réaliser l’un des objectifs primordiaux qu’il s’est lui-même fixé : instaurer la bonne gouvernance. 

Rendues complètement dépendantes de l'État et de ses structures, les populations défavorisées, surtout en région, sont en conflit ouvert avec l'État et le gouvernement qui le pilote et le représente, et ce malgré sa fameuse « légitimité » tirée des urnes, pour réclamer moins de négligence et plus de justice. Ce conflit se traduit par les grèves, les sit-in et les violences récurrentes et persistantes qui marquent la transition tunisienne, et que les élections et les changements de gouvernements n’ont pas réussi à atténuer.

Au lieu de s’attaquer de front à la réforme de l'État et de ses institutions pour casser cette logique d’injustice sociale institutionnalisée, le gouvernement tunisien, frileux et inexpérimenté qu’il est, a préféré détourner l’attention sur d’autres sujets futiles pour gagner du temps et éviter un éventuel échec coûteux sur le plan électoral. L’absence de volontarisme politique pour porter des réformes urgentes et prioritaires laisse croire que les partis au pouvoir -comme d’ailleurs ceux de l’opposition qui brillent par la faiblesse de leurs propositions- n’ont fait que mentir aux tunisiens durant tout ce temps post-révolutionnaire sur leur réelle volonté de réforme et de rupture avec le système et les pratiques d’antan. Leur accès et leur maintien au pouvoir demeure leur principal objectif. Et ça, les tunisiens, dans leur majorité, l’ont compris, ce qui explique la déception et le manque de confiance persistant de l’opinion publique envers la classe politique dans son ensemble.  

Qu’on ne s’y trompe pas : le mal tunisien ne s’atténuera et la tension ne s’apaisera qu’avec une rupture nette avec les vieilles habitudes, ainsi qu’une répartition plus équitable des richesses, des droits et des devoirs dans notre société. Ni la religion, ni l’identité, et encore moins la morale et les débats idéologiques stériles ne sont des solutions efficaces à ce problème fondamental qui fut, est-il utile de le rappeler, à l’origine de la révolution tunisienne : celle de la dignité, de l’égalité, du travail et de la citoyenneté. 

L’hégémonisme des partis politiques au pouvoir et le népotisme de leurs responsables ; la tricherie de certains élus, leur manque de transparence et de responsabilité ;  les abus de pouvoirs et la corruption dans la fonction publique et en dehors de celle-ci ; la désinformation et la manipulation de l’opinion publique ; etc. toutes ces pratiques qui ont tellement fait de mal à la Tunisie sous la dictature et qui sont perpétuées aujourd’hui par la nouvelle classe politique ne sont acceptables et ne seront acceptées. Les politiciens, aveuglés par leur course au pouvoir et embourbés dans leur crise d’identité, feraient mieux de se ressaisir au plus vite et de s’occuper des vrais problèmes, au risque d’être emportés, eux aussi et plus vite qu’ils ne le croient, par une colère populaire toujours très vive.

Source illustration : ici

09 avril 2012

Tunisie : récit d'une matinée de violences


Pour une fois que j'étais à Tunis et que j'avais la possibilité d'assister à une manifestation, celle de la fête des martyrs en l’occurrence, je me suis dis que je n'allais pas rater cette occasion.


A dix heure du matin, j'étais déjà au centre ville, sur mon chemin vers l'avenue Habib Bourguiba. J'ai croisé sur la route plusieurs groupes de manifestants, drapeaux en mains, se dirigeant tranquillement dans la même direction. L'ambiance était détendue et pacifique. Les slogans scandés honoraient la mémoire des martyrs.


Arrivé à l'Avenue, l'ambiance y était différente, électrique. J'y ai trouvé plus de policiers que de manifestants. Les passants étaient dubitatifs, ne comprenant pas réellement ce qui s'y tramait. Ils pressaient le pas, craignant probablement que la situation ne dégénère. Les rares voitures qui circulaient roulaient vite. Des groupes de policiers étaient placés au niveau de toutes les entrées principales de l'Avenue, particulièrement vers la Rue de Rome, l'Avenue de Paris et l'Avenue Mohamed V.


Très vite, j'ai aperçu du mouvement à l'intersection de la Rue de Rome. Des dizaines de policiers, dont certains étaient cagoulés, bloquaient l'issue, scrutant de loin un premier groupe de manifestants qui tentaient d'accéder à l'Avenue H.B. Les gens commençaient à se rassembler autour des policiers, qui laissaient paraitre des signes d'extrême nervosité. Les journalistes aussi ont accouru. Au bout de quelques minutes, sans aucun avertissement préalable, une dizaine de policiers a chargé en direction des manifestants qui se rapprochaient lentement, après avoir lancé une ou deux bombes lacrymogènes. Leurs collègues restés derrières eux ont commencé à nous disperser aussi, en tapant avec leurs matraques dans leurs casques de protection et nous sommant de rentrer chez nous : "barra raoua7" criaient-ils (rentrez chez vous). 


Il était 10h30 du matin, et j'avais compris que les policiers n’envisageaient pas du tout de laisser les manifestants atteindre l'Avenue. Il était clair que leur consigne était de ne permettre en aucun cas les rassemblements de manifestants. Je me suis alors rapproché de l'Avenue de Paris, d'où on entendaient de loin des slogans criés par d'autres manifestants qui avançaient. Ils étaient beaucoup plus nombreux et se rapprochaient lentement. Un groupe de quelques dizaines de policiers entouraient leur Chef, qui leur donnait manifestement de nouvelles consignes. Très vite, ils lancent la première charge. Une première rangée de policiers couraient vers les manifestants, suivis d'un camion chargé d'autres agents. Le gaz saturait l'air, et les foules venues assister au spectacle étaient dispersées par les flics restés sur place.


Un premier jeune manifestant a été trainé par 4 flics. Ses amis ont accouru à son secours, et ont été spontanément suivis par des dizaines de personnes qui assistaient à la scène. Les policiers, surpris par un  tel mouvement de foule et de solidarité, ont vite relâché le manifestant. Les gens ont commencé à applaudir cette libération, quand le gaz nous a obligé de courir dans tous les sens et de nous disperser.


Ce jeu du chat et de la souris a duré quelques dizaines de minutes, quand les renforts de flics sont arrivés et ont décidé de charger, cette fois dans toutes les directions et simultanément dans toutes les rues perpendiculaires à l'Avenue. J'ai été emporté par la foule dans l'Avenue de France. C'est là qu'on a compris que les policiers nous cernaient, par devant et par derrière, ce qui nous a obligé à prendre les premières ruelles qu'on croisait.


Les flics nous poursuivaient toujours en lançant du gaz. Je me suis alors réfugié avec une quinzaine de manifestants dans une cage d'escalier, ayant de plus en plus de mal à courir et respirer à cause du gaz. Nous avons pris les escaliers et étions tous dans un sale état. Certains n'arrivaient plus à bouger au bout de quelques marches, tellement ils suffoquaient. J'ai essayé d'ouvrir la fenêtre du premier étage de l'immeuble, mais elle était condamnée. L'air était de plus en plus concentré en gaz. J'ai réussi à monter au deuxième étage où la fenêtre était ouverte. J'ai respiré un peu d'air frais, les gens toussaient et pleuraient autour de moi. Une habitante de l'immeuble a ouvert sa porte et nous a proposé de l'aide. Je lui ai demandé de nous filer du citron pour nous soulager un peu. 


Après avoir repris mes esprits, j'ai quitté l'immeuble. Les policiers étaient partout, bloquant surtout les issues vers l'Avenue HB et poursuivant toujours les gens. J'ai rencontré des gens affolés, entrain de tousser et de suffoquer. J'ai aperçu les premiers blessés secourus par leurs amis. J'ai réussi à me faufiler en direction du "Passage" où une bataille rangée opposait policiers et jeteurs de pierres. Je me suis dirigé vers l'avenue de Londres avec d'autres manifestants, quand 3 fourgons remplis de policiers nous ont poursuivi en zigzaguant et en percutant les voitures stationnées et celles qui circulaient. La scène était invraisemblable. C'est là où ils ont cerné un groupe de jeunes, sont sortis de leurs véhicules et les ont matraqué avec une violence inouïe. Ils ont emporté deux jeunes, le troisième était à terre et ne bougeait plus. Il était apparemment gravement blessé. Quelques minutes après, une ambulance est venue le chercher.


Je n'ai jamais de ma vie assisté à autant de violence et de déchainement de la part des policiers. Ils n'avaient aucune considération pour les gens qu'ils poursuivaient, leur seul objectif était de frapper, de leur faire mal. Il est vrai que j'ai vu des jeunes jeter des pierres sur les flics, mais ils étaient minoritaires et isolés du reste des manifestants pacifiques. Je n'ai vu aucun cocktail Molotov. Je n'ai pas non plu aperçu de milices accompagnant les policiers.


Ce qui devait être une manifestation pacifique s'est transformée en une véritable chasse à l'homme. Les gens avaient peur, les passants rebroussaient chemin en courant, les voitures faisaient demi-tour. Les policiers ne se contentaient pas seulement de faire respecter l'interdiction de manifester à l'Avenue HB, ils pourchassaient les gens dans tout le quartier. On lisait la terreur dans le visage des manifestants et des passants. Aujourd'hui, j'ai mesuré à sa juste valeur la violence de l’État tunisien, et réalisé que l'État policier de Ben Ali est encore debout et en pleine forme.



03 avril 2012

Tunisie : la politique, une histoire de mots..


Comprendre les discours des dirigeants politiques et décoder leurs messages à travers la logorrhée qui nous est régulièrement servie dans la presse est un exercice difficile en ces temps de cacophonie médiatique.

Nous avons essayé par un moyen simple, et plutôt ludique, d’y voir un peu plus clair. L’exercice consiste à dessiner un nuage de mots-clés à partir des déclarations récentes tenues par des personnalités publiques afin de voir les termes et les thèmes qui ressortent le plus dans leurs discours respectifs :
 


Moncef Marzouki, Président de la République, dans deux entretiens récents accordés aux médias français : ici et ici  

Si le temps de l’exil semble lointain depuis qu’il multiplie les visites guidées pour ses invités au "Palais" de Carthage, le Président Marzouki ne rompt pas complètement avec le passé avec le mot "dictature" qui revient dans son discours. Marzouki semble vraiment insister sur le fait que "maintenant" , le "pays" est en "révolution" grâce au "peuple". "Justice" et "droits" sont aussi des éléments centraux d'un discours qui tourne autour de sa propre personne avec le « j’ai » répétitif. Mots les plus récurrents : « j'ai » et « pays ».



Hamadi Jebali, Chef du Gouvernement, dans
un entretien accordé à La Presse le 28 Avril 2012

Jebali, quant à lui, parle principalement de son « gouvernement ». Contrairement au « j’ai » de Marzouki, ce sont les « avons » et « sommes » qui sont le plus souvent employés par Jebali. Tout comme pour Marzouki, le « peuple » est omniprésent dans son discours. Le chef du gouvernement se montre ouvert à la « concertation » et se donne un cadre : la « loi » et la « morale ». Il insiste aussi beaucoup sur les notions de « compétences » et « d’expérience »… Mots les plus récurrents : « avons » et « gouvernement ».



Mostpha Ben Jaafar, Président de l’Assemblée Constituante, dans
un entretien publié dans La Presse du 30 mars 2012

Il semblerait que le Président de l’ANC « pense » beaucoup... « Évidemment », la « constitution » revient souvent dans son discours. Ben Jaafar se montre à la fois pressant avec les « faut », « absolument » « temps » ; et poli avec des « concensus », « mesure » et « manière ». Mots les plus récurrents : « pense » et « constitution »

 
Béji Caïd Essebssi, ancien premier ministre, dans un entretien publié dans la Presse le 27 janvier 2012 :

BCE évoque principalement ses réalisations : « gouvernement » et « constituante ». Il se positionne non seulement comme un observateur aguerri qui « estime » et « trouve », mais aussi comme dirigeant qui « dirige ». Tout comme Ben Jaafar, il évoque la « situation » du pays mais contrairement à ses prédécesseurs, on ne retrouve pas dans son discours la « Tunisie »… Mots les plus récurrents : « gouvernement » et « constituante »



Yaadh Ben Achour, dans
un entretien accordé à Amnesty International début mars 2012 :

C’est Yaadh Ben Achour qui évoque le plus la religion avec l'« islam » au centre de ses paroles. Il tient un discours universaliste avec des mots comme « démocratie », « droits », « homme », « liberté », « société ». « Esprit » et « révolution » sont des mots centraux dans un discours plutôt réaliste avec l’emploi de « misère », « violence » ou « contradictions ». Il évoque aussi le « XIXème siècle », probablement en référence à la tradition tunisienne. Mots les plus récurrents : « islam » et « révolution ». 


Post initialement publié dans le blog des Cahiers de la Liberté.


 

04 mars 2012

Tunisie : débat faussé, opposition effacée


[AFP/Fethi Belaid]


Un débat faussé


Plus le temps passe, plus le gouvernement semble dans l’incapacité de faire face aux difficultés qu’il rencontre pour redresser la situation économique et sociale du pays. Fortement critiqué pour son laisser-faire sur la question des salafistes, pour son incompétence sur le dossier de l’emploi, ou encore pour sa mauvaise gestion des conséquences des intempéries qui ont touché récemment le Nord-Ouest du pays, le gouvernement refuse la critique, se replie sur lui-même, crie au complot et fait diversion. Des signes d’agitation qui ne font que traduire une situation d'échec et d'incompétence. L'absence de Jebali lors des questions aux gouvernement renforce cette impression. 


S’éloignant des vrais problèmes du pays et des vrais enjeux de la révolution, le débat est déplacé sur d’autres sujets de nature à déchainer les passions et à diviser l’opinion, comme la religion ou l’identité. On veut nous faire croire qu’aujourd’hui notre « identité arabo-musulmane » est en danger et que la gauche « athée » et « occidentalisée » en est la cause principale. 

Cette gauche serait d’ailleurs en passe de confisquer le pouvoir par la force, selon les dernières déclarations sans preuves des ministres de Jebali. Ce coup d’Etat imminent serait bien entendu appuyé de l’étranger et fomenté avec le mouvement syndical, considéré comme perverti par les idées de la gauche et manipulé par les mouvements destouriens contre-révolutionnaires. Opposition et médias affiliés (c'est à dire 90% des médias tunisiens selon le chef du gouvernement!) représenteraient le plus grand danger pour le pays, et le gouvernement, qui est « légitime » faut-il le rappeler, en serait la première victime. On accuse donc « les ennemis du gouvernement » d’être derrière la baisse des investissements, derrière l’absence de touristes, derrière la colère des marginalisés, etc. Une stratégie qui permet de détourner le débat des vraies priorités, de diviser l'opinion, et qui consiste à répondre par une démagogie passionnelle à des problèmes qui appellent à la plus grande rationalité et responsabilité !


Le débat polémique basé sur la religion et entretenu volontairement par certains responsables d’Ennahdha montre aussi qu’une frange de ce mouvement n’a pas renoncé à son projet originel d’islamisation de l’Etat, des lois et de la société. La démocratie semble représenter pour eux juste un moyen légal pour réaliser ce projet, plutôt qu’un esprit de gouvernance favorisant les libertés, l’émancipation de l’individu, le pluralisme politique, l’alternance au pouvoir, et où nulle loi, quelque sacrée qu'elle soit, n'est supérieure à la loi de la République. 

Effet direct de cette diversion : alors qu’avant les élections, les partis affichaient un consensus large autour de l’article 1 de la première constitution, évacuant par l'occasion le débat identitaire, les élus se retrouvent aujourd’hui à discuter, et ce dès le préambule du texte fondamental, de l’inscription de la Charia dans la nouvelle constitution. Une constitution censée s’inspirer avant tout des principes de liberté, de dignité, de travail, de justice...



Sur l’opposition tu ne pourras compter ?


De leur part, les partis d’opposition tendent  à se regrouper en coalitions pour augmenter leur poids électoral, dans une logique purement quantitative, et sans veiller au préalable à se réformer et à chercher un minimum de cohérence. Fragilisés par des démissions et des guéguerres internes, ces partis n'arrivent pas à renforcer leurs bases militantes pour mieux promouvoir leurs idées, et convaincre les tunisiens du bien-fondé de leurs programmes politiques. La plupart d’entre eux n’ont toujours pas renouvelé leurs dirigeants, ni passé le stade de « partis de personnalités », basé sur le culte de la personne fondatrice du parti.  Les conflits de personnes et d’égos qui les fragilisent ne cèderont la place aux débats d’idées que lorsque ces partis décideront enfin de faire leurs propres révolutions internes, et réfléchiront sérieusement à de vrais projets politiques qui rassemblent plutôt que divisent, et qui donnent du sens à notre avenir.


Plutôt que de s’adresser aux populations et se rapprocher d’elles pour les reconquérir, on a plutôt le sentiment que l’opposition cherche avant tout à convaincre la majorité de son existence, en reproduisant des réflexes d’opposition pré-révolutionnaires. Par son boycott de la séance des questions au gouvernement pour temps de parole insuffisant, l’opposition a préféré marquer sa présence en brillant par son absence, plutôt que de participer au débat par des contre- propositions convaincantes et efficaces qui lui feraient gagner des points dans l'opinion.


Pire encore, certains de ces partis d’opposition n’hésitent pas à mimer la stratégie des partis au pouvoir dans l’espoir d’égaler leur performance électorale, en ayant notamment recours au registre islamique pour légitimer leur action aux yeux des masses. L’UPL qui appelle à inscrire la Charia dans la constitution ou le PDP qui défend l’inscription de la référence aux valeurs islamiques dans le préambule de la constitution, après avoir dénoncé pendant toute la campagne électorale le projet islamiste d’Ennahdha, sont de parfaits exemples de cet opportunisme politique qui décrédibilise l’opposition, brouille son image et rend incrédule son message..