15 août 2008

Retour à la case prison...

Comment purger toute contestation sociale? Suivez la solution tunisienne: mettez tout le monde en prison, sans exception, sans conditions, sans défense, sans dialogue, et sans procès... Les derniers jugements de l'affaire Redeyef sont tombés: 8 mois de prison, après une petite séance de torture-thérapie, essentielle à l'intégration des nouveaux venus dans les prisons tunisiennes:

Le tribunal de première instance de Gafsa à condamné aujourd’hui à huit mois de prison ferme les (sept enseignants) manifestants détenus suite au rassemblement qui à eu lieu devant le siège de la délégation de Redayef le 27 juillet dernier pour réclamer la libération des prisonniers du mouvement social de contestation des habitants de la région du champ minier.

A ce rythme, le contingent des Redeyefois dépassera rapidement celui des Nahdhaouis dans nos gôeles : il fallait bien y renouveler un peu le sang...

13 août 2008

Tabarka



Après Mahdia, j'ai visité Tabarka. Deux villes si différentes, et si belles à la fois. La route pour Tabarka est un défi pour les meilleurs pros du rallye, mais les paysages sont exquis. Le nord de la Tunisie est très beau, riche de ses lacs et forêts. La vie dans les petites villes et villages traversés semble tourner au ralenti, chaleur estivale oblige. Il n'y avait que les ouvriers des champs et les policiers, inépuisables, qui s'activaient. L'acceuil pour "nos citoyens à l'étranger" (Mouwatinina fil kharej) est particulièrement chaleureux cette année : entrée aux musées gratuites, laisser-passer direct de la part des "Haress" et policiers en cas de contrôle., des jeux -concours qui lui sont exclusivement réservées sur les radios nationales, etc...). Les consignes semblent être de les chouchouter: ils remènent de plus en plus de devises, ils font tourner la machine de la consommation, boudée en ce moment par les tunisiens "d'ici" pour manque de ressources agravé; et ils peuvent avoir un certain pouvoir contestataire vis à vis de la politique interne (Cf. notre ami nantais arrêté à Redeyef, sa ville natale, pour son soutien à ses habitants...). Heureusement que la statue de Bourguiba gît toujours au même endroit, au centre de la ville de Tabarka, j'ai eu peur qu'elle ne se transforme en un 7...



Plus de photos de Tabarka ici


08 août 2008

Mahdia


Je brise mon avenir dans le but d'assurer celui des futures générations de mon pays, je livre mes enfants au dénuement pour sauver la vie des enfants qui meurent de faim. Je me livre à la misère pour qu'elle puisse épargner mes compatriotes. C'est une loi que le bien ne peut s'accomplir qu'au prix d'un mal qui le précède...
Faire par son malheur le bonheur des autres, édifier sur sa propre ruine le monument de la solidarité nationale, voilà la tâche des élites d'aujourd'hui.

Zarzis, Février 1935
Tahar Sfar
Journal d'un exilé.