21 juillet 2007

Zatla et alcool

Le Quotidien nous annonce aujourd'hui les résultats d'une enquête menée par l'Office National de la Famille et de la Population (ONFP) sur les jeunes tunisiens et la drogue. Cette étude, menée auprès de 353 lycéens et collégiens âgés de 15 à 20 ans, nous apprend que pas moins de 68% des élèves interrogés ont avoué avoir consommé le cannabis, dit "zatla". 31 % d'entre eux ont consommé d'autres substances psycho-actives. Ces chiffres, surtout le premier, sont étonnants! Car nous savons tous la dureté de la loi tunisienne envers la consommation de drogue, et nous avons tous entendu un jour l'histoire de tel ou tel jeune (ou moins jeune) qui a été attrapé et mis en prison pour de tels actes. La repression est si forte que le sujet en est devenu presque tabou en Tunisie. Et pourtant, cette étude nous apprend qu'environ les 3/4 des jeunes constituant l'échantillon de l'enquête ont consommé de la "Zatla", et ce malgré leur jeune âge et la loi repressive! N'est ce pas là la preuve de l'échec de la politique de la lutte contre les drogues en Tunisie? La repression, à elle seule, ne suffira pas à venir à bout de ce problème. Il faut surtout casser le tabou et rompre le silence sur ce sujet, et informer les plus jeunes sur les risques d'addiction encourrus suite à la consommation des drogues. Les parents ont aussi un grand rôle à jouer, et qui est celui d'en parler avec leurs enfants et de les surveiller. Beaucoup de nos parents préfèrent fermer les yeux sur ce genre de comportements...
Et l'alcool fait partie de ces drogues! Les tunisiens boivent beaucoup trop, et de plus en plus tôt. Non seulement il est très facile de se procurer de l'alcool en Tunisie, mais en plus il est consommé de manière excessive. Les appéritifs se transforment toujours en "balaa" en Tunisie, et ce sont les alcools les plus forts (vodka, whisky, etc..) qui sont les plus prisés. Beaucoup de mes connaissances ont développé une sorte de "résistance" face à l'alcool, ce qui les poussent à augmenter toujours les quantités consommées afin sentir l'effet ennivrant de l'alcool. Un copain m'a une fois fierment avoué qu'un soir, alors qu'il était réuni avec ses potes et qu'ils n'avaient pas d'alcool pour la soirée, ils ont décidé de "fabriquer" leur propre liquide! Par quelle recette magique? En allant acheter deux petites bouteilles d'alcool 90° à la pharmacie de nuit, qu'ils ont tout simplement mélangé avec du jus et du sucre pour un meilleur goût...
Mais il y a aussi les médicamments utilisés comme stupéfiants, et ca on en parle encore moins. "Artane", "Kivotril", "Subutex", etc...sont des médicamments qui ont été cités par le quart des jeunes questionnés par l'enquête. Certaines personnes peuvent passer de nombreux mois (ou années) dans une sorte d'état euphorique, en prenant des pillules contre la depression qu'elles mélangent à l'alcool pour avoir plus d'effets. Et là, ce sont nos médecins et nos pharmaciens qui doivent être responsabilsés sur ce problème. En effet, certains medecins continuent à délivrer les ordonances à la demande, alors que d'autres pharmaciens n'ont pas de problème à vendre ces médicamments sans authorisation préalable de médecins (moyennant biensûr un prix plus élevé)

20 juillet 2007

الآمونيتر مقطوع في البلاد


إليوم مشيت في بالي بش نشري شويا آمونيتر لي الجردة، ياخي البياع
قالي الآمونيتر مقطوع في البلاد...إستغربت الأمر و سألتو علاش؟ يا
خي جا وبني إلي ما عادش يبيعوه من الخوف إلي العباد تستعملو بش تصنع لقنا بل!!!!
دهشت!! و شريت في عوضو الفوسفات...
الحقيقة، إنخير تكون الجردة ذابلة علي البلاد مدمرة!!!
والحكاية هاذي في الآخر طمنتني خاتر يعني إلي في تو نس ديما نرد في بالنا
و إنعسو علي الحكا يات هاذي
إتخيلو كان ولا قدر الله تصيرلنا مصيبة في هل الصيفية شنو يكونو النتائج؟

Le drame de l'immigration

L'été venu, nos côtes tunisiennes deviennent le théâtre de la détente, de la joie, des baignades et des réjouissances. Mais l'été est aussi la saison des drames et des catastrophes humaines qui se produisent au large de nos côtes. C'est en effet la saison où les immigrés clandestins se jettent en mer à leurs risques et périls à la recherche de l'eldorado rêvé. Les côtes tunisiennes sont un point de départ privilégié pour des centaines d'embarquations de fortunes remplies d'hommes, de femmes et d'enfants, qui traversent déserts et frontières et dépensent des fortunes pour s'acheter une place qui, si elle ne les conduit pas à la mort certaine, les emmène directement entre les mains des gardes côtes européens.


Rien que ces quatre des derniers jours, près de 700 candidats à l'immigration clandestine ont été repêchés au large de l'île italienne de Lampedusa, qui se trouve à quelques dizaines de kilomètres des côtes tunisiennes.

Le pire, c'est les conditions dans lesquelles ces immigrés voyagent et échouent : entassés les uns sur les autres dans des barques fragiles, épuisés physiquement et moralement et déshydratés.

Ils sont aussi généralement dépouillés de toutes ressources et de toutes leurs économies, puisqu'ils auront payés dans les 1500 dollars aux chacals de passeurs pour tenter d'accéder à leurs rêves, ou plutôt d'accélérer leur mort...


Fuire la misère, le chômage, les dictatures et les guerres sont les principales causes de ces tentatives d'immigration. Il y a aussi le mythe de la vie aisée, des paradis du "Nord" qui motivent encore plus ces départs.



Voici un passage d'un article décrivant le sort des ces clandestins une fois arrivés sur les côtes italiennes:

" Ce sont les forces de l'ordre qui "accueillent" les immigrés. Direction le premier centre d'accueil pour les premiers secours (...) et le contrôle d'identité. Construit pour accueillir 190 personnes au maximum, ce centre en accueille parfois des centaines. (...) C'est alors que commencent les procédures juridiques avec des surprises. La douche froide: c'est le rapatriement ou l'expulsion. Cela concerne les candidats qui ne proviennent pas de zones de conflits ou dont les pays ont signé des accords en ce sens avec l'Italie. C'est le cas des Egyptiens, Tunisiens et Marocains. (...) "Certains immigrés tenaillés par le désespoir, se retrouvent dans la drogue et aux mains des malfrats. Il y en a qui ont perdu raison" (...)" Source: rfi.fr


La Tunisie n'est pas qu'un point de passage, elle est aussi considérée comme un pays pourvoyeur de candidats. Un nombre de familles tunisiennes ont perdu un parent ou un fils qui a tenté "sa chance".

Tant que le gap des richesses entre le Nord et le Sud persistera, ces flux de clandestins seront inévitables. De tous temps, les exodes des hommes ont été motivées par la recherche de meilleures conditions socio-économiques. Dans un monde où les pays riches continuent de s'enrichir alors que d'autres s'apauvrissent, le nombre de candidats à l'immigration ne fera qu'augmenter. Certains pays comme les USA ont employé des solutions plus que radicales pour stopper ces flux de clandestins: pour stopper l'arrivée des clandestins, les USA prévoient de construire un mur de séparation de 1100 km le long de sa frontière avec le Mexique. Décidemment, la mondialisation ne supprime pas les frontières entre les pays, elle semble plutôt les marquer davantage!


19 juillet 2007

Les ex-musulmans...



Je trouve ce reportage mal fait car incomplet. En ne donnant aucune explication à part celle du "choix" personnel sur les raisons qui ont poussé ces ex-musulmans à se reconvertir au christianisme, il fait passer l'Islam pour une religion dure et qui condamne systématiquement. En insistant sur la prudance, la peur et l'anonymat de ces personnes, il les place directement dans une posture de victimes, victimes d'une ex religion qu'ils ont laissé tomber et victimes de leur communauté d'origine qui les rejetteraient. S'ils sont tant convaincus par leur choix, que je respecte par ailleurs, pourquoi ne l'assument-ils pas comme il faut? S'ils avaient peur des représailles, ils n'accepteraient pas de passer dans le journal d'une chaîne publique...Etaient-ils pratiquants avant de se reconvertir? Connaissaient-ils l'Islam avant de le quitter? Ne sont- ils pas en fin de comptes victimes de la mauvaise image actuelle de l'Islam? Ne veulent-ils pas simplement appartenir au camp des "bons", et non à celui des "méchants"? Je ne pense pas qu'il faille s'excuser ou avoir honte d'être musulman, catholique ou juif. Et je ne pense pas qu'il existe des religions moins tolérantes que d'autres. Par contre, ce sont les gens qui prétendent servir ces religions qui sont les moins tolérants...