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10 avril 2009

Bienvenue au Club, Bout'ef


Avez-vous apprécié cet avant-goût amer des élections présidentielles qui nous attendent prochainement et que nous a offert l'Algérie voisine ces derniers jours?

Portraits géants d'un candidat unique et désigné d'avance affichés partout et dans toutes les villes, des dizaines de milliers de policiers déployés dans tout le pays renvoyant une atmosphère de guerre civile plutôt que celle d'élections présidentielles, des électeurs déserteurs et désintéressés, une opposition étouffée, des médias menteurs et surtout, de beaux chiffres soviétiques!

Pour les élections algériennes, nous avons eu droit à un taux de participation officiellement fabriqué de 75.91% et à un plébicite de 90.2%. Une performance qui demeure néanmoins "mesurée", en comparaison avec la dernière performance tunisienne version 2004 : 91.52 % de participation et 94.49% pour le président élu.

Les tunisiens, habitués à occuper les premiers rangs en Afrique et dans le monde arabe pour leurs performances économiques, n'entendent pas se laisser faire dans le domaine du "déni de démocratie". Nous affectionnons autant le chiffre 7 que le 90, quand il s'agit de voter.

Alors, et pour nous éviter de revivre le même triste spectacle, pourquoi ne pas proclamer dès maintenant la réélection de notre seul et unique président à...disons...un taux de participation de 90.77%, dont 97.77% de votes pour?

04 avril 2009

La benalisation de l'Algerie

Fayez Nureldine/AFP/Getty Images



"Saïd, 33 ans, restaurateur, ne sait pas encore s'il ira voter le 9 avril. S'il s'y décide, il optera pour Bouteflika. "C'est le moins pire de tous", selon lui. Il y a dix ans, il avait avec des discussions politiques avec ses amis. Plus maintenant. "J'ai enfin compris comment il faut s'y prendre pour vivre à peu près bien en Algérie, dit-il avec lassitude. Il ne faut s'intéresser à rien, et surtout, ne pas penser..."


13 juillet 2008

Cap vers l'Algérie


Selon deux sources algériennes (ici et ici) :

21 familles tunisiennes de la localité frontalière Henchi El-Houch, relevant du gouvernorat de Djendouba, ont fui leur localité pour rejoindre le territoire algérien, au niveau de la commune de Bougous, dans la wilaya d’El-Tarf dans l’est de l’Algérie. En deux vagues, elles ont rejoint le territoire algérien avec leurs enfants. Les premières, treize familles, dans la nuit de jeudi à vendredi, et 08 autres dans la nuit de vendredi à samedi. Selon des informations recueillies auprès d’habitants de Bougous, ces familles auraient fui la mal-vie et les conditions de précarité dans lesquelles elles évoluent en Tunisie.

C'est la deuxième fois cette année que des tunisiens se réfugient en Algérie. L'herbe serait-elle plus verte de l'autre côté de la frontière?
Les mouvements de migration entre la Tunisie et l'Algérie deviennent de plus en plus curieux: les algériens vienennt en nombre dépenser leur argent dans les stations touristiques tunisiennes. En échange, la Tunisie leur confie ses pauvres...

17 juin 2008

Troubles de la paix sociale…

Des journalistes sont montés au front depuis deux semaines pour défendre « la stabilité et la paix sociale », conditions nécessaires pour un développement économique durable. L’intervention en force de la police pour réprimer les manifestations de Redeyef serait alors justifiée par la nécessité de maintenir la paix sociale dans le pays.

L’argument est juste, et on a envie d’y adhérer, car tout le monde s’accorde à dire que la Tunisie n’aurait jamais pu réaliser autant d’avancées économiques sans cette relative stabilité sociale. L’expérience douloureuse de l’Algérie voisine dans les années 90, et ses conséquences négatives sur le développement économique du pays, le confirme également. Les organisations internationales ont même crée des indices de stabilité pour estimer « le risque pays », des indices qui influent fortement l’attractivité des pays pour les investissements.

Mais ce que ne disent pas ces journalistes, c’est que la stabilité se crée, mais ne s’impose en aucun cas par la force. L’état de droit, le développement équitable et les réformes économiques cohérentes sont de nature à créer un environnement stable et propice à la paix sociale. A l’opposé, la corruption, les inégalités et la répression sont les causes de l’instabilité. Dans les pays arabes, les conditions favorables à la paix sociale font défaut, mais on persiste à vouloir imposer la paix sociale par la force, en réprimant fortement et rapidement toute forme de contestation sociale. En témoignent les récentes manifestations au Maroc et en Egypte et qui ont été gérées de la même manière qu’en Tunisie

L’encadrement strict de toute contestation est une solution facile mais limitée. Car elle contribue davantage à exacerber les tensions qu’à l’apaisement. L’absence d’intervention de tout autre intermédiaire crédible de la société civile, des partis politiques ou des ONG, qui auraient pu contribuer à régler le conflit, laisse peu de choix à des populations défavorisées et isolées. Le mécanisme vicieux qui s’en suit est bien expliqué par Rami G. Khouri, éditorialiste au Daily Star, quand il écrit que:

La plus grande partie de la population, sans réelles options, devient passive et sans réaction, se sentant dans certains cas déshumanisée par le fait que sa propre société la traite avec le même dédain que celui qu’elle avait subi précédemment de la part des occupants coloniaux étrangers. La conséquence la plus dangereuse d’états et de politiques gouvernementales se tournant vers une gestion du pouvoir basé sur la sécurité et le contrôle, alors qu’un système basé sur un état de droit serait bien meilleur, est que cela fait de la violence la première des habitudes puis ensuite une norme. (…)

Khouri explique plus loin que ces gens, qui sont des perturbés plutôt que des perturbateurs, peuvent faire appel à la violence comme dernier recours, s’ils ne sont pas entendus dans leurs manifestations pacifiques :

Cependant, la leçon pour tous, devrait être que la répression armée ne produit ni sécurité, ni stabilité et encore moins la docilité. Elle ne fait que transformer des citoyens jadis respectueux de la loi en un peuple engourdi et en colère qui estime qu’il a peu d’intérêt dans un système qui ne le traite pas de façon humaine. Perturbés, rabaissés, appauvris et inquiets pour l’avenir de leurs enfants, ils commencent à résister et à défier leur propre élite au pouvoir. En fin de compte, certains rendent les coups, au début par la résistance passive, des grèves et des protestations pacifiques. Quand ces moyens sont bloqués, ils utilisent alors la même violence que celle qu’ils voient utilisés contre eux par leurs propres gouvernements…(…)



PieceNow, image prise du documentaire The Weather Undergound, Sam Green, Bill Spiegel, 2003


Quant à Moncef Kilani, un universitaire tunisien, il explique que ces crises sont conséquentes au système politique, qui a tendance à les (re)générer d’une manière cyclique:

La masse demeure une mue, en fonction de la conjoncture, soit par l’esprit de soumission, soit par l’esprit d’émeutes. En effet, dans l’imaginaire politique, ordre et désordre s’alternent sur un mode tragique. De sorte que si la situation économique s’empire, c’est la rue qui deviendra maîtresse du jeu en n’empêchant toutefois pas la reconduction du système par l’alternance de répression et de la concordance civile. Le scénario classique de la crise/violence/dialogue demeure à cet effet toujours valable. Autrement, le système se maintient par un dosage subtil de la coercition et de la cooptation des notables et autres élites aspirant à jouir des privilèges conférés par le pouvoir politique. La balbutiante société civile est en permanence minée par ce jeu quand elle n’est pas surveillée et contrôlée par un état où domine une culture de Makhzen de soupçon envers la société laquelle est assimilée à une source d’anarchie et de régression. En conséquence, le corps social est constamment gagné par le désintérêt de la chose publique, impulsée uniquement par l’Etat qui empêche ainsi le sens civique de se développer. (…)
Aussi la société demeure-t-elle dans un étrange rapport de soumission/fascination envers l’Etat, alors que l’esprit égalitariste ainsi que le mimétisme qui y règnent servent certes de bouclier contre le conflit social généralisé et violent, mais également de limite à l’innovation et à la différenciation.

Face à la complexité de ces mécanismes, il est difficile de trouver une recette toute prête à une crise dont les causes semblent être plus « structurelles » que conjoncturelles. Et il est aussi illusoire de s’attendre à un quelconque miracle pour sa résolution. Alors, que reste-t-il à faire ? D’abord, des pratiques à stopper, ensuite des responsabilités à assumer…

01 juin 2008

Maghreb


Un mauritanien, un marocain, un algérien, un tunisien, et un libyen sont réunis autour d’une table pour discuter du Maghreb Uni :

Le mauritanien : Un Maghreb Uni ? Je vois un Maghreb Uni qui s’inspirera d'abord du modèle Mauritanien pour se démocratiser …Cette union brillera par son "Grand Rallye du Maghreb". Les marocains nous apporteront les financements, les algériens du pétrole et les tunisiens des flics : nous en manquons, ils en ont beaucoup trop…

Le marocain : Je vois un Grand Maghreb avec Fès comme capitale culturelle rayonnante sur le monde, et comme emblème de la grande culture orientale… Le Maroc et la Tunisie seront les locomotives économiques, l’Algérie et la Lybie les grands réservoirs d'énergie. La Mauritanie nous fournira en travailleurs à bas coûts…nous garderons nos frontières, pour préserver la monarchie marocaine et pour contrôler les flux des algériens sur le sol marocain...

L’algérien : Une grande Union Maghrébine nous permettra de mieux lutter contre les intrusions néo-colonialistes des français, qui devront d’ailleurs s’excuser pour les atrocités commises dans leurs colonies nord-africaines, avant d’espérer coopérer avec l'Union Maghrébine…Les tunisiens devront aussi s'excuser pour les évènements de Sfax, les marocains pour nous avoir accuser de terroristes...

Le Tunisien : Je rêve d’un Grand Maghreb comme une continuité de l'Union Européenne actuelle. Plus de frontières, plus de visa...Un nouveau continent naitra dans l'Afrique actuelle: Le Maghreb méditerranéen. Le Sahara servira de frontière naturelle avec l'Afrique sub-saharienne. Il sera le plus grand exportateur au monde de Pétrole, de textile, d'olives et d'Harissa... Son équipe de foot remportera toutes les coupes du monde. Par ailleurs, des millions de maghrébins viendront bronzer sur nos plages en Tunisie…

Le Libyen : Je propose un modèle d’Etats-Unis de l’Afrique du Nord (EUAN) qui représentera tout le continent africain dans le monde. Nos frères africains noirs viendront travailler chez nous, et nous répartirons nos revenus du pétrole parmi nos pauvres et nos chômeurs, qui ne devront pas travailler. Nous élirons à leur tête un guide suprême qui organisera la plus grande manifestation de "chasse au désert" dans le monde et nous diffuseront « un livre vert et rouge de la réunification révolutionnaire de l'Afrique du Nord » qui inspirera tous nos peuples…

16 mars 2008

أخطى راسي و إضرب


Dans l'affaire des deux touristes autrichiens qui auraient été enlevés en Tunisie pour être conduits au nord du Mali, l'Algérie et la Tunisie continuent à se renvoyer la balle, à quelques heures de l'expiration de l'ultimatum aujourd'hui à minuit.

Abdelaziz Belkhadem, Chef du gouvernement algérien, affirme que l'Algérie n'était pas directement concernée par l'affaire des deux otages, que leur enlèvement a eu lieu sur un territoire autre que l'Algérie et que les otages se trouvent actuellement sur un autre territoire non algérien.

De leur côté, les tunisiens, toujours aussi peu bavards, s'en tiennent à leur première et seule déclaration du 10 Mars 2008 et selon laquelle il n'existe jusqu'ici aucun élément qui puisse confirmer la présence des deux ressortissants autrichiens sur le sol tunisien, ni d'affirmer qu'ils aient été enlevés à l'intérieur du territoire tunisien.

Pourtant, outre une rançon dont le montant n'a pas encore été précisé, les ravisseurs réclament la libération d'un groupe de prisonniers islamistes emprisonnés aussi bien en Algérie qu'en Tunisie. Les deux pays en question sont ainsi bel et bien concernés par cet enlèvement, que celui-ci ait été perpétré sur le sol tunisien ou algérien.

On nous informe depuis des mois, voir des années, des accords de coopération sécuritaires liés entre les principaux pays du Maghreb, de rencontres faites au plus haut sommet entre ministres de l'intérieur et responsables de la sécurité. On nous vante aussi la bonne entente entre ces pays voisins sur le plan de la lutte contre le terrorisme. On nous saoule avec l'indispensable lutte commune... Force est de constater qu'en réalité, ces pays sont plutôt dépassés par la grande mobilité et par l'action régionale des ces groupes terroristes, et qu'au fond, chacun de ces pays ne pense qu'à ses propres intérêts!

30 août 2007

"Ici, on trouve tout sauf la religion"

C'est une phrase prononcée par des Algériens qui sont venus, comme près d'un million de leurs compatriotes, passer leurs vacances dans le pays voisin, la Tunisie. Notre pays continue à attirer de plus en plus d'algériens chaque année: leur nombre s'élevait à 623 000 estivants en 2001 pour passer à 945 000 en 2006. On prévoit que le cap du million sera facilement dépassé en 2007.
Qu'est ce qui attire autant les Algériens chez nous? Tout, sauf la religion, en effet! Ils cherchent la plage, les boites de nuit, et les filles pense-t-on. C'est vrai, mais aussi la qualité (relative) de nos services touristiques qu'ils semblent bien apprécier. Ils trouvent nos prix abordables, même s'ils pensent qu'ils augmentent d'année en année. Malgré tout, ils semblent prêts à revenir l'année prochaine.


Ils apprécient la proximité de la langue et de la culture, et l'offre considérable en maisons et appartements disponibles à la location, car habiter en famille dans une maison semble être la formule qu'ils préfèrent le plus. La proximité géographique du pays les arrange aussi, car ils peuvent ainsi se déplacer avec leurs propres voitures, reconnaissables par les plaques d'immatriculation jaunes remplies de chiffres.
Et nous tunisiens, qu'en pense-t-on? Les commerçants, hôteliers, restaurateurs et grandes surfaces semblent bien apprécier cet afflux de nouvelle clientèle. En effet, l'algérien a la réputation d'être un très bon client, qui paie cach et qui consomme beaucoup! Une vraie aubaine pour nous qui avons un peu mare du touriste occidental trop regardant sur ses dépenses. L'impact de leurs séjour sur notre économie est bénéfique, et les autorités ont bien compris celà et se sont empressés de faciliter leur arrivée en donnant des consignes d'allégement des formalités au niveau des douanes.
Les Algriens seront toujours les bienvenus en Tunisie, même si le comportement de certains est à déplorer. En effet, certains algériens, avides en alcools et sexe, se montrent parfois excessifs dans leur attitude: harcèlement des filles tunisiennes qu'ils ont tendance à prendre toutes pour des prostituées, conduite plus que dangereuse sur nos routes, bagares et règlements de comptes très violents à la sortie des boites de nuit, etc. D'autres qui louent des maisons ou des appartements les rendent à leur propriétaires dans des états déplorables, ce qui pousse de plus en plus de tunisiens à éviter de louer leurs biens aux algériens.
Certes, on peut tout trouver en Tunisie, mais certainement pas tout se permettre...