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16 juillet 2008

Le lac Ichkeul


Ces deux photos satellite du lac du Parc National d'Ichkeul reflètent les changements du niveau de l'eau du lac et l'évolution de la végétation aquatique entre le 14 novembre 2001 et le 29 juillet 2005. La végétation apparaît en rouge, les surfaces légèrement recouvertes de végétation apparaissent en roux et le bleu représente l'eau.

Bien que le niveau du lac soit plus haut en 2005 qu'en 2001, une grande partie du lac apparaît rouge en raison de la présence de plantes aquatiques sauvages. Durant les dix dernières années, le parc national de l’Ichkeul a subi toutes sortes de pressions en raison de la succession de périodes de déficit pluviométrique, la construction de barrages (pour acheminer l'eau aux terres agricoles) sur certains oueds alimentant le parc en eau douce. La superficie des marais s’est réduite, la salinité des eaux a augmenté, les écosystèmes du parc se sont dégradés et le nombre d'oiseaux migrateurs hivernant sur le Lac a diminué. Les plantes d'eau douces ont été envahies par des plantes sauvages résistant à une forte salinité de l'eau.

Selon l'UNESCO, le gouvernement tunisien a entrepris des mesures pour conserver l'eau douce et réduire sa salinité, mais l'Union de Conservation Mondiale a affirmé que la salinité a atteint des niveaux très élevés et qu'un retour à l'équilibre serait très difficile. Le lac a toutefois été retiré de la liste du patrimoine mondial en péril en Juillet 2006.

Le Ministère de l'Environnement et du Développement Durable ne renseigne pas sur l'état actuel du site, le dernier rapport mis en ligne date de 2006. Alors, ma question s'adresse à Mr Labib: que devient le lac Ichkeul?

25 mai 2008

Zembra en danger

C’est son premier projet d’investissement hors d’Asie, et il a fallu que ca tombe sur la Tunisie, précisément sur un bijou rare du patrimoine national, l’Île de Zembra. « Il », c’est l’homme d’affaire chinois Ruo Hong Li, qui est prêt à investir 600 millions de dollars pour transformer ce véritable paradis écologique en complexe touristique haut de gamme pour riches touristes chinois et américains en soif d’exotisme.

Hong Li, ce « self-made man » qui a grandi enfermé dans un camp chinois pour opposants et pour qui « le profit demeure secondaire » (selon ses propres paroles) a donné récemment une interview au magazine New African où il a parlé de son projet en Tunisie. Ancien fonctionnaire de l’appareil étatique chinois, il s’est vite reconverti dans les affaires. Il a touché à tout, de l’automobile au tourisme en passant par les taxis, avant de se spécialiser dans l’immobilier à Beijing. Sa porte d’entrée en Tunisie a été l’ambassadeur tunisien en Chine, Mr Basli.

Pour justifier son choix du site Tunisie, Hong Li va jusqu’ à citer Ibn Khaldoun : « Selon Ibn Khaldoun, quand l’économique arrive à un certain niveau d’influence sur le politique, cela cause des problèmes sociaux. Les pratiques économiques et les perspectives politiques de la Tunisie sont parmi les meilleures en Afrique ». Il ambitionne de transformer l’île en un haut lieu du tourisme de haut de gamme : « Nous pouvons en quatre ans transformer cette superficie de 400 hectares peuplée d’oiseaux et de poissons précieux, en une île de loisirs écologiques (C’est quoi des « loisirs écologiques » ? Depuis quand l’écologie est-elle un « loisir » ?) et en paradis touristique de la Méditerranée. (…) J’aimerai attirer les clients asiatiques et américains pour lesquels nous devons élaborer un produit haut de gamme, en se spécialisant dans les voyages à thèmes : voyage pour le golf, voyages d’affaires, voyages artistiques »


Ce que nous offre Hang li, ce n’est pas de l’éco-tourisme, c’est de l’éco-terrorisme. Car Zembra n’est pas n’importe quelle île :


Ces deux îles (Zembra et Zembreta) qui font partie des plus beaux endroits de Tunisie sont riches d'histoire. Leur situation stratégique dans le détroit de Sicile a fait qu'elles étaient sur le chemin des conquérants. Occupées depuis par les Phéniciens elles furent ensuite colonisées par les romains sous le nom de " Archipel des Aegimures ". Quelques traces subsistent encore, celles d'installations portuaires dans l'unique petite crique au sud de l'île. Malgré toute leur douceur méditerranéenne elles furent dans un premier temps totalement abandonnées. Au début des années soixante Zembra abrita un Centre nautique international avec une école de voile et de plongée sous-marine avant de devenir à partir de 1973 un parc marin dans une zone de un mile et demi soit prés de 3670 ha. Depuis avril 1977 Zembra et Zembretta ont été décrétées parc national grâce au travail d'un groupe de protecteurs de la nature, et insérées dans le programme international de l'UNESCO (MAB) sur la liste des réserves de la biosphère. Cette protection intégrale a permis un développement de la faune et de la flore marine. Les plongeurs y trouvent les plus beaux fonds de la Méditerranée, un véritable sanctuaire aux crevettes, langoustes et homards. C'est ce qui en a fait peut être aussi le refuge de toute une faune, du fameux phoque moine espèce très protégée de nos jours en passant par des oiseaux de mer, puffins cendrés, goélands argentés et mouettes et une espèce unique de lapins, dont les études récentes ont prouvés son introduction depuis l'époque punique. En automne et au printemps des milliers d'oiseaux appartenant à prés de 100 espèces différentes font escale sur Zembra et Zembretta.

Le véritable enjeu est bien le sacrifice d’un trésor de la biodiversité d'intérêt mondial. Il en est de même du point de vue archéologique et culturel. Un tel projet ne porte aucun enjeu écologique ou environnemental, comme l’a prétendu la petite presse tunisienne. Ces enjeux ne sont que strictement financiers. Mr Hong li est un investisseur international qui investit son argent pour avoir du retour sur investissement. Je doute qu’il ne soucie véritablement de l’équilibre environnemental de l’île, ni qu’il ait mesuré tous les dangers liés à son projet. L’étiquette « écologique » qu’on a voulu coller à ce projet n’est qu’un cache-misère.

Car les risques pour les précieuses faunes et flores de l’île sont nombreux, et les coûts trop lourds pour la Tunisie. Il y a tout d’abord le risque de la pollution que causeront l’exploitation des villas, hôtels et restaurants sur l’île, sans oublier les pollutions causées par les yachts de luxes. Les déversements de déchets et d’essence dans l’eau avoisinante des côtes ne manqueront pas de mettre à mal la richesse sous-marine du lieu. L’investissement immobilier est d’une ampleur telle que ce site, particulièrement petit et fragile, ne le supportera pas.

L’autre risque est lié à la facture énergétique de la construction et de l’exploitation de ce projet touristique. Une île par définition est très coûteuse sur le plan énergétique car elle dépend du continent. Combien coûteront l’acheminement d’eau douce et d’énergie à l’île, sachant qu’elle est dépourvue de toute infrastructure? Une vraie approche écologique aurait été de proposer des solutions permettant de réduire au maximum la facture énergétique, qui risque d’être très sale dans un contexte de raréfaction de ces ressources.

Le projet représente aussi un risque pour le stock de poissons des côtes tunisiennes, une ressource qui est déjà surexploitée par la surpêche. Car Zembra représente l’un des derniers sites de reproduction de centaines d’espèces de poissons qui sont ensuite pêchés sur les côtes tunisiennes. Ces poissons qui se reproduisent autour de l’île pour échapper à la pression de la pêche et ensuite repeupler les autres régions, sont aussi le gagne pain de nombreux pêcheurs sur tout le littoral tunisien. L’ensemble de l’économie de la pêche risque à terme de se trouver en danger.

Le plus incompréhensible, c’est que ce site surprotégé (1973 : Réserve marine de pêche ; 1977- Parc National), reconnaissance internationale : 1977 Réserve de biosphère UNESCO; 2001 : Aire Spécialement Protégée d'Importance Méditerranéenne du PAM/PNUE ; ZICO) ; a aussi fait l'objet de nombreux projets et études de préservation financés par la coopération internationale) n’ait pas attiré plus que ca l’attention des instances qui sont sensées le protéger, même plusieurs mois après que le projet n’ait été ébruité dans la presse. Comment une île protégée par l'Unesco peut-elle devenir du jour au lendemain le site d'un projet touristique ? Et comment est ce que la Tunisie compte-t-elle honorer ses engagements internationaux?

Que rapporte ce projet, à part des recettes supplémentaires en devises et quelques dizaines de nouveaux emplois ? Cela vaut-il le coup par rapport aux risques encourus? Une pétition existe.


17 septembre 2007

Un sale palmarès

Une ONG amériaine, Blacksmith Institute, a publié un rapport, "The world's worst polluted places", où elle classe les 30 sites les plus pollués du monde. Les pays les plus poubelles sont la Chine, l'Inde et la Russie. Dans le Top 10, la Chine, l'Inde et la Russie sont des pays qui sont cités à deux reprises. Dans tout le classement, la Chine et la Russie sont citées à 6 reprises, l'Inde 4 fois. L'Afrique s'en sort pas mal avec seulement deux sites répertoriés sur tout le continent. Une carte interactive rend compte de l'ensemble de ces sites. Voici quelques images et légendes de quelques uns de ces sites.



Le ciel noir de Mexico (Mexique). Quatre millions de véhicules à moteur, vétustes pour la plupart, évoluent dans la capitale mexicaine, qui a la particularité de reposer au fond d’une cuvette. Les dégâts du « smog » sont difficiles à quantifier. Certains groupes avancent un chiffre de 60.000 décès par an liés de près ou de loin à la pollution.AFP/Uzon

Le grand dépotoir de Dandora (Kenya). Chaque jour, la capitale kényane Nairobi produit 2.000 tonnes de déchets. Plus de la moitié pourrissent à l’air libre, comme dans cette rue de la ville. Ce qui est ramassé va également part un peu plus loin, dans la décharge de Dandora. Une fois par semaine, un bulldozer municipal vient faire un énorme tas avec ces déchets, qui sont brûlés à même le sol, non loin d’une rivière. Le Blacksmith Institute estime que 2.500 personnes, notamment des enfants « travaillent » à temps complet à fouiller la décharge. Et y risquent leur vie. SIMON MAINA/AFP

La marée noire terrestre d’Oriente (Equateur). Entre 1964 et 1990, la firme Texaco, devenue Chevron, a pompé du pétrole dans cette zone forestière. Depuis, l’Equateur (ici son nouveau président Rafael Correa) demande réparation, en comparant ce désastre au naufrage de l’Exxon Valdez. AFP

Les tanneries toxiques de Hazaribagh (Bangladesh). Avec 270 tanneries, cette ville de la banlieue de Dhaka rejette chaque jour 15 000 mètres cubes de produits chimiques dans la rivière avoisinante. 90% des tanneurs meurent avant 50 ans, après avoir souffert d’ulcères, de jaunisses et de maladies de peau. FARJANA K. GODHULY/AFP

Le traumatisme de Tchernobyl (Ukraine). « Valeur sûre » de la pollution mondiale, Tchernobyl reste, plus de 20 ans après son accident nucléaire, un des endroits les plus pollués de la planète. Le site conserve un fort potentiel de contamination, d’autant plus que le sarcophage construit pour contenir la radioactivité donne des signes de faiblesses. AFP PHOTO/ SERGEI SUPINSKY

L’usine de mort de La Oroya (Pérou). Record absolu de saturnisme pour les enfants de cette cité péruvienne. 99% d’entre eux sont contaminés au plomb. La végétation environnante a également été rongée par les pluies acides qui sont monnaie courante. Selon le Blacksmith Institute, la responsabilité en revient principalement à cette usine de la firme américain Doe Run Corporation. IEC/AFP

Le patchwork chimique de Vapi (Inde). Située dans le « Golden Corridor » industriel de l’état indien du Gujarat , Vapi est truffée de produits toxiques. Les nappes phréatiques recèlent un taux de mercure 96 fois supérieur aux normes de l’OMS. Toute vie a déserté les rivières. Les sols sont riches en métaux (cuivre, chrome, plomb, cadmium), et en composés chimiques (pesticides, chlorobenzènes, etc… ). Si bien que les récoltes y dépassent 60 fois les taux de toxicité normaux. Blacksmith Institute

La population asphyxiée de Linfen (Chine). Située au cœur de la zone minière chinoise, Linfen détient la palme de la pollution atmosphérique mondiale selon la Banque Mondiale. Et quand les 3 millions d’habitants échappent aux bronchites et cancers causés par cet air irrespirable, ils ont de bonnes chances d’être contaminés par de l’arsenic : 52% des puits de la province sont pollués. AFP PHOTO/Peter PARKS


L’héritage soviétique de Sumgaït (Azerbaïdjan). Cette ville de 275.000 habitants était un des fleurons de l’industrie soviétique. Le taux de cancer y est aujourd’hui 50% plus élevé que dans le reste du pays. La mortalité infantile y est fréquente, de même que les handicaps tels que l’hydrocéphalie. (Petros Morgos)

28 juin 2007

Trottoirs tunisiens: Winnou El Labib?






























La première photo a été prise juste devant chez moi, "fil Houma"...Ca doit être un voisin lointain qui a tout simplement jeté les débris de sa "mrama". La deuxième a été prise à la rue du Ghana, en plein quartier des banques. Remarquez qu'on a quand même pris le soin de former un tas, histoire de ne pas laisser tout celà trainer...Ce tas est là depuis plus d'une semaine.
Y a pas que les voitures qui sont décapotables en Tunisie, les poubelles aussi...