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26 décembre 2009

La Tunisie modèle de tolérence et de dialogue



L'image de la Tunisie s'est beaucoup détériorée depuis le dernier forcing "électoral" et la campagne de dénigrement et de répression des voix libres qui a suivi et qui se poursuit. Malgré une communication plus offensive répondant au coup par coup aux critiques et la multiplication des efforts de propagande, le pouvoir peine à rétablir son image d'avant, celle de garant de l'équilibre social et de la démocratisation progressive d'un pays paisible et ensoleillé... Cette mauvaise posture l'oblige à déployer davantage de moyens pour reconstruire son capital confiance, comme la récupération de toute mention positive et son amplification parfois à un point qui frise le ridicule...Deux exemples parmi d'autres de récupération et d'amplification maladroites marquent cette fin de semaine : l'ONU qui proclame 2010 année internationale de la jeunesse à l'initiative de la Tunisie, et la fille adoptive des Chirac qui salue le modèle tunisien et le cite en exemple de tolérance.

Alors que l'Assemblée Générale des Nations Unies n'a pas jugé utile de mentionner l'initiative tunisienne dans son seul et unique communiqué à ce sujet, la nouvelle a été intensivement relayée par les médias tunisiens donnant lieu à un concert de louanges et à des poussées de fierté
pour saluer "un nouveau témoignage édifiant de la grande estime que voue la communauté internationale à la Tunisie et à son Président". Beaucoup de bruit pour une simple résolution adoptée sans vote par la bureaucratie onusienne et très peu relayée dans les médias internationaux...

Quant à la fille Chirac, quand son père affirmait en 2003 en Tunisie que "
le premier des droits de l’Homme, c’est de manger, d’être soigné, de recevoir une éducation et d’avoir un habitat", elle a pour sa part eu la gentillesse de rajouter à la liste des droits "permis" aux tunisiens celui "de pratiquer la religion de son choix", tout en ignorant comme son père les autres droits et libertés qui sont systématiquement bafoués en ce moment en Tunisie. Qui sait, un jour viendra peut-être où les Chirac reconnaîtront aussi aux tunisiens leur droit à une société civilisée, juste et libre...

Ni les satisfécits de l'ONU ni les paroles d'une Chirac ne masqueront l'état de forte tension et la répression sévère que subit actuellement la société civile tunisienne. Cette quête de "bons points" pour se crédibiliser est d'autant plus ridicule que ce pouvoir qui se place comme modèle de tolérance et de dialogue avec la jeunesse aux yeux du monde continue d'envoyer en prison de jeunes étudiants syndicalistes et militants en Tunisie. C'est sur ses actes qu'un gouvernement est jugé et non par les paroles. Et ce sont ceux qui en parlent le plus, qui en font le moins...

Photo de
Mohamed Soudani, étudiant syndicaliste emprisonné

15 décembre 2009

Identité Patriote


Tout comme le (faux) débat sur l'identité nationale qui se déroule actuellement en France, le (faux) débat sur "l'identité patriote" instauré par le pouvoir en Tunisie depuis les dernières élections ne sert qu'à exclure un pan de la société de sa propre identité.

Le débat sur l'identité nationale en France a pour effet de dresser un mur entre les français d'origine étrangère et ceux qui sont dits de souche, comme pour définir des contours à l'identité française. En Tunisie, on essaie de dresser un mur entre les partisans du pouvoir, et ceux qui osent le critiquer et dénoncer ses excès, comme pour définir des limites à la critique et à l'opposition à sa politique. Dans les deux cas, l'élément de peur employé est le même : la peur de l'étranger, ou plutôt de "l'agent de l'étranger" dans le cas tunisien...

En France, le débat sur l'identité nationale est mené par l'UMP, le parti de droite au pouvoir, pour qu'il puisse s'attirer la sympathie des électeurs les plus à droite en vue des prochaines élections régionales de mars 2010. En Tunisie, le débat est mené par le pouvoir et ses proches, depuis les dernières "élections", pour contre-dire les nombreuses critiques qui les ont entaché. Dans les deux cas, le débat est instrumentalisé à des fins politiciennes sans fond et sans qu'il y ait une réelle volonté de débat. On joue sur les symboles de la nation, et sur les sentiments enfouis de fierté nationale et de patriotisme des citoyens, pour les amener à choisir un camp...et donc à s'exclure les uns et les autres.

Malgré ces ressemblances de forme, les situations dans les deux pays sont pourtant très différentes . En France, ce débat pourrait être justifié par ses partisans - s'il n'était pas instrumentalisé - parce qu'il se base sur une réalité sociologique et démographique et qu'il pose la question de l'intégration de certaines communautés religieuses, ethniques, etc. dans la société française. En Tunisie, ce débat injustifiable pose la question de l'exclusion de certaines communautés journalistiques, militantes, et politiques de la société tunisienne juste parce qu'elles expriment leurs opinions, leur opposition et leurs critiques. En France, c'est une question sociale qui est débattue sur la scène politique. En Tunisie, c'est une question politique qui est entrain de créer un malaise social supplémentaire dans la société tunisienne. Dans les deux cas, ces débats ne peuvent être que dangereux, parce qu'ils risquent d'exclure et de mener à la négation des spécificités qui caractérisent toute société, qu'elles soient culturelles dans le cas de la France, ou idéologiques dans le cas de la Tunisie.

Caricature de _z_, DebaTunisie

19 novembre 2009

Tunisie : tempête diplomatique



Nous assistons depuis quelques semaines à une crispation des relations entre la Tunisie et la France. Nous avions l'habitude d'une France plutôt réservée quand il s'agissait des excès du régime tunisien, et d'une Tunisie plutôt profil bas quand il s'agit de sa grande amie La France... Le ton a bien changé depuis que l'amie est devenue "traitre" et "non patriote", osant sortir de sa réserve :


"Nous sommes préoccupés par les difficultés rencontrées par des journalistes et défenseurs de droits de l'Homme en Tunisie"


Néocolonialisme et ingérence dans les affaires intérieures répond alors Tunis, qui a déjà essuyé quelques jours auparavant les communiqués "préoccupés" de toute la gauche française et de celui du Maire de Paris. Las de ces renvois de balles incessants par communiqués interposés, le gouvernement tunisien porte l'affaire au niveau régional, appelant à l'aide l'éternel guide de toutes les révolutions, même celle de la diplomatie tunisienne apparemment...Au nord de la Méditerrané, l'anti-patriotisme atteint la Belgique, cœur névralgique de l'Europe, avec laquelle la Tunisie s'apprête à négocier en 2010 son statut de partenaire "avancé"...Cette fois, la réponse de la Tunisie s'est fait attendre -une semaine environ- pour venir discrètement, mais avec un ton non moins accusateur, de l'ambassade de Tunisie en Belgique :

Nous rejetons énergiquement ces allégations sans aucun lien avec la réalité et dénonçons, par la même, une telle attitude inamicale qui relève franchement d'un néo-colonialisme primaire qui constitue une ingérence flagrante et inadmissible dans les affaires intérieures d'un pays souverain.

L'Europe semble exiger des gestes concrets d'apaisement de part du pouvoir tunisien. Mais celui-ci se montre susceptible et offensif, il répond au coup par coup, exagère les intentions de pays qui sont pourtant ses alliés et a même recours à des mesures punitives. Mais cette agitation de la partie tunisienne a ses limites. D'abord parce que le pouvoir tunisien brûle les étapes en haussant le ton très vite et en élevant l'affaire au niveau régional : va-t-on faire appel aux Nations Unies au prochain communiqué? Ensuite parce ce que la Tunisie est un partenaire de l'Europe, qui est en position de demande d'un statut avancé, et qui n'a toujours pas honoré une partie de ses engagements. Le dernier communiqué du Parti Socialiste Européen est sans appel :

The Tunisian government’s actions are unacceptable. It should treat its people and political opponents better. It must stop persecuting those who oppose the government. The regime must respect fundamental freedoms, if it aims for closer relations with the EU. Advanced status for Tunisia is out of question in the current situation.

Le désir du pouvoir tunisien de s'allier davantage à l'Europe est en complète contradiction avec sa fermeture sur les questions des libertés et des droits fondamentaux. N'est-ce pas là la limite du modèle tunisien, fondé sur un développement économique libéral et mondialisé, mais sans respect des libertés et sans progrès politique?


Source photo

16 décembre 2008

Delocalisation


Il arrive que des entreprises françaises délocalisent leur production en Tunisie. Les tunisiens, eux, délocalisent leurs procès en France. Les premières recherchent par cette délocalisation un moindre coût de production et de main d’œuvre. Les deuxièmes recherchent de la justice, denrée rare et très chère dans leur pays. La délocalisation des entreprises françaises détruit de l’emploi en France, et en crée en Tunisie. La délocalisation des procès tunisiens créent de l’espoir en France, et de la frustration en Tunisie. Mais qui est gagnant dans l’histoire ?

La justice importée de France ne satisfait pas son besoin, puisqu’elle ne produit pas d’effet en Tunisie. L’emploi créé par les entreprises françaises en Tunisie est précaire, et son effet sur la réduction du chômage reste négligeable. Mais alors que l’image de la justice française gagne en brillance, celle de la tunisienne perd en crédibilité. Une chose est  sûre : la Tunisie, « terre d’amitié et de sérénité » appartient désormais au passé. Bienvenue en Tunisie, la vraie…

12 octobre 2008

L'integration en France


Cette semaine, j’ai eu ma demi-journée d’intégration en France. Depuis 2007, la politique de l'’immigration française a instauré cette nouvelle mesure afin d’intégrer les étrangers en situation régulière « dès le début » de leur arrivée en France, et d’empêcher ainsi leur « non intégration » à la société française et tous les problèmes sociaux et économiques qui peuvent en être induits : chômage des immigrés, ghettoïsation des cités, etc…Une sorte d’intégration en Amont…

Sauf qu’un petit détail a dû échapper aux services de l’Agence Nationale de l’Accueil des Etrangers et des Migrations : je suis résident en France depuis 2004, j’ai été diplômé d’une université française et j’ai travaillé dans une banque française avant de travailler aujourd'hui pour une autre entreprise française... Autant dire mon intégration est bien entamnée depuis 4 ans... Mais pour renouveler mon titre de séjour cette année, il m’a été « fortement recommandé » d’assister à cette demi-journée de post-intégration. Le caractère obligatoire de cette « formation » n’est pas explicitement mentionné, mais je me suis vite rendu compte en m’informant que mon absence pèserait sur les futures décisions du préfet de me délivrer -ou pas- mon titre de séjour. Il me fallait donc prouver mon assiduité.

Je me présente donc Jeudi dernier à 13h00 à l’adresse indiquée. Après avoir attendu une demi-heure dehors avec un groupe d’autres étrangers conviés comme moi  à cette demi-journée d’intégration, les portes du centre se sont ouvertes et, après les contrôles d’identité habituels, me voilà placé dans une salle avec une trentaine d’autres étrangers. Une femme entre, nous souhaite la bienvenue et commence par nous expliquer le déroulement de cette demi-journée. En gros, j’étais là pour « m’informer sur la vie en France » et signer « mon contrat d’accueil et d’intégration ».

La demi-journée débute par le visionnage d’un film de 20 mn sur la vie en France. Tout y était : Marianne et son buste, la tour Eiffel et ses lumières, des images de pompiers entrain de secourir des riverains qui ont perdu leur maison suite à des inondations pour illustrer la solidarité à la française, des images de la coupe du monde 1998 remportée par la France (présentée comme symbole de la France ?), etc. On nous a rappelé les valeurs de la République : droits de l’homme, laïcité, égalité hommes-femmes, interdiction du port de signes religieux ostentatoires, le devoir de payer ses impôts, etc… Et la voix-off qui insistait : « en France, les femmes n’ont pas besoin de l’autorisation du père, ni celle du mari ou du frère pour travailler » avec comme image de fond une femme qui conduit une voiture…Le film se termine par une information importante : les secteurs du bâtiment et de restauration sont particulièrement en recherche de travailleurs…

Après ce film très informatif, j’ai attendu 2h pour être reçu par « une auditrice sociale ». Pendant ces deux heures d’attente, le défilé des auditeurs sociaux n’a pas cessé. Chaque 15 mn, l’un d’entre eux se présentait en appelant un étranger par son nom et en lui demandant de le suivre. Les auditeurs eux-mêmes étaient manifestement issus de l’immigration et parlaient avec un fort accent : il y a avait des latinaux, une chinoise (qui n’auditait que les étrangers chinois qui étaient présents), etc. J’ai personnellement été reçu par une auditrice qui devait venir d’Europe de l’Est. Elle a vérifié les informations qui s’affichaient sur son écran, a complété mon dossier en saisissant de nouvelles informations qui n’y figuraient pas (mon statut, mon travail actuel, etc…). Puis elle m’a remis mes diplômes ! 

Eh oui, j’ai été deux fois diplômé cet après-midi : j’ai reçu « une attestation d’information sur la vie en France » qui prouvait que j’ai bien bénéficié de la formation sur la vie en France, ainsi qu’une « attestation ministérielle de dispense de formation linguistique », mon niveau de français ayant été jugé « satisfaisant ». J’ai signé mon « contrat de bienvenue en France », précieux sésame à montrer au préfet dans 12 mois, pour lui prouver ma bonne volonté quand je demanderai mon renouvellement de titre de séjour…Mais j’en ai pas terminé avec la paperasserie : il me reste un troisième diplôme à avoir en poche pour être complètement « intégrable » en France : mon diplôme de formation civique ! Je suis obligé de me présenter prochainement à une journée de formation civique sur l’organisation et le fonctionnement de l’Etat et de ses institutions, et sur les principes fondamentaux de la république française, notamment la Liberté, l’Egalité, la Laïcité et la Solidarité. Le repas nous sera gentiment offert, nous a-t-on précisé…

Tout cela n’est pas inutile : parmi les étrangers présents à cette demi-journée, certains comprenaient / parlaient mal le français. L’Etat français s’engage à leur offrir une formation linguistique adaptée à leur niveau. Mais je doute sérieusement de l’utilité et de l’efficacité de l’information sur la vie en France, du moins telle qu'elle est fournie. A mon avis, l’intégration à la société française passera naturellement et mieux par le travail et par l'octroi d'un vrai statut social. Comment résoudre les problèmes complexes de l’intégration des immigrés en France, juste en leur montrant un film sur la vie en France ? Et les jeunes « voyous » de banlieue, qui ont cramé tant de voitures en 2005, auraient-ils été mieux assimilés à la société française s’ils disposaient du « livret d’accueil Vivre en France » qui m’a été remis à l’issue de cette demi-journée ? L’intégration ne passe-t-elle pas plutôt par l'application de la non discrimination et de l’égalité des chances ? Ce qui est sûr, c’est qu’il faut vraiment être motivé pour supporter la lourdeur du processus…Et dans ce sens, l'immigration en France est bien devenue "choisie"...

01 mai 2008

Quand les journalistes tunisiens donnent des leçons aux français

Ils ont attendu que le président français et la délégation qui l’accompagnait ne repartent chez eux pour attaquer. En « réponse à certains médias français », sans citer lesquels précisément, La Presse, ce quotidien qui est pourtant loin d’être un modèle dans la profession, nous a pendu une tribune où les jounalistes français sont accusés pêle-mêle de partialité, de racisme, de dénigrement et de néo-colonialisme. Quelques extraits du brouillon :

En effet, non seulement ces médias font fi de la déontologie journalistique qui exige qu’on écoute toutes les parties concernées pour que l’information soit impartiale, mais ils semblent nous dicter de nouvelles règles d’un ancien ordre colonial que nous avons cru avoir enterré. (…)Il est vrai que dans le subconscient de certains esprits rêveurs d’un ordre anachronique révolu, le développement et le progrès sont exclusivement réservés à une certaine race.

Les français sont racistes et veulent nous recoloniser. Facile et classique…

Toutefois, cette fixation haineuse sur la Tunisie dépasse l’imaginaire puisque ces médias non seulement refusent de voir notre pays se développer, progresser et se moderniser mais ils veulent nous imposer de nouvelles règles internationales visant à porter préjudice à l’honneur des uns et des autres et à accuser les Etats et les institutions sans que ces accusés ne puissent se défendre.

La victimisation, l’argument des faibles…

Il suffit qu’ils lisent les journaux tunisiens pour qu’ils s’aperçoivent qu’aucun sujet n’est tabou dans notre pays

Oui, il suffit de le faire, ca saute aux yeux…

Le masque de ces médias est tombé

Et malheureusement, celui des médias tunisiens pas encore…

30 avril 2008

Main d'oeuvre du Sud et Intelligence du Nord...


Ce sont, pour Nicolas Sarkozy, les deux ingrédients essentiels pour construire une Union pour la Méditerranée forte et résistante face à la montée des dragons asiatiques.

Le président français a en effet sa propre conception de cette Union, où il distingue au Sud "une main d’oeuvre qui ne demande qu’à être formée", et au Nord "beaucoup d’intelligence et beaucoup de formation". Il pense qu' "Ensemble, le Nord de la Méditerranée et le Sud de la Méditerranée, on peut créer un pôle gagnant-gagnant qui concurrencera l’Asie, créer un modèle qui triomphera dans le monde entier".


Ainsi, après sa mission civilisatrice du début du siècle dernier qui l'a conduit à coloniser tout un continent du Sud, pour le bien des millions d'indigènes qui l'occupaient, l'homme européen serait désormais prêt pour sa prochaine mission: sa mission "formatrice" qui consistera à diffuser son intelligence...

Lors d'un discours prononcé à Monaco le 25 Avril 2008, Sarkozy a aussi déclaré:« J'ai fait un rêve, c'est que les peuples de la Méditerranée du Nord comme du Sud soient aussi imaginatifs et courageux que les peuples d'Europe continentale »

Le Sud est-il à ce point dépourvu de toute intelligence, Mr le président, comme vous le sous-entendez? Ou l'intelligence, tout comme le génie et le courage, seraient-ils des exclusivités européennes?

Dans la continuité de son discours de Dakar, où il a déclaré que "l'Afrique n'est pas assez rentrée dans l'histoire", Sarkozy continue à mépriser ce continent en employant un ton condescendant et néo-colonialiste. Sous les applaudissement des patrons tunisiens...
Source: Snut

29 avril 2008

Discours de N.Sarkozy

Voici le discours complet de Sarkozy, prononcé hier lors du diner offert par le président tunisien:
Cliquez ici pour la vidéo.

Monsieur le Président de la République,
Permettez-moi d’abord de vous remercier pour la chaleur et la qualité de l’accueil que vous nous avez, une nouvelle fois, réservé, ainsi que pour les paroles si amicales que vous venez de prononcer.
J’ai souhaité faire du renouveau de la relation entre nos deux pays une priorité de mon action et c’est déjà la seconde fois que je me rends en Tunisie depuis mon élection, il y a moins d’un an.
Et pour chacun de ceux qui m’accompagnent autant que pour moi-même, c’est toujours une grande joie de retrouver la Tunisie. L’un de nos plus grands auteurs, Flaubert disait, avec une certaine justesse, qu’en Tunisie « le climat y est si doux que l'on oublie d'y mourir ». A travers l’Histoire, qui n’a succombé aux charmes de cette Tunisie ? Je pense à Ulysse et à ses aventures qui, de passage sur l’Ile des Lotophages, l’actuelle Djerba, ne parvenait plus à en faire revenir ses hommes. Vous avez noté que nous ne nous sommes pas arrêtés à Djerba. Je pense aux Phéniciens, qui se sont installés ici pour porter leur civilisation à son plus haut degré de raffinement. Je pense à Hannibal le Carthaginois qui a puisé dans ces lieux sa fougue, et pourquoi ne pas le dire, son inspiration de stratège. Je pense à Saint-Augustin et Ibn Khaldoun qui y ont enraciné, ici en Tunisie, leurs visions de la foi et de la Cité.
Tous ont aimé votre terre qui allie beauté et ouverture sur le monde.
La Tunisie est le cœur de la Méditerranée. Et c’est ici que se rejoignent les côtes orientales et occidentales de notre mer commune. Tunis est aussi proche de Nice que Nice ne l'est de Dunkerque !
La Tunisie, méditerranéenne au nord, saharienne au sud, terre natale de plusieurs papes tout en abritant l’une des premières villes saintes de l'Islam et, de surcroît, l’une des plus anciennes synagogues, bâtie sur une pierre du temple de Salomon, la Tunisie est donc un carrefour, le carrefour de l’Histoire et le carrefour des civilisations. La Tunisie, c’est d’abord l’œuvre de la volonté des hommes et, pourquoi ne pas le dire, Monsieur le Président de la République, j’aime votre proverbe, ce proverbe tunisien : « la différence entre un désert et un jardin n’est pas l’eau mais l’homme ». C’est cet héritage historique assumé dans sa diversité qui fait l’identité de la Tunisie et qui explique son ouverture et son esprit de tolérance.
Je sais, Monsieur le Président, le prix que vous attachez au dialogue des civilisations. Une chaire de l’Université de Tunis porte votre nom pour permettre à de grands esprits arabes et européens de se rencontrer, d'échanger et de bâtir dans ce respect mutuel sans lequel il n'y aurait ni paix, ni harmonie, ce dialogue indispensable, et Dieu sait que l’Orient et l’Occident ont besoin de dialoguer et que nous autres, nous avons besoin de trouver les voies de l’ouverture de la rencontre et de l’échange avec le monde arabe.
Vous avez été, Monsieur le Président, parmi les premiers à apporter votre appui au projet d'Union pour la Méditerranée. Cela ne m’a pas surpris. Après tout, pionnière dans ses relations avec l'Europe, la Tunisie a été le premier pays à avoir signé, dès 1995, un accord d'association avec l’Union européenne et la Tunisie est le seul pays aujourd'hui, au sud de la Méditerranée, à avoir mis en place une zone de libre échange avec l'Europe pour les produits industriels ? La Tunisie a bien compris que l'initiative de la France, vise à associer sur un pied d'égalité, -et j’insiste sur ce mot- et à travers des projets concrets et -j’insiste sur les projets concrets-, l'ensemble des Etats et des peuples, qui partagent une communauté de destin autour de notre mer commune. Je sais pouvoir trouver ici, dans cette Carthage, qui symbolise ce que la Méditerranée a apporté de plus beau et de plus riche aux échanges entre les hommes, l’inspiration et le soutien qui feront de l’Union pour la Méditerranée le plus beau des cadeaux que nous puissions faire à nos enfants.
Entre nos deux pays, entre nos deux peuples, la géographie et l’histoire ont tissé des liens exceptionnels. Ah quand même Monsieur le Président de la République, les Tunisiens ne peuvent pas oublier que c’est dès 1577 que la France fut le premier pays à nouer des relations diplomatiques avec la Tunisie ! Je veux dire le premier pays d’Europe. Alors, nous avons en partage une histoire faite de quelques ombres mais il y a aussi beaucoup de lumière. Aujourd'hui, sans oublier le passé, nous voulons, vous et moi, regarder résolument vers l'avenir !
Que de choses rapprochent et lient indéfectiblement nos deux peuples ! Paradoxalement, il nous faut veiller à ce que ces liens si étroits, si denses, si naturels et parfois si complexes ne tombent pas dans la routine car rien n'est jamais acquis pour toujours. Nous devons sans cesse revitaliser cette relation pour qu'elle réponde aux aspirations nouvelles de nos sociétés.
J'ai voulu que la délégation française incarne cette large communauté d'hommes et de femmes qui partage un même attachement à nos deux pays. Ces Françaises et ces Français dont les racines sont en Tunisie et qui restent liés au pays de leurs parents et de leurs ancêtres ; mais aussi, Monsieur le
Président de la République, ces Tunisiens qui se sont installés en France et y ont fait souche sans oublier la terre d'où ils viennent. Les hautes responsabilités qu’ils occupent dans toutes les sphères de l’Etat et de la société témoignent de leurs qualités. 600.000 Tunisiens ou Franco-tunisiens vivent dans l'harmonie en France, et 25.000 compatriotes résident heureux ici, en Tunisie. Je veux saluer l'accord exemplaire qui vient d'être signé entre nos Ministres qui va faciliter la circulation des personnes, des familles et des professionnels. La France est un pays ouvert et accueillant pour ceux qui veulent y venir régulièrement.
Au premier rang des échanges, et c’est peut-être le plus important pour l'avenir, est la question du partage du savoir. 10.000 étudiants tunisiens fréquentent nos grandes écoles et nos universités. C’est une tradition bien ancienne. Déjà, au XVIIème siècle, on trouvait ce que l'on appellerait aujourd'hui un ''accord d'équivalence'' permettant aux lycéens tunisiens d'accéder librement à la Sorbonne ?
Il est remarquable que les Tunisiens constituent le premier contingent étranger à l’Ecole polytechnique. A l'Université de Dauphine, le vice-président a été consacré en 2005 meilleur jeune économiste de France, il est franco-tunisien.
Aujourd'hui, il nous revient de mettre en place des formes nouvelles d'échanges culturels et éducatifs.
Je soutiens la création tout-à-fait originale de l'Université Dauphine-Tunis. Voici un établissement
tuniso-français de grande qualité. Inséré de manière harmonieuse dans le tissu éducatif tunisien, ce pôle universitaire d'excellence a vocation à rayonner en Méditerranée et en Afrique.
Face à une compétition internationale de plus en plus féroce, nos cadres doivent s’allier, nos chercheurs doivent s’allier, nos entreprises doivent s’allier. C’est cette alliance qui fera notre force, pour améliorer notre compétitivité et notre attractivité.
Pour que les civilisations se rencontrent, pour que les hommes se parlent, il faut la confiance. A ceux qui pensent que l'humanisme est une invention occidentale et qui regardent donc les autres avec un peu de suffisance, je veux rappeler que Tunis a aboli l'esclavage en 1846, deux ans avant Paris, et que la Tunisie fut, en 1861, le premier pays arabe à se doter d’une constitution. Plus tard, le Président
Bourguiba a fait, le jour même de l'indépendance de votre pays, un double choix fondamental : celui de la modernité pour les Tunisiens, femmes et hommes, et celui de l'amitié avec la France. L'année même de l'expédition de Suez, alors que la guerre en Algérie déployait ses drames, ce choix n'était pas un choix évident. Il a été courageux et visionnaire pour l’amélioration et la modernisation de la société, je pense notamment à la condition de la femme tunisienne, avec l'adoption du Code du Statut Personnel. Je veux dire qu’un tel statut était en avance non seulement sur les pays de la région mais aussi sur des pays européens où le principe d'égalité ne s'appliquait pas alors totalement à la femme.
Monsieur le Président, vous avez repris cet héritage et cette vision. La situation juridique et matérielle de la femme tunisienne s'est encore améliorée grâce à votre souci de veiller à ce que le droit de la femme soit une réalité vécue et non de simples textes juridiques. Des femmes occupent des postes de responsabilité à la fois dans le public et dans le privé. Et je veux noter que l’UNESCO a récemment honoré deux physiciennes tunisiennes de très haut niveau.
La scolarisation dans le primaire et dans le secondaire des femmes, des jeunes filles est comparable en Tunisie à celle des pays de l'OCDE. Et ce sera bientôt le cas pour l'enseignement supérieur, comme nous souhaiterions qu’il en soit ainsi dans tous les pays arabes. Et, en terme de revenus, la Tunisie va rejoindre d'ici la fin de la prochaine décennie des pays européens comme le Portugal ou la Grèce.
Signataire des grandes conventions des Nations unies, votre pays s'est engagé dans la promotion des droits universels et des libertés fondamentales, en respectant -et Monsieur le Président de la
République, j’y suis très sensible, parce que c’est une question qui m’a toujours passionné- un moratoire strict sur la peine capitale à laquelle naturellement j’ai toujours été opposé à titre personnel.
Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants, que je veux saluer, et qui font écho à ce que disait déjà feu le Président Bourguiba lorsqu’il confiait : « Je suis réaliste. Etre réaliste, c’est préférer une réforme modeste, qui en permet une autre, à un miracle impossible ». Je sais d’où vous venez Monsieur le Président de la République, d’où vient la Tunisie et la Tunisie peut se comparer sans rougir à tant d’autres pays.
Ces signaux, ces réformes s’inscrivent sur un chemin, étroit et difficile, mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus sans lesquels un pays n’est pas un grand pays. Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l’avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur. Je viens d’un continent dont l’histoire, y compris l’histoire récente, recèle des tragédies abominables et je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m’ériger en donneur de leçons. J’ai pleinement confiance dans votre volonté de voir continuer à élargir l’espace des libertés en Tunisie. Nous en avons parlé vous et moi.
Je veux dire pour terminer ma conviction que sur la base de la relation de confiance qui existe entre la Tunisie et la France à laquelle je suis très attaché, nous pouvons bâtir ensemble un avenir meilleur.
C’est l’enseignement que nous devons conserver d’un Tunisien illustre, le poète latin d’origine berbère Terence, qui avait coutume de dire : « Je suis un homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».
Un avenir meilleur pour nos enfants, qui passe par le règlement des conflits au Proche-Orient. Il ne faut pas que l’espoir retombe. Je l’ai dit à mes amis israéliens. La sécurité d'Israël passe par l’arrêt complet de la colonisation. Etre un ami, c’est dire ce que l’on pense. Cela passe aussi par la création d'un Etat palestinien moderne et viable. Cela passe également par la sécurité garantie à l’Etat d’Israël.
Je n’ai pas deux discours, un discours à Paris et un autre discours dans d’autres capitales.
Je veux aussi et enfin rendre hommage, Monsieur le Président de la République, à votre lutte déterminée contre le terrorisme, qui est le véritable ennemi de la démocratie. Et croyez bien que pour la France, la lutte contre le terrorisme engagée ici, c’est important. Car qui peut croire que si demain, après-demain, un régime de type taliban s’installait dans l’un de vos pays, au nord de l’Afrique, l’Europe et la France pourraient considérer qu’ils sont en sécurité ? Et j’appelle chacun à réfléchir à cela. Et c’est bien la raison pour laquelle je souhaite que l’énergie du futur, le nucléaire, des pays comme le vôtre puissiez y accéder. Parce que, grâce à l’énergie du futur, on aura le développement et la croissance et donc la misère qui reculera. Et vous savez parfaitement que les terroristes se nourrissent de la misère et de l’exploitation des peuples. Et c’est par le savoir et par la croissance qu’on luttera contre les terroristes. Et je sais aussi qu’on ne combat pas les terroristes -j’ai été ministre de l’Intérieur- avec les méthodes des terroristes. Et c’est pourquoi je suis si attaché à la coopération entre nos services.
La France est fière d'être le premier partenaire de la Tunisie dans tous les domaines. Soyez convaincu, Monsieur le Président de la République, qu'elle entend rester résolument aux côtés de la Tunisie pour vous aider à poursuivre l'œuvre de modernisation et de développement qui est la vôtre. Et je mesure bien ce que cela peut représenter comme effort dans un pays comme le vôtre que de tirer toute la société vers le développement, vers le savoir et vers le respect des individus.
La relation entre nos deux pays est faite de confiance, de respect, d'estime et d'amitié. Elle est tournée vers l'avenir.
C'est fort de cette conviction Monsieur le Président de la République que je veux lever mon verre à votre bonheur personnel, au bonheur de votre famille si cruellement endeuillée, il y a peu de temps, lever mon verre au bonheur de votre peuple et de la Tunisie et vous dire, Monsieur le Président de la
République, au nom de la délégation que je conduis et, si elle le permet, au nom de mon épouse, combien nous avons été sensibles à la chaleur de votre accueil.
Mesdames et Messieurs, Vive la Tunisie ! Vive la France !
Vive l’amitié entre les peuples tunisien et français !

Vaut mieux un Ben Ali qu'un Ben Laden...


Nicolas Sarkozy s'adressant à son homologue tunisien:

"Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m'ériger en donneur de leçons. Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse [en Tunisie]. J'ai pleinement confiance dans votre volonté de vouloir continuer à élargir l'espace des libertés en Tunisie. Qui peut croire que si demain, après-demain, un régime du type taliban s'installait dans un de vos pays au Nord de l'Afrique, l'Europe et la France pourraient considérer qu'elles sont en sécurité ? J'appelle chacun à réfléchir à cela."

La sécurité: voilà la raison et l'enjeu du "soutien" et de "l'estime" de Sarkozy et de l'Union Européenne aux dirigeants nord africains. La pensée de Sarkozy peut se traduire ainsi : tout pays arabo-musulman est susceptible de se "talibaniser", indépendamment de son histoire, de son voisinage, de ses progrès, de son degré d'ouverture et des aspirations de son peuple. Et ce peuple, l'un des plus éduqués du monde arabo-musulman, lui a-t-on demandé son avis? Un peuple qui est réduit dans ces propos au statut de marionnette assistée...et incapable de décider de son propre sort!

Mise à jour: Je reprends une partie de l'éditorial du Monde d'aujourd'hui, en réaction aux déclarations de Sarkozy, et auquel biensûr j'adhère:

Le chef de l'Etat est ainsi parfaitement fondé à vouloir développer plus avant les relations avec la Tunisie. C'est de bonne politique et de bon voisinage, avec un partenaire méditerranéen que la France ne saurait ignorer. M. Sarkozy aurait dû s'en tenir là. Il a cru devoir aller plus loin, et il a eu tort.

Lors d'un dîner offert par le président Zine el-Abidine Ben Ali, le chef de l'Etat français a assuré : "Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse (en Tunisie). Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer." C'est une contre-vérité. Aucune ONG, aucun observateur sérieux, tunisien ou étranger, ne peut porter un tel jugement. Dans un pays où le président s'installe au pouvoir à vie, fait tabasser par des voyous, emprisonner, voire torturer, ses opposants et ne tolère qu'une presse à son service, "l'espace de liberté" régresse. Personne ne demandait à M. Sarkozy de se poser, comme il l'a dit, en "donneur de leçons". Le chef de l'Etat aurait pu choisir le silence, qui eût été une forme de décence. Avec ce satisfecit décerné au régime Ben Ali, il fait une bien mauvaise manière aux courageux démocrates tunisiens.

Pourquoi ? Probablement au nom de ce raisonnement : c'est Ben Ali ou les islamistes. Voilà qui ajouterait l'erreur d'analyse à la contre-vérité : l'islamisme se nourrit de la suppression de toute opposition, de toute vie démocratique ; il fleurit sur le terreau de l'autocratie, quand la mosquée devient le seul espace de contestation. A Tunis ou ailleurs.

26 avril 2008

Déclarations avant la visite de Nicolas Sarkozy en Tunisie

Questionné sur ses attentes lors de la visite de 3 jours du président Sarkozy en Tunisie à partir de Lundi 28 Avril, le président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), Me Mokhtar Trifi, a déclaré: "Le commerce, l'énergie, la lutte contre le terrorisme, c'est important, mais M. Sarkozy doit aussi utiliser sa grande influence sur la Tunisie pour y promouvoir la démocratie".

Questionné sur les projets du président Sarkozy lors de sa prochaine visite en Tunisie, un diplomate français a déclaré: "Tout n'est pas parfait, mais il est important de souligner ce que sont les réalités de la société tunisienne d'aujourd'hui" citant le statut de la femme "sans équivalent dans les pays arabes" ou "le moratoire sur la peine de mort". "Un dialogue confiant est peut-être plus productif que des proclamations publiques dont on sait qu'elles ont le don de provoquer une crispation".

Sarkozy a prévu dans son programme de visite un bain de foule sur l'Avenue Habib Bourguiba Lundi à 17h, une cérémonie de dépôt de gerbe au monument des Martyres de Séjoumi et une visite de la Médina de Tunis et de la Mosquée Zitouna mardi matin, une visite du site archéologique de Carthage et une allocution à l'Institut National des Sciences Appliquées et des Technologies (INSAT) Mercredi.

Dans sa valise : une centrale nucléaire, quelques airbus et quelques rames de métro.

AFP et l'Elysée

20 décembre 2007

Titre de séjour


L'une des pires formalités à se coltiner quand on est étudiant étranger en France, c'est le renouvellement son titre de séjour! On s'habitue assez vite à la pile de papier qu'il faut préparer, comme le justificatif de domicile ou d'études, même si je trouve ça exagéré qu'il faille présenter ses relevés bancaires de toute l'année précédente pour justifier des 450 euros mensuels obligatoires de ressources, ou encore justifier son assiduité et son sérieux en tant qu'étudiant: pourquoi les étudiants étrangers devraient-ils être plus assidus que les étudiants français?
Mais ce que je ne comprend toujours pas, c'est que à chaque année, c'est toujours les mêmes problèmes d'organisation et de gestion des dossiers qui se posent!
Je me suis connecté sur le site de la prefecture le 1er Novembre, soit deux mois avant la fin de validité de mon titre de séjour, pour réserver un rdv. Premier rdv disponible: le 8 janvier! Ce qui ne m'arrangeait pas trop, car la banque dans la quelle je suis stagiaire m'a demandé de lui présenter mon nouveau titre de séjour pour qu'ils puissent me signer ma convention sur la période qui dépasse la date de fin de validité de mon titre...J'ai donc décidé d'y aller sans rdv et essayer de leur expliquer la particulaité de mon cas...Je dis bien essayer, car les fonctionnaires de la prefecture n'aiment pas trop la discussion, ni les explications...
J'arrive donc à 8h30 du matin mardi dernier, et il y avait déjà une centaine de personnes devant moi. Une demie heure plutard, la queue longeait le mur du bâtiment dehors... j'avais la chance d'attendre à l'intérieur, car ceux qui attendaient dehors devaient avoir très froid, il faisait -1°...
Et le premier incident n'a pas tardé à éclater: un marocain, fils de diplomate, a cru que son statut particulier pouvaient lui conférer certains avantages, il a donc évité de faire la queue comme tout le monde, et essayé d'entrer par une autre porte reservée aux employés. C'est là qu'un agent antillais (ils sont presque tous des français issus des DOM TOM à la prefecture, je n'ai toujours pas compris pourquoi...) l'a attrapé et lui a fait passer un sale quart d'heure...Sous les cris de l'agent, le marocain s'est excusé. Et tout en lui faisant la morale, l'agent l'a trainé avec lui jusqu'en tête de queue, lui permettant ainsi de passer avant tout le monde...
J'étais dans la queue juste derrière un libanais et deux marocaines, qui prenaient la situation avec humour, même si pour deux d'entre eux, c'est le deuxième jour de suite qu'ils retournent à la prefecture...Ils devaient certainement être habitués des lenteurs administratives, comme je l'étais aussi bien malgré moi: j'ai fait une formation intensive en "administration tunisienne"...
Par contre, les chinois faisaient tous une tête de mort...Ils avaient tous peur, étaient stressés et enervés...Une latino américaine a tenté d'avancer dans la queue, avant qu'une tunisienne ne s'en rende compte et qu'elle le lui fait remarquer avec beaucoup de "Sam" (venin)...Et il y avait aussi un algérien qui rallait, qui revendiquait et qui critiquait. Il disait tout haut qu'on était traités comme du bétail, ce qui même si c'était exagéré, n'était pas totalement faux...on était entassés, même si on était au chaud, et l'accueil était mauvais. Le plus insupportable, ce sont les cris des agents...
Ils sont, à la prefecture, clairement sous-staffés. Un agent disait qu'ils devaient traiter entre 250 et 350 dossiers par jour. Ce qui a empiré les choses cette année, ce sont les grèves de transport du mois de novembre. Du coup, des rdv datant de ce mois ont été reportés à décembre.
J'étais désormais presque sûr que je n'allais pas pouvoir déposer mon dossier ce jour là, surtout que je n'avais même pas de rdv. J'ai quand même continué à faire la queue, pour tenter de négocier, à la tunisienne, c'est à dire en ne lâchant l'agent qu'au moment où il trouve une solution à mon problème. Et la solution est que j'y retourne la semaine prochaine, avec la mention "prioritaire" inscrite sur mon dossier...
A suivre...

19 novembre 2007

Assez de grèves!


On n'entend plus parler que de grève en France depuis des semaines. Et demain ca fera déjà une semaine que la grève des transports a commencé. Au quotidien, ca peut vraiment être pénible et très fatiguant...Car il faut chaque jour au réveil penser à une solution pour aller au boulot, puis rentrer chez soit en fin de journée...

Les premiers jours de grève, ma motivation était encore intacte ce qui m'a permis de faire 160 mn de marche aller/retour maison-boulot par jour. Les jours suivants, le froid matinal a commencé à épuiser ma patience: c'est moins facile de marcher du 20ème arrondissement jusqu'au 2ème quand il fait juste 3 ou 4 degrés le matin. La pollution, le traffic et la mauvaise humeurdes usagers finissent par te démotiver, et aujourd'hui je commence à avoir marre de cette grève...

Pourtant, j'ai essayé toutes les solutions alternatives à la marche à pied: j'ai attendu comme tout le monde durant de longues minutes les rares rames qui circulent dans le métro, mais il faut faire l'expérience de prendre le métro en période de grève et en heure de pointe une fois dans sa vie pour y renoncer après. Entassés comme des sardines, les gens se disputent, se crient dessus, ralent, s'insultent, etc.. Il faut biensûr ne pas être clostrophobe et avoir le souffle d'un plongeur professionnel...Une expérience bien désagréable, aussi désagréable que de prendre le bus jaune en Tunisie...

Il y a aussi la solution vélib. Mais louer un vélo est une opération quasi-impossible ces jours-ci, les gens se sont rués sur tous les vélos disponibles, ce qui fait qu'on n'en trouve jamais, ou si on en trouve, il y a toujours quelque chose qui cloche (une chaîne qui manque, un siège décolé, etc...).

Quand je pense qu'il ont encorere conduit la grève pour demain, et que les négociations ont du mal à avancer et que rien ne garantit encore un retour à la normal prochainement, je me demande comment je vais pouvoir tenir ce rythme infernal plus longtemps...Je suis bien d'accord avec le principe de défendre ses droits (droit à la grève, droit à une retraite convenable...); mais jusqu'à quand ca va durer? Je doute fort que l'opinion publique puisse continuer longtemps à supporter ces mouvements de grève, les gens sont de plus en plus nombreux à exprimer leur ras le bol...

21 août 2007

Un Etat de droit

Elle: Ministre de la justice de la République Française


Lui: Son frère, condamné à un an de prison ferme pour trafic de drogue

Dommage pour lui qu'il ne soit pas tunisien, car dans ce cas, non seulement il n'aurait pas été jugé, mais en plus on l'aurait peut être honoré de l'insigne de l'ordre du mérite national!

24 juillet 2007

438 enfants Lybiens= 6 citoyens bulgares= 460 million de $

Ce Kaddafi est un vrai F.D.P., il a bien su tirer son épingle du jeu de cette affaire qui dure maintenant depuis 8 ans! Aujourd'hui, un avion de la République Française venant de Tripoli s'est posé en milieu de journée à l'aéroport Bulgare de Sofia. A bord se trouvaient les 5 infirmières et le medecin bulgares, accompagnées par Mme Nicolas Sarkozy, dont le rôle encore obscur dans cette affaire a été déterminant pour arriver à cette issue positive.
Le symbôle est fort et percutant: la France, représentée par sa nouvelle Marianne fraîchement élue comme première dame de la République, a eu le dernier mot face à ce tyran de Kaddafi en ramenant les pauvres victimes chez eux! Un message envoyé à la caummunauté internationale, et à commencer par les autres membres de l'Union Européènne, pour dire que la France retrouve sa place éclatante sur la scène internationale. Il fallait que l'hyperprésident Sarkozy signe un premier succès international, il a saisi cette opportunité et encore une fois, il y a réussi! C'est que le Monsieur est bien habitué aux opérations de sauvetage urgentes: tout le monde a encore dans l'esprit l'image de Sarkozy tenant dans ses bras un enfant dont il a pu négocié la libération avec un forcené qui tenait en otage une classe de maternelle dans la banlieue Parisienne. Dès lors, le fin négociateur Sarkozy a montré de quoi il était capable!
Sauf que dans ce cas, il avait en face de lui un gros dindon hyper susceptible, imprévisible, au pouvoirs acquis, et dont le vieil esprit peut très facilement divaguer d'une bêtise à l'autre. Face à ce gros obstacle, Sarkozy décida d'employer les gros moyens en envoyant sa belle et fraîche femme, Mme la présidente, grand symbôle de la classe et du raffinement à la française, aller quémender avec Mr Green le révolutionnaire, envoyant par la même occasion son Ministre des Affaires Etrangères, le Dr humaniste, sur le banc de remplacement!
"La belle et la bête" se sont rencontré pas moins de trois fois lors de deux déplacments de la first Lady. De quoi ont-ils parlé? Qu'ont-ils négocié? Lui a-t-elle offert une petite gâterie française pour l'amadouer? Le mystère persiste. Tout ce qu'on sait, c'est que le mari n'était pas bien loin, il a appelé chaque heure pour suivre l'évolution des négociations et donner les derniers ordres..
Quant à l'enfant Kaddafi, il semblerait qu'il n'a pas été très sage et qu'il n'a pas arrêté de demander cadeaux et contreparties...Il parraît même qu'il a commandé une autoroute toute prête!
Sarkozy, n'ayant pas mis des autoroutes en réserve dans les tiroirs de l'Elysée, a pu ramener le guide vert à la raison, en lui promettant des accords politiques et économiques, et une visite de deux jours à partir de demain...Mékhidht bi khaterou!
Le président Lybien s'en tire quand même pas mal. Malgré toutes les preuves qui ont innocenté les infirmières et le médecin et qui ont incriminé à la place l'hygiène du milieu hospitalier Lybien, malgré les centaines de lèches Q européens et américains qui se sont attablés avec le guide fou sous sa tente dans le désert Lybien pour lui toucher quelques mots sur cette affaire, malgré la lettre que Sylvie Vartan, l'ex grande star et chanteuse franco-bulgare, a envoyé au président Lybien, ce dernier n'a pas lâché d'un poil. On l'a bien fait chier avec l'affaire de l'attentat de Lockerbie et les 10 millions de dollars qu'il a dû payer à chaque famille des 270 victimes américaines, il comptait bien rendre l'appareil et profiter à son tour pour faire payer les indemnités dûes aux familles Lybiennes par les autres. A un détail près que la vie d'un Lybien, Africain, arabe, musulman ne vaut que le 1/10 de la vie d'un Américain supérieur...Mais ça, c'est une autre histoire, c'est simplement dû à la loi du marché, le cours de l'arabo-musulman étant en chutte en ce moment...
Il ne faut pas oublier que le guide "emsakhan aktafou" avec tout le pétrole que renferme ses terres, et avec tous les contrats d'achat d'armes et d'avions qu'il pouvait refuser de signer à tout moment, puisqu'il est le seul à décider dans son pays...Ahh la magie du pouvoir centralisé en un seul homme!
Quant aux arabes, aux autres dirigeants arabes, qui auraient pu s'interesser ne serait-ce qu'un peu à cette affaire, vu que l'un des bouc émissaires de kaddafi n'est autre qu'un médecin Palestinien... pas un bruit, pas le moindre petit son ou mot n'a été entendu de leur part...Au point de pousser ce palestinien à accepter les bras tendus de la Bulgarie, en ayant recours à la naturalisation...
Aujourd'hui, cette affaire a eu un bon dénouement, les bulgares sont chez eux, sains, saufs et libres puisqu'ils ont bénéficié d'une grâce présidentielle... Attendons maintenant les nouvelles révélations sur cette passionnante affaire géo-politico-humanitaire! A suivre...