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15 février 2009

A propos de qualite de vie en Tunisie..

Loin de moi l'idée de gâcher la fête qui se poursuit depuis 3 jours - depuis le dernier classement de la Tunisie au Top des pays arabes selon l'indice de qualité de vie de International Living-, il me semble que ces indicateurs sont plus pertinents et leur intérprétation plus juste quand on fait attention à leur évolution dans le temps, d'une année à l'autre. Chose qu'aucun journal ou média tunisien n'a pensé à regarder, se contentant de récupérer l'information pour accorder un énième satisfécit mauve.

Il se trouve que l'évolution de cet indice pour la Tunisie entre 2008 et 2009 révèle une augmentation du cout de la vie de 12 points, une baisse de la note culturelle de 6 points, une baisse de la note de l'économie de 8 points, -3 pour l'Environnement, -8 pour la liberté, -12 pour la santé...faisant que la note globale de la Tunisie a baissé de 3 points:


Country

Cost of Living

Leisure & Culture

Economy

Environment

Freedom

Health

Infrastructure

Risk & Safety

Climate

Final Sco

Tunisia(2008)

58

65

38

68

25

77

38

86

85

59

Tunisia(2009)

70

59

30

65

17

65

38

86

84

56












Quelqu'un s'est-t-il intérrogé sur les raisons de cette baisse de la qualité de vie? Non... Alors, à quoi bon se réjouir de la première place quand le niveau de toute la classe est en baisse?

22 janvier 2009

UMA Vs UPM - Acte 1


J’ai appris deux choses aujourd’hui: la première est que l’UMA existe toujours;  la deuxième est que l’UPM a peut-être finit d’exister… La Libye, qui est actuellement à la présidence de l’UMA,  a annoncé aujourd’hui que les pays de l’UMA allaient « réviser » leur adhésion à ce projet cher à Sarkozy : « Les pays membres de l’Union des pays du Maghreb Arabe ont entrepris la révision de leur participation à l’Union pour la Méditerranée, à cause de l’agression Israélienne sur la bande de Gaza ».

« Réviser » voulant dire en langage diplomatique « remettre sérieusement en question », peu d’espoirs subsistent encore aujourd’hui pour que ce projet ne se concrétise un jour. Une tentative de sauvetage a pourtant été menée par  un « Lobby d’économistes » qui a lancé « l’Appel de Tunis ». Un appel qui n’a pas porté plus loin que Tunis…

Les opinions maghrébines ont commencé à converger au sujet de l'UPM depuis plusieurs mois déjà, depuis le moment où les pays du Maghreb ont compris qu’ils n’avaient finalement pas grand-chose à gagner au deal : beaucoup d’ambition, des moyens faibles, et très peu de changements dans l’équilibre des forces. Le Maroc a boudé l’inauguration en n’envoyant qu’un Prince à la place du Roi ;  La Libye était absente et l’Algérie très discrète. La Mauritanie était invitée au nom de l’UMA. Seule la Tunisie affichait encore un grand sourire Juillet dernier, s’accrochant alors à l’espoir de décrocher le Secrétariat, après avoir perdu le siège, et ce malgré tous ces « atouts »…Décembre 2009, la Tunisie perd aussi le Secrétariat et demande le divorce. Elle rejoint ainsi le club des mécontents,  

S’ils ne se retirent pas officiellement de l’UPM, les pays de l’UMA gèlent le processus avec cette initiative. La guerre à Gaza a favorisé le consensus au sein de l’UMA, et les pays du Maghreb ne s’exposent pas vraiment  en parlant au nom de l’UMA. L’enthousiasme de Sarkozy était grand quand il attribuait à son UPM des vertus de « Normalisation ». C’était sans compter avec le coup de pied dans la fourmilière donner par Israël dans toute la région...

19 juillet 2008

Grands projets en Tunisie: les doutes des Emiratis


Des interrogations demeurent sur les opportunités et les risques engendrés par les futurs grands projets immobiliers, financés à hauteur de 60 milliards de petro-dollars Emiratis (soit deux fois le PNB tunisien) pour les 20 prochaines années. Malgré l'attrait des chiffres annoncés ( 130 000 emplois à créer, 0.6% de points de croissance économique gagnés par an, etc.), et la fausse "adhésion inconditionnelle" de la part de la quasi-totalité des journalistes, les tunisiens demeurent dubitatifs sur la faisabilité de ces projets et sur les bienfaits escomptés...Et ils ne sont pas les seuls!

Car les Emiratis eux-même en doutent, apparamment, ce qui ne veut pas forcément dire qu'ils regrettent d'avoir investit en Tunisie. Dans un article qui repasse en vue les futurs projets Nord Africains, les journalistes émiratis s'interrogent sur la lenteur des démarrages des projets, soupçonnant des effets d'annonce. Ils se demandent aussi si ces projets ne sont pas trop ambitieux pour des économies et des infrastructures relativement "petites" et restreintes. Ils se demandent si l'industrie du bâtiment tunisienne, qui est formée de petites entreprises locales, possède l'expertise, les compétences et l'expérience nécessaires pour bâtir des tours à 40 étages; et si les capacités de production locales en matières première ne seront pas très vite dépassées par la demande croissante de ces projets cumulés. Faible potentiel de marché, concurrence régionale et corruption viennent compléter la liste des risques liés à ces projets:

Furthermore, there are fears that the first developments may suck the market dry. Eighty per cent of Tunisians already own homes and few can afford new million-dollar ones. While the assumption is that these developments will also be pitched to expats, Tunisia faces strong competition from the rest of North Africa, especially Morocco, which opened its property market much earlier and thus has more developed systems in place that reassure foreign buyers. (...) “In my opinion, investing $10bn or so in a new city in Tunisia doesn’t make any sense,” an European Diplomat said. “It seems that the only realistic figure is the percentage of the $10bn that certain people in the local government may expect in commission.”

Les tunisiens, eux, veulent du concret et attendent des effets à court terme, notamment sur les opportunités d'emplois promises. Des offres d'emploi commencent à circuler sur le net, et le doute ne fait qu'augmenter car ces offres s'adressent pour l'instant essentiellement à des cadres étrangers, comme ici ou . Quant à ces villas et appartements de luxe qui vont être construites, les tunisiens doutent de pouvoir y avoir accès, vu les prix chers qui seront probablement proposés.

Enfin, un autre article met en doute les capacités d'adaptation des deux parties, en soulignant la difficulté (et la pertinence?) de transposer les méthodes et le modèle dubaïotes aux pays du Maghreb:

Même s’ils y affectionnent les grands projets, les promoteurs dubaïotes sont extrêmement prudents lorsqu’ils avancent leurs pions dans les pays du Sud. Assistés d’une noria d’avocats, ils verrouillent l’aspect juridique. Et partent du principe que c’est aux autres de s’adapter à leur façon de travailler et à leurs conditions, et non l’inverse. Les Émiratis cultivent un tropisme anglo-saxon très marqué, une approche très business, hyperréactive, souvent informelle, qui est aux antipodes de la culture bureaucratique maghrébine, souvent normative et parfois tatillonne. D’où des frictions à l’origine de retards dans le lancement de certains projets.
Enfin, contrairement à une idée reçue, la plupart des développeurs ne disposent pas d’une trésorerie très importante. Ils n’en ont pas besoin : l’essentiel des appartements de standing et des villas de luxe, dans les émirats, est vendu sur plan, et le premier coup de pioche n’est donné qu’une fois que l’intégralité d’une tranche a trouvé acquéreur. Généralement, quelques mois suffisent à tout vendre : la population de Dubaï croît à un rythme de 8 % par an, et l’immobilier, malgré la crise des subprimes, qui a d’ailleurs peu affecté les pays du Golfe, reste un fantastique placement. Mais ce qui est vrai à Dubaï, à Abou Dhabi ou Qatar l’est-il forcément au Maghreb ? C’est toute la question…

27 juin 2008

Les mouches et la sucette...

Ceci est une pub égyptienne.
La femme: une sucette bien sucrée, bien collante et très attirante.
L'homme: une mouche (à M....?) qui chasse la moindre nourriture...

Pour rebondir sur le sujet évoqué tout à l'heure par Massir , voilà une parfaite illustration de ce qui cloche dans la pensée la plus répandue en ce qui concerne le port du voile: la femme est assimilée à un appât, que le méchant poisson homme ne manquera d'attraper...Une conception qui réduit l'homme à son instinct bestial le plus primaire, et renferme la femme dans un rôle de chaire fraîche prête à consommer!

Pourtant, l'argument convaincra certainement beaucoup de femmes qui penseront qu'en portant leur voile, elle se feront moins draguer ou harceler dans la rue par les hommes, ce qui est loin d'être vrai. Car en observant le comportement de certains hommes, on peut se rendre compte que le voile, au lieu de calmer leurs ardeurs, stimulera au contraire davantage leur imagination.

Le voile peut bien entendu être porté par pure conviction, et c'est on ne peut plus respectable comme démarche. Seulement, quand je vois ce genre de propagande, je me dis que le voile est aussi l'expression d'une frustration sexuelle endémique dans le monde arabo-musulman. Une frustration exacerbée par la lourdeur des tabous sur les questions sexuelles, et due à l'absence de toute éducation en la matière.

Source

26 juin 2008

Pourquoi le monde arabe n'est pas libre?


Francois Xavier, un écrivain spécialiste de l’Orient, fait une synthèse des idées développées par Moustapha Safouan, un Psychanalyste lacanien d'origine égyptienne et né à Alexandrie, dans son essai: Pourquoi le monde arabe n’est pas libre ?

Ce psychanalyste a tenté une introspection du Moi du peuple arabe, et ses conclusions sont plus qu’intéressantes. L’auteur commence par expliquer pourquoi le Moyen-Orient, une région berceau de la civilisation, n’est plus que sang et larmes, régimes dictatoriaux et intégrisme religieux ? Et la réponse de l’auteur va à l’encontre des hypothèses les plus acceptées aujourd’hui, comme l’explique F.Xavier :

Entendons-nous bien, s’il faut chercher une cause, une explication, il faut la chercher dans l’appareil étatique et non dans le religieux. Oui, la religion est conservatrice par nature, mais ce qui caractérise ce conservatisme est la détermination de la communauté à survivre, tandis que le conservatisme de l’État vise à conserver le pouvoir et à réserver les privilèges à ceux qui le servent.

Dès lors, affirmer péremptoirement que la suprématie de l’Occident sur l’Orient tient à la différence entre le christianisme et l’islam, entre un christianisme ouvert à l’argumentation et un islam fermé tel un monolithe est un non-sens !

N’oublions pas que l’islam s’ouvrit à certaines périodes à une très sérieuse et fructueuse discussion entre "ceux à qui appartient le jugement", ashab alra’y, c’est-à-dire les traditionalistes, et "les amis du nouveau", les modernes, ashab alhadith.

Ensuite, lorsque les empereurs chrétiens s’installèrent en Orient, à Byzance, et agirent à l’instar des rois perses, imitant le luxe et la splendeur de leurs cours, la chrétienté commença à décliner. A l’exception des icônes, ils ne laissèrent aucune trace comparable à ce que laissèrent l’islam ou la chrétienté occidentale.

Il serait donc plus juste de dire que l’islam fut victime des nations qu’il envahit, victimes elles-mêmes de régimes politiques et d’appareils administratifs dont le seul propos était d’assurer la domination de l’État sur tous les aspects de la vie. La conséquence en fut que le monde arabe devint une nation prête à applaudir n’importe quel personnage débordé par sa folie mégalomaniaque, prétendant être le Un qui arrangerait tout ... Une nation qui attend après un sauveur ne peut rien vivre d’autre qu’une déception répétée.

Sur la Culture dans le monde arabe, l’auteur accuse l’esprit d’élitisme véhiculé par l’Arabe Classique et par les écrivains qui le pratiquent:

Si nous entendons par ce mot tout ce qui dépend d’une méthode de transmission créatrice, alors nous devons avouer que le monde arabe n’est pas vide de personnes cultivées mais est vide de culture !

En effet, il convient que les écrivains cessent de défendre la culture arabe ou de prédire son avenir mais qu’ils œuvrent à créer cet avenir ! Ils doivent participer à l’émergence d’école où enseigner le dessin, la sculpture, la poésie, la narration, le journalisme, le théâtre, etc. Il faut surtout qu’ils trouvent le courage de rompre la barrière élitiste de l’arabe classique car il lie et aliène le peuple au régime ; et fait des lecteurs un groupe de lettrés qui se lisent les uns les autres mais n’ont aucune communication avec le reste de la population. Ils doivent revenir à la langue vernaculaire car le but de l’écriture est de fournir la matière avec laquelle le peuple pourra articuler une compréhension plus efficace de sa situation.

Aujourd’hui, les Arabes vivent dans des sociétés où le pouvoir politique, malgré son caractère apparemment grotesque, ne suit pas la volonté de la majorité mais celle du monarque, lequel est supposé incarner un idéal paternel.

Dans la culture arabe, cette fascination de l’idéal prend racine dans la fascination exercée à l’aurore de la vie par la figure dite du père imaginaire ou idéal, une fascination qui peut prendre toute une vie pour se dissiper dans ses effets conscients ou inconscients ...

A cela, il convient d’ajouter que chaque langue a inscrite en elle une certaine philosophie que la parole présuppose sans l’expliciter. Par exemple, le français se tourne en premier vers l’universel, puis vers le particulier considéré comme exemple et preuve de l’universel. Parler arabe, par contre, nécessite d’entrer dans un univers bien ordonné où chaque chose est à sa place, où tant l’être individuel que l’univers en général sont protégés du changement. C’est une philosophie que la réalité peut réfuter un millier de fois sans jamais la réfuter, parce qu’elle constitue les prémisses latentes de la communication. Et qui osera se libérer des limites que la langue lui impose ?

A l’origine des origines, à la naissance de l’écriture en Mésopotamie et dans la vallée du Nil, un dogme s’est imposé donnant à l’ascendant de l’écriture une puissance telle que les peuples étaient empêchés de pénétrer ses secrets. En Extrême-Orient et au Moyen-Orient, ceux qui savaient lire et écrire n’excédait pas 3 à 5% de la population car le but de l’écriture était de maintenir les différences sociales entre ceux qui gouvernent et les autres ...

Le résultat aujourd’hui en est flagrant ; d’où l’urgence qu’il y a à convaincre les écrivains arabes d’écrire dans la langue parlée par le peuple et appeler à une démocratie qui soit l’expression réelle des sentiments du peuple. Car si les écrivains arabes ne remplissent pas leur devoir, les Arabes n’auront aucune autre existence que celle que l’Occident jugera convenable - si ce n’est pas déjà le cas ...

Sur la question du terrorisme religieux, l’Islam n’est pas fautif :

Quant à ceux qui veulent fonder leur leadership sur l’islam en appellent à un dire du Prophète, un hadith, qui nous enjoint d’obéir à ceux parmi nous qui ont la charge de la direction (ouli-l-‘amr). Mais nulle part il n’est dit que ceux qui ont cette charge sont les politiciens ou les chefs d’État, ils peuvent tout aussi bien être des enseignants ou des philosophes qui transmettent une branche de leur savoir ... N’oublions pas que le Coran concerne uniquement la relation de l’homme à Dieu, à l’exclusion de toute autre autorité. Le Coran ne dit rien sur l’autorité politique et sur les moyens de gouverner.

Mais par une incroyable supercherie, le hadith qui dit que l’islam est à la fois temporel et spirituel (dunia wa deen) a été exploité pour soumettre le Coran au gouvernement absolu. Si l’islam avait demandé le pouvoir, le Prophète aurait dit que l’islam était un Etat et une religion. Or il ne l’a pas dit.

Ce qui distingue l’islam, c’est d’être une religion qui ne s’est pas institutionnalisée ; à la différence du christianisme, elle n’est pas équipée d’une Eglise. L’Eglise islamique est en fait l’État islamique : c’est l’État qui inventa la soi-disant "plus haute autorité religieuse" et c’est la tête de l’État qui nomme l’homme qui occupe cette fonction ; c’est encore l’État qui construit les grandes mosquées et qui supervise l’éducation religieuse et c’est toujours l’État qui exerce la censure dans tous les champs de la culture et se considère comme gardien de la tradition et de la moralité (sic).

Donc, s’il y a émergence d’un terrorisme islamique, c’est du côté de l’État, et uniquement du côté de l’État, qu’il faut en chercher les raisons.

En (judicieuse) conclusion :

Ainsi, les Arabes subissent trois impostures depuis la nuit des temps : l’isolement du peuple du champ de la pensée par le confinement de l’écriture dans une langue classique ; un pouvoir d’État qui a usurpé cet attribut de Dieu d’être celui qui "a le savoir de l’interprétation finale" ; la soumission à l’imposture de ce père imaginaire.

La structure du pouvoir est inchangée dans le monde arabe depuis des siècles : un seul homme gouverne par la répression et la corruption. Ainsi, l’on peut expliquer ce maintien d’un régime théocratique depuis des siècles les siècles par la perpétuation de l’infantilisation des peuples à travers une comparaison fallacieuse et impudente entre l’Un et le père. Et cet État rusé a continué à monopoliser le prestige impressionnant de l’écriture : aucun dirigeant du Moyen-Orient n’acceptera jamais l’enseignement de l’arabe vernaculaire à l’école comme une langue tout aussi "grammaticale" que l’arabe classique

L’approche est inédite, et sa tentative de désacralisation de l’Arabe Classique est plus que gonflée ! Je trouve aussi que cet auteur a réussi à déjouer la confusion beaucoup trop fréquente entre Religion et Politique, et qu’il a su rendre à l’Islam sa place de religion (beaucoup trop instrumentalisée…). Et j'imagine que "Ammar" a bien veillé à ce que ce livre ne soit pas disponible dans les rayons tunisiens. Car en Tunisie, il y a de bien meilleures lectures...

Source

24 juin 2008

L'Union Europenne et l'immigration

L'Europe devant l'Immigration, Plantu, Le Monde du 21 Juin 2008

De source suisse, l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) a accusé l'Europe d'alarmisme sur la question de la pression migratoire des pays africains sur l'Europe:

Il n'y a pas de vague migratoire d'Afrique subsaharienne vers l'Europe. (...) On estime que ce sont des dizaines de milliers de ressortissants ouest-africains en situation irrégulière qui entrent chaque année dans les pays d'Europe et non pas des centaines de milliers comme on le dit régulièrement. Le nombre d'immigrants d'Afrique noire est "modeste" par rapport à celui des étrangers originaires du Maghreb ou d'Europe de l'Est. Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'OIM

L'OIM avance quelques chiffres: sur 3,4 millions d'immigrés africains légaux, 800 000 sont originaires d'Afrique de l'Ouest, le reste viennent d'Afrique du Nord. Et le Maghreb devient une destination: de 40 000 à 80 000 Ouest-Africains entrent au Maghreb chaque année pour s'y installer (surtout en Lybie)

Alors que l'Europe se transforme peu à peu en forteresse par le durcissement de sa réglementation et par le renforcement de la surveillance des principaux points de passages, le nombre de morts aux portes de l'U.E. ne cesse d'augmenter: les migrants s'aventurent dans des itinéraires de plus en plus risqués pour détourner la surveillance.

Une liste dressée par UNITED for Intercultural Action recense 11 105 morts (documentées) de migrants africains vers l'Europe durant les 15 dernières années. Quelques exemples des tragédies humaines décrites sur cette liste:


1 man, Morocco, suicide, during his deportation from Almería (E) to Al-Hoceima (MA)

1 man (25 years old), Tunisia, stowaway, body found in the trunk of his girlfriend’s car in Genova (I)

1 man, Algeria, tried to reach Ceuta (E/MA) by swimming, dead body found on beach of Tarajal

189 unknown dead persons, reportedly drowned, boat capsized on way from Libya to Italy near port of Sfax


Selon cette carte, les migrants meurent surtout au niveau du littoral marocain et des côtes tunisiennes:
Carte établie par Olivier Clochard, géographe à l’université de Poitiers et Philippe Rekacewicz. Source

01 juin 2008

Maghreb


Un mauritanien, un marocain, un algérien, un tunisien, et un libyen sont réunis autour d’une table pour discuter du Maghreb Uni :

Le mauritanien : Un Maghreb Uni ? Je vois un Maghreb Uni qui s’inspirera d'abord du modèle Mauritanien pour se démocratiser …Cette union brillera par son "Grand Rallye du Maghreb". Les marocains nous apporteront les financements, les algériens du pétrole et les tunisiens des flics : nous en manquons, ils en ont beaucoup trop…

Le marocain : Je vois un Grand Maghreb avec Fès comme capitale culturelle rayonnante sur le monde, et comme emblème de la grande culture orientale… Le Maroc et la Tunisie seront les locomotives économiques, l’Algérie et la Lybie les grands réservoirs d'énergie. La Mauritanie nous fournira en travailleurs à bas coûts…nous garderons nos frontières, pour préserver la monarchie marocaine et pour contrôler les flux des algériens sur le sol marocain...

L’algérien : Une grande Union Maghrébine nous permettra de mieux lutter contre les intrusions néo-colonialistes des français, qui devront d’ailleurs s’excuser pour les atrocités commises dans leurs colonies nord-africaines, avant d’espérer coopérer avec l'Union Maghrébine…Les tunisiens devront aussi s'excuser pour les évènements de Sfax, les marocains pour nous avoir accuser de terroristes...

Le Tunisien : Je rêve d’un Grand Maghreb comme une continuité de l'Union Européenne actuelle. Plus de frontières, plus de visa...Un nouveau continent naitra dans l'Afrique actuelle: Le Maghreb méditerranéen. Le Sahara servira de frontière naturelle avec l'Afrique sub-saharienne. Il sera le plus grand exportateur au monde de Pétrole, de textile, d'olives et d'Harissa... Son équipe de foot remportera toutes les coupes du monde. Par ailleurs, des millions de maghrébins viendront bronzer sur nos plages en Tunisie…

Le Libyen : Je propose un modèle d’Etats-Unis de l’Afrique du Nord (EUAN) qui représentera tout le continent africain dans le monde. Nos frères africains noirs viendront travailler chez nous, et nous répartirons nos revenus du pétrole parmi nos pauvres et nos chômeurs, qui ne devront pas travailler. Nous élirons à leur tête un guide suprême qui organisera la plus grande manifestation de "chasse au désert" dans le monde et nous diffuseront « un livre vert et rouge de la réunification révolutionnaire de l'Afrique du Nord » qui inspirera tous nos peuples…

27 juillet 2007

Un Maghreb libre?




Le Maroc rencontre le même problème que la Tunisie concernant le chômage des jeunes diplômés et qualifiés. Un groupe de cette nouvelle "race" de chômeurs a voulu faire entendre sa détresse en décendant dans la rue pour réclamer leur DROIT au travail. Comme le montre cette vidéo, ils ont été violemment battus par les policiers. Il est vraiment désolant de voir une telle violence gratuite et une telle réaction moyen-âgeuse de la part des forces de l'ordre marocaines. Ces cadres supérieurs ont-ils mérité d'être agréssés de la sorte? Ont-ils nuit à l'ordre public? Malheureusement, il s'agit là encore d'un cas classique de recours à la violence pour étouffer une réalité. Au Maghreb et ailleurs dans le monde arabe, on a pris la fâcheuse habitude de soigner les maux par d'autres maux...