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| [AFP/Fethi Belaid] |
04 mars 2012
Tunisie : débat faussé, opposition effacée
24 décembre 2011
Tunisie : premiers pas trébuchants d'un nouveau gouvernement
12 octobre 2011
Tunisie : schizophrénie électorale
La tournure qu'a pris l'affaire Nesma TV suite à la diffusion en dialecte tunisien du film franco-iranien "Persepolis" est révélatrice des maux de la Tunisie d'aujourd'hui, une Tunisie qui se cherche, toute convelescente qu'elle est du temps de la dictature.
Beaucoup de tension, de colère, de violence...et parfois de haine se sont cristrallisés, de part et d'autres, autour du tabou religieux de la représentation d'Allah, mais aussi du nouveau phénomène du port du voil intégral. Ces réactions exacerbées, de part et d'autre, révèlent le visage d'une société male dans sa peau et qui peine encore à s'accepter comme elle est : c'est à dire plurielle. Une société qui a aussi peur pour ses acquis identitaires, dont la définition varie selon les bords : conservatrice et arabo-musulmane pour les uns, progressiste et sécularisée pour d'autres.
Cet affront de la chaine privée Nesma- et son parti pri pour une certaine conception de la société tunisienne - provoque des démonstrations de force, mais qui sont restées pacifiques jusqu'à preuve du contraire, d'une poignée de salafistes accompagnés de sympathisans conservateurs. Dans le même temps, on assiste à une levée de boucliers de la part des progressistes, avec parfois des messages un brin alarmistes quant au danger de la talibanisation imminente de la société. La réaction pitoyable du directeur de la chaîne en est un parfait exemple...Remarquez que des deux côtés, on a recours aux mêmes procédés : la dramatisation des faits et la persuasion par la peur du camp adverse...
Ces réactions prouvent que le chemin à parcourir est encore long, avant qu'une Tunisie plurielle ne trouve son équilibre.
C'est que naître, grandir et vivre dans une société cadrée, contrôlée, surveillée dans ses moindres gestes et expressions, et élevée dans la peur de la différence et la detestation des extrêmismes, laisse des traces chez tous et n'aide pas à la tolérance. Avant la révolution, les tunisiens étaient de deux genres : les "khobzistes", ces opportunistes tout lisses qui renonçaient à leurs convictions pour plaire à l'Etat, et les passifs, ces êtres creux qui préféraient ne croire en rien et suivre la mouvance. Aujourd'hui, on voit encore beaucoup de "khobzistes" et de passifs, mais on voit également des communistes, des salafistes, des laïcistes, des humanistes, des athés, des conservateurs etc. et la liste est longue.
Les tunsiens, de tous bords, semblent à peine découvrir le vrai visage de leur pays, sans le fard et loin des clichés mauves de la propagande de Ben Ali qui prétendaient que les tunisiens formaient un bloc monolitique et homogène composé de citoyens tolérants, modérés, ouverts sur l'occident, attachés à leur tradition et laïques...Les tunsiens, pour une bonne part, découvrent aujourd'hui leur société sous ses différentes facettes : du religieux radical, au laïque radical, en passant par une large frange composée de conservateurs et de modérés.
Les médias étangers, mais également pas mal de nos médias, semblent aussi être dans le même état de torpeur face à l'enchaînement rapide des évènements, et ne s'intéressent, par fénéantisme, qu'aux plus bruyants. Au lieu de chercher à comprendre les motivations profondes des uns et des autres, et leur réel impact dans la société, on nous ressort une bonne vielle recette benalienne éprouvée : la montée dangereuse de la fièvre salafiste qui menace tout le pays...et qui pourrait rapidement justifier tous les abus et les dépassements.
Les choses sont pourant un peu plus compliquées que cela, et la Tunisie n'est ni laïque et progressiste dans sa majorité, ni subitement envahie par les salafistes et par le voil intégral. C'est le fait de minorités, qui sont beaucoup plus visibles aujourd'hui, et determinées à s'exprimer et à réclamer l'espace qui leur a été confisqué. Quoi de plus normal dans ce cas que de voir des barbus et des conservateurs resurgir, à chaque fois que l'occasion s'y prête, en gardiens du livre et de ses règles sacrées? Ils sont dans leur rôle, comme leurs contradicteurs sont dans le leur quand ils défendent leurs propres convictions.
Mais quand, d'un côté, les uns dénoncent la pseudo influence sioniste et franc-maçonne qui agit sur les esprits des tunsiens pour justifier leur projet de société conservateur (pour ne pas dire rétrogade pour certains d'entre eux...) et appeler à la censure; et quand, de l'autre côté, on crie au ras de marée islamiste...on frise rapidement la caricature et on se trompe de combat. Car le seul et vrai enjeu du moment est de faire de nos premières élections libres un succès! Nos élus autront ensuite le temps de débattre de ces sujets, entre autres.
Le danger de radicalisation de la société existe réellement en Tunisie, surtout en cette phase de transition, et comme c'est le cas un peu partout dans le monde. Les plus vielles démocraties occidentales font face aujourd'hui aux mêmes phénomènes de société, comme la radicalisation religieuse. Mais il ne tient qu'à nous de nous prévenir des mouvances violentes et radicales, en adoptant et en imposant un système démocratique et des institutions fortes, seuls romparts contre tous les extrêmismes. Agissons alors avant qu'il ne soit trop tard, au lieu de s'inquiéter!
Seul un vote massif, gage d'une assemblée fidèle à notre société, révèlera enfin notre vrai visage. Il faudra ensuite l'accepter comme il s'est dessiné... Les plus sceptiques diront que les votes traduiront une manipulation des masses. C'est possible. Mais si la participation au vote est forte, le poids des voix manipulées ne peut être que relatif. Cette affaire a eu le mérite de pousser les partis en compétition dans leurs retranchements et à les obliger à clarifier leurs positions respectives sur ces sujets brûlants, profitons-en alors pour affiner nos choix, pour voter en son âme et conscience et inciter ses proches à faire de même.
Crédits photo : FETHI BELAID/AFP
25 avril 2011
Tunisie : journaliste, profession à réinventer

Le journaliste tunisien doit également faire face à d'autres difficultés liées à un environnement toujours hostile, qui ne respecte pas son métier et qui n'affectionne pas la transparence. Plusieurs cas d'agression de journalistes ont été dénoncés, d'autres médias sont toujours indésirables. Deux photographes ont été arrêtés puis relâchés hier à Tunis parce qu'ils prenaient la police en photo. Certains journalistes continuent à être pointés du doigt pour leur proximité avec l'ancien régime. D'autres subissent des pressions et des menaces de poursuite quand ils s'intéressent un peu trop aux sujets sensibles liés à la corruption et la sécurité du pays. Et la disparition de la manne financière de l'ATCE, ancien organe de propagande, fragilise le secteur et commence à faire tomber des structures...
A trois mois du vote pour élire une assemblée constituante, et face à la multiplicité des partis politiques et à la complexité des questions à débattre, la situation devient inquiétante. Les recommandations annoncées par l'instance nationale pour l'information et la communication se font toujours attendre. Des journalistes de l'audiovisuel bénéficient actuellement d'un programme d'accompagnement de l'Audiovisuel Extérieur de France, et c'est une bonne chose. Mais qu'en est-il du cadre législatif? Dans quelles conditions et de quelle manière la campagne électorale va être couverte par les journalistes tunisiens? Disposeront-ils des moyens qu'il faut? Les médias électroniques seront-ils assujettis au même code que les autres médias? Les dérapages médiatiques seront-ils sanctionnés? A défaut de journalisme performant, les tunisiens continuent-ils à s'informer via Facebook et autres médias alternatifs?
Autant de questions sans réponses à ce jour...
Pour aller plus loin : ici (anglais) et ici (arabe)
Source photo : ici
26 décembre 2009
La Tunisie modèle de tolérence et de dialogue

L'image de la Tunisie s'est beaucoup détériorée depuis le dernier forcing "électoral" et la campagne de dénigrement et de répression des voix libres qui a suivi et qui se poursuit. Malgré une communication plus offensive répondant au coup par coup aux critiques et la multiplication des efforts de propagande, le pouvoir peine à rétablir son image d'avant, celle de garant de l'équilibre social et de la démocratisation progressive d'un pays paisible et ensoleillé... Cette mauvaise posture l'oblige à déployer davantage de moyens pour reconstruire son capital confiance, comme la récupération de toute mention positive et son amplification parfois à un point qui frise le ridicule...Deux exemples parmi d'autres de récupération et d'amplification maladroites marquent cette fin de semaine : l'ONU qui proclame 2010 année internationale de la jeunesse à l'initiative de la Tunisie, et la fille adoptive des Chirac qui salue le modèle tunisien et le cite en exemple de tolérance.
Alors que l'Assemblée Générale des Nations Unies n'a pas jugé utile de mentionner l'initiative tunisienne dans son seul et unique communiqué à ce sujet, la nouvelle a été intensivement relayée par les médias tunisiens donnant lieu à un concert de louanges et à des poussées de fierté pour saluer "un nouveau témoignage édifiant de la grande estime que voue la communauté internationale à la Tunisie et à son Président". Beaucoup de bruit pour une simple résolution adoptée sans vote par la bureaucratie onusienne et très peu relayée dans les médias internationaux...
Quant à la fille Chirac, quand son père affirmait en 2003 en Tunisie que "le premier des droits de l’Homme, c’est de manger, d’être soigné, de recevoir une éducation et d’avoir un habitat", elle a pour sa part eu la gentillesse de rajouter à la liste des droits "permis" aux tunisiens celui "de pratiquer la religion de son choix", tout en ignorant comme son père les autres droits et libertés qui sont systématiquement bafoués en ce moment en Tunisie. Qui sait, un jour viendra peut-être où les Chirac reconnaîtront aussi aux tunisiens leur droit à une société civilisée, juste et libre...
Ni les satisfécits de l'ONU ni les paroles d'une Chirac ne masqueront l'état de forte tension et la répression sévère que subit actuellement la société civile tunisienne. Cette quête de "bons points" pour se crédibiliser est d'autant plus ridicule que ce pouvoir qui se place comme modèle de tolérance et de dialogue avec la jeunesse aux yeux du monde continue d'envoyer en prison de jeunes étudiants syndicalistes et militants en Tunisie. C'est sur ses actes qu'un gouvernement est jugé et non par les paroles. Et ce sont ceux qui en parlent le plus, qui en font le moins...
Photo de Mohamed Soudani, étudiant syndicaliste emprisonné
06 octobre 2009
Guerre d'image

Mais dans cette guerre de l'image, qui passe indéniablement par une guerre de l'information, le pouvoir n'a plus le monopole de la parole et perd depuis un certain temps du terrain. Des chaînes satellitaires comme Al Jazira, connue pour son ton libre et critique envers les dictatures arabes, continuent de déranger en donnant la parole à des militants et à des opposants tunisiens. Ce qui lui vaut régulièrement de véritables compagnes de dénigrement de la part du pouvoir. Actuellement, pas moins de deux livres critiques sur la situation de la Tunisie circulent et peuvent être téléchargés sur le net. Toutes les tentatives de censure déployées pour contrer ces sources d'information alternatives n'ont pas réussi à empêcher leur diffusion. Dans cette guerre de l'image, le pouvoir ne cesse de perdre des batailles. Entre temps, c'est malheureusement l'image de tout pays, mal représenté, qui continue à se détériorer...
10 septembre 2009
Le projet civilisationnel du changement

Depuis quelques semaines, toutes les associations, organisations professionnelles et autres institutions que compte la société civile tunisienne ne cessent de proclamer leur adhésion totale et absolue au "projet civilisationnel du Changement du 7 Novembre", et appellent ainsi à la continuité.
L'absence de la moindre critique, du moindre avis divergeant et d'une façon générale d'exception à la règle de l'adhésion, peut signifier deux choses : soit les tunisiens sont arrivés à un stade de maturité citoyenne et civile avancé qui leur permet aujourd'hui de se rassembler tous et sans exception derrière un même projet, indépendemment de leurs opinions et de leurs sensibilités différentes. Soit on vit dans un régime totalitaire qui ne peut tolérer aucun écart et aucun avis différent. Sachant que la richesse d'une société civile ne peut provenir que de la diversité de ses composantes, on est tenté de croire au deuxième scénario...
D'autant que la façon brutale dont l'état vient de boucler son dernier "chantier" pré-électoral, en délogeant manu militari le Syndicat National des Journalistes de son bureau, ne peut que confirmer cette hypothèse. La mobilisation en nombre des forces de l'ordre pour empêcher les membres du bureau syndical d'accéder à leurs locaux en dit long sur la nature des rapports que l'état entretient avec les institutions, les syndicats, ou toute organisation pour peu qu'elle soit indépendante, critique ou non allié. Parce que le dernier rapport sur l'état de la presse nationale émis par ce syndicat a été critique, et du fait qu'il ne se soit pas prononcé en faveur de la candidature du président sortant, la punition est tombée : le syndicat vient de subir un véritable coup d'état perpetré par des journalistes putshistes pro-gouvernement, et aidés par une justice partisane...
Oui, il n'y a pas le moindre espace permis à la liberté d'opinion et d'expression, et surtout pas pour les journalistes. La tolérance de l'état dans ce domaine est proche de zéro. Et en l'absence de tout autre moyen de discussion ou de négociation pacifiques, le recours à la force ( qu'elle soit judiciaire ou physique) est devenu quasi-systématique dans le traitement de ce genre de conflits d'indépendance. Tel est le projet civilisationnel qu'on appelle de toute part à reconduire : l'allégence comme unique moyen de survie et de reconnaissance, le recours à la force à la place du débat et la gestion politico-policière de toute tentative d'émancipation provenant de la société civile.
16 juillet 2009
Propaganda
L’information de la semaine, à savoir le lancement en Tunisie et en avant-première mondiale du nouveau bolide de la marque Porsche, n’a dû échapper à personne. L’information, lancée par « TAP Propaganda », a aussitôt été reprise par l’ensemble des journaux en ligne, chacun y mettant un peu du sien pour donner à ce micro-évènement une dimension nationale, presque patriotique…
Mais de quoi s’agit-il au fait? Une marque positionnée sur le marché de l’automobile de luxe, en manque de ventes, lance un nouveau modèle dans un contexte mondial marqué par la crise économique et par une chute vertigineuse des ventes mondiales de voitures, qu’elles soient luxueuses ou pas. Mais en Tunisie, l’information est présentée comme étant un évènement d’envergure : « une prouesse qui témoigne, si besoin est, d'une forte conviction du constructeur allemand dans les potentialités du marché tunisien, le savoir-faire et l'efficacité commerciale de son concessionnaire tunisien ». Le concessionnaire en question n’est autre que la société Ennakl…
Quelles sont donc ces fameuses potentialités du marché tunisien pour vendre cette machine qui sera facturée au prix indécent de 250 000 DT (140 000 €), soit plus de 1000 fois le SMIG tunisien ? D’après le concessionnaire tunisien, ce « fort potentiel » est estimé à 40-50 ventes par an. Ce qui représenterait un Chiffre d’Affaires d’environ 7 millions d’€ par an pour le constructeur, soit moins de 0,5% de son CA mondial, si l’on se base sur les résultats du groupe au cours des 9 derniers mois (4,6 milliards d’€). Pas si fameux que cela le potentiel finalement…Le Directeur Commercial de la marque, quant à lui, se montre plus prudent sur « le potentiel du marché tunisien », et préfère invoquer « la stabilité économique du pays » et « ses performances économiques appréciables » pour justifier le choix de notre pays. Comme si le monsieur s’apprêtait à commercialiser des centrales nucléaires pour justifier la prise en compte de critères politiques et économiques pour choisir où il va lancer son produit en premier…
Beaucoup de bruit pour rien, donc. Ou presque…Car ce qu’il faut retenir de ce grand pas en avant vers le progrès et la modernité que vient de réaliser la Tunisie, c’est bien entendu «La stratégie avant-gardiste et visionnaire de notre président- directeur général, M. Mohamed Sakher El Materi, et ses excellentes relations avec les membres du directoire de Porsche A.G nous ont fait bénéficier d’une confiance certaine auprès de cette marque prestigieuse ».
Dans l’art de la récupération politique, rien ni personne ne pourra rivaliser avec la propagande tunisienne!
08 mai 2009
Légende tunisienne?

Il est surprenant de voir à quelle vitesse la rumeur de rapt d'enfants en Tunisie s'est propagée, causant une remontée d'inquiétudes et d'angoisses impressionnante dans la population. Amis et famille ne parlent que de cette rumeur, qui s'est propagée en empruntant simultanémant deux vecteurs efficaces et à effet multiplicateur: Internet, via Facebook, et la vieille technique de "bouche à oreille". Cette histoire a pris des proportions et a causé assez d'affolement pour que certains journaux tunisiens démentent, témoignage de sociologue à l'appui.
Plus récemment, dans les années 90, des récits de rapts d'enfants et de trafic d'organes ont recommencé à circuler un peu partout dans le monde. Il s'agissait à chaque fois des mêmes faits, avec des variantes spécifiques à chaque pays, région ou culture : des touristes drogués pour subir un vol d'organe au Brézil, les enfants pauvres des bidonvilles kidnappés pour être dépouillés de leurs organes et pour allimenter le marché noir en Argentine, etc.
12 avril 2009
Manipulation d'information

Aux nouvelles officielles aujourd'hui un nouveau classement international, l'indicateur de stabilité politique, où la Tunisie est bien classée : elle obtient la deuxième place au niveau africain et la cinquième à l’échelle arabe. Elle occupe le même rang que des pays européens, de même qu’elle devance d’autres pays parmi eux.
15 février 2009
A propos de qualite de vie en Tunisie..
11 novembre 2008
Echange de bons procedes
Depuis un certain temps, on ne cesse de nous parler de l’influence grandissante de la Chine à travers le continent africain. Le terme « Chinafrique » a même été désigné pour qualifier cette influence. Les plus réfractaires à cette intrusion chinoise vont même jusqu’à la qualifier de nouvelle forme de colonisation, tant les chinois ont pu gagner du terrain en très peu de temps dans les deux champs économiques et politiques en Afrique.
Du côté chinois, l’Afrique représente un enjeu primordial dans le maintien de sa croissance et de son rayonnement dans le monde. Beaucoup de pays africains sont riches en ressources, mais pauvres en infrastructures, et en fonds. La demande de la Chine en ressources naturelles pour continuer à alimenter une croissance à deux chiffres ne finira pas de croitre. Le deal a vite été trouvé : ressources naturelles contre grands projets d’infrastructures et produits chinois peu chers. Et on ne pourra pas accuser la chine de vouloir plier les richesses africaines, ce rôle de méchant étant déjà occupé par les anciens colonisateurs occidentaux. ..
La Tunisie est un petit pays africain pauvre en ressources et assez avancé sur le plan économique. Mais l’influence chinoise est non moins présente dans d’autres domaines en Tunisie, si l’on croit cet article vantant l’efficacité de la coopération entre les deux pays dans le domaine de l’information et de la communication. Cette coopération s’est concrétisée à travers « les liens » entre l'agence Chine Nouvelle (xinhua, agence d’information officielle chinoise) et la TAP (Agence d’information officielle tunisienne) :
Le président de l'Agence Chine Nouvelle a affirmé la volonté de son pays de consolider, d'enrichir et de diversifier la coopération entre les deux pays, soulignant que des programmes sont actuellement en cours d'élaboration en vue de promouvoir le rayonnement des deux agences à travers la multiplication des échanges de visites, d'expériences et d'expertises, afin de s'adapter aux mutations mondiales dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication.
De son coté, le Président Directeur Général de l'Agence TAP a présenté les grandes lignes de l'accord bilatéral conclu entre les deux agences et qui a été examiné au cours d'une séance de travail, tenue samedi matin au siègede l'Agence TAP.
De qui alors la TAP s’inspire-t-elle pour nous délivrer à nous tunisiens une si bonne qualité d’information ? Quel est ce journalisme à la chinoise ? Un rapport écrit par le journaliste Gautier Battistella est sans appel : Xinhua n’est autre que l’agence de propagande et l’organe de censure officieux du parti communiste chinois. Elle déroge à toutes les règles de liberté de la presse : censure, et désinformation sont ses pratiques courantes pour encadrer le pays…Comme exemple du journalisme à la chinoise, cette démonstration en image des Unes de dix journaux chinois le lendemain de l’ouverture du XVII è congrès du Parti Communiste Chinois : la ressemblance au niveau des photos, des titres et même des sous-titres est assez frappante…et en dit long sur la nature des rapports entre le gouvernement chinois et l'agence de presse.
Tout cela m’amène à rire « jaune » (sans mauvais jeu de mots…) quand je pense à la nature des « échanges d’expertises » qui doivent lier les deux agences…et me fait penser que notre cher Ammar National doit nous réserver encore de belles nouveautés!


