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11 novembre 2008

Echange de bons procedes

Depuis un certain temps, on ne cesse de nous parler de l’influence grandissante de la Chine à travers le continent africain. Le terme « Chinafrique » a même été désigné pour qualifier cette influence. Les plus réfractaires à cette intrusion chinoise vont même jusqu’à la qualifier de nouvelle forme de colonisation, tant les chinois ont pu gagner du terrain en très peu de temps dans les deux champs économiques et politiques en Afrique.

Du côté chinois, l’Afrique représente un enjeu primordial dans le maintien de sa croissance et de son rayonnement dans le monde. Beaucoup de pays africains sont riches en ressources, mais pauvres en infrastructures, et en fonds. La demande de la Chine en ressources naturelles pour continuer à alimenter une croissance à deux chiffres ne finira pas de croitre. Le deal a vite été trouvé : ressources naturelles contre grands projets d’infrastructures et produits chinois peu chers. Et on ne pourra pas accuser la chine de vouloir plier les richesses africaines, ce rôle de méchant étant déjà occupé par les anciens colonisateurs occidentaux. ..

La Tunisie est un petit pays africain pauvre en ressources et assez avancé sur le plan économique. Mais l’influence chinoise est non moins présente dans d’autres domaines en Tunisie, si l’on croit cet article vantant l’efficacité de la coopération entre les deux pays dans le domaine de l’information et de la communication. Cette coopération s’est concrétisée à travers « les liens » entre l'agence Chine Nouvelle (xinhua, agence d’information officielle chinoise) et la TAP (Agence d’information officielle tunisienne) :

Le président de l'Agence Chine Nouvelle a affirmé la volonté de son pays de consolider, d'enrichir et de diversifier la coopération entre les deux pays, soulignant que des programmes sont actuellement en cours d'élaboration en vue de promouvoir le rayonnement des deux agences à travers la multiplication des échanges de visites, d'expériences et d'expertises, afin de s'adapter aux mutations mondiales dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication.

De son coté, le Président Directeur Général de l'Agence TAP a présenté les grandes lignes de l'accord bilatéral conclu entre les deux agences et qui a été examiné au cours d'une séance de travail, tenue samedi matin au siègede l'Agence TAP.


De qui alors la TAP s’inspire-t-elle pour nous délivrer à nous tunisiens une si bonne qualité d’information ? Quel est ce journalisme à la chinoise ? Un rapport écrit par le journaliste  Gautier Battistella est sans appel : Xinhua n’est autre que l’agence de propagande et l’organe de censure officieux du parti communiste chinois. Elle déroge à toutes les règles de liberté de la presse : censure, et désinformation sont ses pratiques courantes pour encadrer le pays…Comme exemple du journalisme à la chinoise, cette démonstration en image des Unes de dix journaux chinois le lendemain de l’ouverture du XVII è congrès du Parti Communiste Chinois : la ressemblance au niveau des photos, des titres et même des sous-titres est assez frappante…et en dit long sur la nature des rapports entre le gouvernement chinois et l'agence de presse. 


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Tout cela m’amène à rire  « jaune » (sans mauvais jeu de mots…) quand je pense à la nature des « échanges  d’expertises » qui doivent lier les deux agences…et me fait penser que notre cher Ammar National doit nous réserver encore de belles nouveautés!

 

  

28 juin 2008

Chinafrique


Pour nous qui avons parcouru l'Afrique chinoise en tous sens, le seul véritable échec de la Chine, s'il faut en voir un, c'est peut-être qu'elle se banalise en Afrique après avoir incarné un partenaire providentiel et fraternel, capable de tous les miracles. A certains égards, elle commence à ressembler aux autres acteurs, avec ses cohortes de gardes de sécurité, ses chantiers qui s'enlisent et ses scandales de corruption.


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25 mai 2008

Zembra en danger

C’est son premier projet d’investissement hors d’Asie, et il a fallu que ca tombe sur la Tunisie, précisément sur un bijou rare du patrimoine national, l’Île de Zembra. « Il », c’est l’homme d’affaire chinois Ruo Hong Li, qui est prêt à investir 600 millions de dollars pour transformer ce véritable paradis écologique en complexe touristique haut de gamme pour riches touristes chinois et américains en soif d’exotisme.

Hong Li, ce « self-made man » qui a grandi enfermé dans un camp chinois pour opposants et pour qui « le profit demeure secondaire » (selon ses propres paroles) a donné récemment une interview au magazine New African où il a parlé de son projet en Tunisie. Ancien fonctionnaire de l’appareil étatique chinois, il s’est vite reconverti dans les affaires. Il a touché à tout, de l’automobile au tourisme en passant par les taxis, avant de se spécialiser dans l’immobilier à Beijing. Sa porte d’entrée en Tunisie a été l’ambassadeur tunisien en Chine, Mr Basli.

Pour justifier son choix du site Tunisie, Hong Li va jusqu’ à citer Ibn Khaldoun : « Selon Ibn Khaldoun, quand l’économique arrive à un certain niveau d’influence sur le politique, cela cause des problèmes sociaux. Les pratiques économiques et les perspectives politiques de la Tunisie sont parmi les meilleures en Afrique ». Il ambitionne de transformer l’île en un haut lieu du tourisme de haut de gamme : « Nous pouvons en quatre ans transformer cette superficie de 400 hectares peuplée d’oiseaux et de poissons précieux, en une île de loisirs écologiques (C’est quoi des « loisirs écologiques » ? Depuis quand l’écologie est-elle un « loisir » ?) et en paradis touristique de la Méditerranée. (…) J’aimerai attirer les clients asiatiques et américains pour lesquels nous devons élaborer un produit haut de gamme, en se spécialisant dans les voyages à thèmes : voyage pour le golf, voyages d’affaires, voyages artistiques »


Ce que nous offre Hang li, ce n’est pas de l’éco-tourisme, c’est de l’éco-terrorisme. Car Zembra n’est pas n’importe quelle île :


Ces deux îles (Zembra et Zembreta) qui font partie des plus beaux endroits de Tunisie sont riches d'histoire. Leur situation stratégique dans le détroit de Sicile a fait qu'elles étaient sur le chemin des conquérants. Occupées depuis par les Phéniciens elles furent ensuite colonisées par les romains sous le nom de " Archipel des Aegimures ". Quelques traces subsistent encore, celles d'installations portuaires dans l'unique petite crique au sud de l'île. Malgré toute leur douceur méditerranéenne elles furent dans un premier temps totalement abandonnées. Au début des années soixante Zembra abrita un Centre nautique international avec une école de voile et de plongée sous-marine avant de devenir à partir de 1973 un parc marin dans une zone de un mile et demi soit prés de 3670 ha. Depuis avril 1977 Zembra et Zembretta ont été décrétées parc national grâce au travail d'un groupe de protecteurs de la nature, et insérées dans le programme international de l'UNESCO (MAB) sur la liste des réserves de la biosphère. Cette protection intégrale a permis un développement de la faune et de la flore marine. Les plongeurs y trouvent les plus beaux fonds de la Méditerranée, un véritable sanctuaire aux crevettes, langoustes et homards. C'est ce qui en a fait peut être aussi le refuge de toute une faune, du fameux phoque moine espèce très protégée de nos jours en passant par des oiseaux de mer, puffins cendrés, goélands argentés et mouettes et une espèce unique de lapins, dont les études récentes ont prouvés son introduction depuis l'époque punique. En automne et au printemps des milliers d'oiseaux appartenant à prés de 100 espèces différentes font escale sur Zembra et Zembretta.

Le véritable enjeu est bien le sacrifice d’un trésor de la biodiversité d'intérêt mondial. Il en est de même du point de vue archéologique et culturel. Un tel projet ne porte aucun enjeu écologique ou environnemental, comme l’a prétendu la petite presse tunisienne. Ces enjeux ne sont que strictement financiers. Mr Hong li est un investisseur international qui investit son argent pour avoir du retour sur investissement. Je doute qu’il ne soucie véritablement de l’équilibre environnemental de l’île, ni qu’il ait mesuré tous les dangers liés à son projet. L’étiquette « écologique » qu’on a voulu coller à ce projet n’est qu’un cache-misère.

Car les risques pour les précieuses faunes et flores de l’île sont nombreux, et les coûts trop lourds pour la Tunisie. Il y a tout d’abord le risque de la pollution que causeront l’exploitation des villas, hôtels et restaurants sur l’île, sans oublier les pollutions causées par les yachts de luxes. Les déversements de déchets et d’essence dans l’eau avoisinante des côtes ne manqueront pas de mettre à mal la richesse sous-marine du lieu. L’investissement immobilier est d’une ampleur telle que ce site, particulièrement petit et fragile, ne le supportera pas.

L’autre risque est lié à la facture énergétique de la construction et de l’exploitation de ce projet touristique. Une île par définition est très coûteuse sur le plan énergétique car elle dépend du continent. Combien coûteront l’acheminement d’eau douce et d’énergie à l’île, sachant qu’elle est dépourvue de toute infrastructure? Une vraie approche écologique aurait été de proposer des solutions permettant de réduire au maximum la facture énergétique, qui risque d’être très sale dans un contexte de raréfaction de ces ressources.

Le projet représente aussi un risque pour le stock de poissons des côtes tunisiennes, une ressource qui est déjà surexploitée par la surpêche. Car Zembra représente l’un des derniers sites de reproduction de centaines d’espèces de poissons qui sont ensuite pêchés sur les côtes tunisiennes. Ces poissons qui se reproduisent autour de l’île pour échapper à la pression de la pêche et ensuite repeupler les autres régions, sont aussi le gagne pain de nombreux pêcheurs sur tout le littoral tunisien. L’ensemble de l’économie de la pêche risque à terme de se trouver en danger.

Le plus incompréhensible, c’est que ce site surprotégé (1973 : Réserve marine de pêche ; 1977- Parc National), reconnaissance internationale : 1977 Réserve de biosphère UNESCO; 2001 : Aire Spécialement Protégée d'Importance Méditerranéenne du PAM/PNUE ; ZICO) ; a aussi fait l'objet de nombreux projets et études de préservation financés par la coopération internationale) n’ait pas attiré plus que ca l’attention des instances qui sont sensées le protéger, même plusieurs mois après que le projet n’ait été ébruité dans la presse. Comment une île protégée par l'Unesco peut-elle devenir du jour au lendemain le site d'un projet touristique ? Et comment est ce que la Tunisie compte-t-elle honorer ses engagements internationaux?

Que rapporte ce projet, à part des recettes supplémentaires en devises et quelques dizaines de nouveaux emplois ? Cela vaut-il le coup par rapport aux risques encourus? Une pétition existe.


26 mars 2008

Amnesty International: China is getting ready





In the name of ensuring stability and harmony in the country during the 2008 Olympic Games, the Chinese Government continues to detain and harass political activists, journalists, lawyers and human rights workers. Get involved

Amnesty International

10 octobre 2007

Le Miracle chinois

Voici le secret de l'essor de l'économie chinoise: payer une misère à une armée de travailleurs qui exécutent leurs tâches dans des conditions déplorables. Cette vidéo est surprenante, elle montre 6 salariés d'usine chinois. Répartis à six dans une énorme presse à métal, ils sont obligés de baisser leur tête et rentrer leur bras toutes les 5 secondes pour ne pas se les faire broyer. Imaginez seulement le nombre d'accidents de travail qui ont dû être causés par cette presse à métal...




28 août 2007

Made in China



Il y a eu l'affaire des dentifrices toxiques contenant un niveau trop haut de diéthylèneglycol (DEG), puis celle des jouets de la marque "Mattel" fabriqués en Chine et contenant du plomb. Aujourd'hui, ce sont les aliments chinois qui sont accusés d'être dangereux pour la santé des onsommateurs.




Mis en cause par une enquête du magazine Expansion, les aliments chinois contiendraient de nombreux ingrédients nuisibles, parmi lesquels on cite des "Colorants interdits découverts dans des sauces ou dans des gâteaux de riz, des moisissures cancérigènes sur des fruits secs, des résidus d'antibiotiques dans des lots de miel et de poissons, des traces de mercure sur des anguilles ou encore des stocks de nouilles incluant des composants génétiquement modifiés"


La liste de ces composants dangereux serait encore plus longue...

S'ajouterait au risque que leur consommation pourrait engendrer, celui de l'utilisation d'ustensiles de cuisine fabriqués en Chine. (pour des traces d
e Nickel, manganèse et chrome suscptibles de contaminer les aliments). Il n'en faut pas plus pour que la psychose vis-à-vis du Made in China commence à s'installer...

Le grand avantage de la Chine se résume en trois mots: produire plus, plus vite, moins cher. Devenue depuis quelques années une véritable usine de production mondiale de plus en plus sollicitée à produire à bas coûts, la Chine montre des signes d'essouflement. Elle montre qu'elle n'est pas capable de suivre ce rythme de production effrené et de respecter en même temps les normes de qualité et d'hygiène, ni d'ailleurs les droits de ses travailleurs et salariés.



Le pire, c'est que nous sommes tous devenus des consommateurs captifs du Made in China. Parce que d'abord la majorité des usines de production sont en Chine et que nous n'avons plus trop le choix, et parce que nous aimons payer moins cher.

En fin de compte, profitons-nous vraiment de la Chine et de ses produits?

A court terme certes, grâce à l'illusion de payer moins cher. Mais sommes-nous au moins conscients que nous payons aussi très cher de notre environnement que la croissance et la production chinoise polluent et de notre santé par conséquent?




15 août 2007

A quel prix?


La Chine ambitionne depuis un certain temps de devenir la première puissance économique mondiale. Avec un taux de croissance à deux chiffres réalisé depuis de nombreuses années, elle a déjà accompli de grands pas dans ce sens.

Mais à quel prix?

De nombreux scandales ont déjà secoué le pays le plus peuplé du monde pour les conditions épouvantales dans lesquelles la main d'oeuvre chinoise travaille dans les nombreuses usines du pays. Exploités, sous-payés, les travailleurs chinois qui constituent la force majeure de l'économie du pays exécutent sans rechigner. Il faut dire qu'ils n'ont jamais eu le choix, à part celui de claquer la porte, car quelques 300 millions de chômeurs attendent d'être engagés derrière. C'est la loi du marché qui prime.

Le dernier scandale chinois, ou plutôt la dernière horreur découverte par la police chinoise, est le cas de quelques 1340 personnes quasiment réduites en esclavage dans des biqueteries du pays. Ces esclaves du temps moderne étaient essentiellement constitués de pauvres paysans, d'adolescents et d'enfants. Ils étaient obligés par leurs employeurs de travailler dans les pires conditions, forcés à coups de battons et tenus à l'ordre par des chiens.

Le pire est dans ce qui suit. On a aussi découvert parmi ces travailleurs pas moins de 367 handicapés mentaux qui ont été enlevés à leurs parents et vendus à des biqueteries d'une province du nord du pays...

Tôt ou tard, l'économie chinoise paiera cher son mutisme et son immobilisme face à la question sociale. Le travail, qui a longtemps été la force majeure de la Chine moderne, sera peut être à l'origine de son péril. Face aux mouvements de protestations grandissants, les autorités chinoises commencent à peine à redécouvrir la question sociale. Peut être un peu trop tard...